09 mai 2008

Les années . - Annie Ernaux (Gallimard, 2008)

0d8f700ce114e9794cadd8dc3e6450cd.gifAprès des ouvrages plutôt courts et intimistes, Annie Ernaux élargit son propos en mettant en parallèle le monde qui l'entoure et des moments clés de son existence matérialisés par des photos. Les événements politiques, mais aussi la société, les objets courants, les moeurs, la publicité, etc... Depuis les années quarante jusqu'à nos jours, elle égrène inlassablement tout ce qui l'a entourée, influencée, accompagnée. De la période avant la pilule à la libération des meurs, du mariage au divorce comme étape obligée, d'un monde rural et entravé au monde illimité offert par Internet,... Que reste-t-il de ces années, de "ses" années à elle qui sont aussi en partie les nôtres ?


J'ai trouvé ce livre extrêment intéressant pour plusieurs raisons.


Tout d'abord Annie Ernaux réussit à parler d'elle sans faire dans "l'auto-fiction" tant décriée. Pour cela elle met de la distance entre elle et le personnage qu'elle évoque, notamment en utilisant le pronom "elle" au lieu de je. Pas de psychologie, pas de lamentations ou d'auto-satisfaction. Elle était cette fille-là à cette époque.


Ensuite parce qu'elle réussit à créer un arrière-plan qui devient constitutif d'elle-même, et par là même, de nous ! Les souvenirs qui l'accompagnent sont aussi les nôtres et ceux de nos concitoyens. On est les enfants des "Trente glorieuses", de "Mai 68" ou des "années fric". En parlant d'elle, elle parle clairement de nous aussi et on se retrouve, à différents stades du livre selon notre âge, dans ses évocations de notre quotidien. Le parallèle qu'elle fait entre la femme qu'elle est devenue et la société qui l'entoure ne peut que nous parler à nous aussi.


Enfin, et je pense que c'est le plus intéressant, elle a une démarche extrêmement personnelle dans sa réflexion sur le 73e1d171f741df3fdf0b50dd1689391d.jpgtemps. Elle note très bien qu'elle a vécu cet accélération du temps dont on parle souvent. Ce n'est pas seulement une constatation de l'évolution des techniques de communication, c'est aussi un changement de l'être. L'immédiateté offerte par les téléphones portables et Internet par exemple, lui pose question. Alors comment l'exprimer ?


"Ce qui compte", écrit-elle," c'est saisir cette durée qui constitue son passage sur terre à une époque donnée...La forme de son livre ne peut donc surgir que d'une immersion dans les images de sa mémoire pour détailler les signes spécifiques de l'époque, de l'année, dans laquelle elles se situent... Des arrêts sur mémoire en même temps que des rapports sur l'évolution de son existence, ce qui l'a rendue singulière, non par la nature des éléments de sa vie, externes ou internes, mais par leur combinaison, unique en chacun."


Je crois que l'on a parfois reproché le côté "catalogue" de ce livre. Certes il y a parfois de longues listes d'événements ou d'objets. Toutefois les extraits que j'ai notés plus haut explicitent en partie cette démarche très volontaire de la part d'Annie Ernaux. Sans vouloir faire un parallèle trop évident, je dois quand même dire que j'ai trouvé la démarche très proustienne avec cette recherche d'un temps peut-être pas perdu mais en tout cas passé !


L'avis de Laurent et celui de Dasola

01 mai 2008

Pauline . - Alexandre Dumas (GF / Flammarion, 2007)

b0dcc8630206f5fb64b6b5da12603730.gifLu dans le cadre du Club de lecture des blogueuses


Je dois dire que spontanément je n'aurais pas lu un roman d'Alexandre Dumas et surtout pas celui-là qui m'était inconnu, ce fut donc une bonne surprise !

 

Dès les premières pages on est pris par l'intrigue et on ne peut plus s'arrêter. Jugez plutôt. Le narrateur croise plusieurs fois Alfred, un de ses amis proches, avec une femme qui cache son visage sous un voile. Il lui semble la connaître... Quelque temps plus tard, il apprend qu'elle est morte ..... Quand il revoit son ami, il le presse de questions et celui-ci lui raconte les aventures qui lui ont permis de rencontrer cette femme, Pauline. Il est tombé amoureux d'elle à Paris et la retrouvera dans des circonstances rocambolesques. Elle est retenue prisonnière dans les souterrains d'un château isolé et il réussira à la sauver. Mais comment elle, la femme du célèbre comte Horace de Beuzeval, a-t-elle pu en arriver là ????

 

La magie Alexandre Dumas a tout de suite opéré sur moi et, alors que je m'apprêtais à lire ce roman sans enthousiasme particulier, je l'ai lu d'une traite et avec une frénésie digne de Millenium ! Il faut dire que Dumas connait son métier et, même si son style est parfois grandiloquent, la construction du récit est imparable ! D'abord on voit cette femme mystérieuse qui, c'est sûr, cache un secret. Puis on apprend qu'elle est morte. Puis Alfred nous raconte les circonstances de leur rencontre. Et enfin, et seulement à la fin, on a son récit à elle qu'elle a confié à Alfred et qui donne la clé de tout ! Impossible donc de s'arrêter avant la fin !

 

Quant à l'ambiance générale du livre, elle m'a rappellée les romans gothiques que j'ai lus il y a longtemps comme Le moine de Lewis ou Annette et le criminel de Balzac. Il y a des enlèvements, de la brume, des châteaux isolés, des êtres pervers qui font du mal à des jeunes femmes innocentes ! Mmm, j'adore !

28 avril 2008

La maison de l'été . - Patrick Cauvin (Nil, 2008)

9ada2d14637eef269c3c5f775e052261.jpgPuisque, contrairement à Flo ;-)
- je ne trouve pas que la Touraine soit trop au Nord
- j'avais aimé La maison du retour de Kaufmann dans la même collection
- j'avais aussi bien aimé les romans de Cauvin quand j'étais plus jeune,
j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre.

 

Avec ses cachets de droits d'auteur, et fortement influencé par sa famille, Cauvin décide d'acheter une maison de campagne, lui le citadin forcené ! Le choix se fait naturellement pour une bâtisse de caractère à proximité des châteaux de la Loire. Il mettra du temps à s'habituer à cette maison, et c'est au fil des années, des étés, des séjours d'amis, que peu à peu il ressentira qu'elle a vraiment une âme. Elle se laissera peu à peu apprivoiser, laissant des messages mystérieux "On l'a mis sous la pierre de l'entrée " (un cadavre ??), faisant entendre des soupirs asthmatiques la nuit, rapprochant les résidents dans sa cuisine trop petite,...

 

Le livre de Cauvin n'est pas comparable à celui de Kauffmann qui nous livrait, grâce à cette maison, son état d'esprit après son retour de captivité du Liban, mais j'ai trouvé que ce livre avait beaucoup de charme. Pas de caricature de Parisien à la campagne, pas d'anecdotes exagérées sur les mésaventures d'un propriétaire terrien. Tout est en finesse dans une jolie évocation de la manière dont on s'attache peu à peu à un lieu. Vraiment une lecture agréable où l'on apprend à mieux connaître son auteur.

 

31 mars 2008

J'ai épousé un Casque bleu . - David di Nota (Gallimard, 2007)

783d2f5f51a2319db4d32da2f46f2e43.jpgLe roman commence comme un récit léger, brillant, d'un narrateur versaillais de bonne famille, entouré d'amis et s'ennuyant dans les soirées. Proche de sa mère, il est sévère avec son père, un militaire peu présent ni à la maison ni même en France. "J'ai épousé un Casque bleu" dit de lui sa femme ! Son séjour à l'hôpital est perturbant pour le narrateur qui tente de se rapprocher de lui en s'informant sur les événements de Bosnie, puis en partant là-bas avec lui. La réflexion sur le rôle exacte des Casques bleus, "le maintien de la paix", alors que le pays est en guerre, est incisive, parfois drôle, souvent cruelle. Qui sait quoi ? Qui fait quoi ? Est-ce une mascarade ?


La distance constante apportée au récit par le narrateur en fait presqu'une fable sur la guerre et sur l'humanitaire. Les relations avec le père cimente le tout et lui donne son unité. Voilà un livre sérieux, certes, mais dont le style irréprochable crée des images fortes.

 


Merci à Olivia de m'avoir fait découvrir ce roman qui lui tient à coeur pour des raisons très personnelles.

 

L'avis du Magazine littéraire , de Benoit Duteurtre et d'Eric Neuhoff

07 mars 2008

Bazar magyar . - Viviane Chocas (Héloïse d'Ormesson, 2006)

4ea3aa25a0e839a55cac06ba55e9095a.jpgNée en France de parents hongrois, l'auteur ne connait de la Hongrie que quelques parents venus en visite et surtout quelques plats locaux rituellement faits par ses parents. De la langue, rien. Du pays, rien. Des événements de 1956 non plus. On les appelle "les événements" mais tout est fait pour oublier ces années et s'intégrer au pays d'adoption, la France. Pourtant l'auteur est attirée par cette langue qu'elle ne connait que par les plats et les ingrédients qui, alors, forment des mots rudes qui s'allient à la saveur particulière des mets. Quand elle devra aller à Budapest en tant que journaliste en 1989, elle reconnaîtra cette langue et y associera tout de suite ses souvenirs culinaires. Et l'émotion va surgir, violente.

Dans ce récit qui n'est, au départ, que l'évocation d'un pays d'origine, thème assez récurrent, l'émotion surgit vraiment dans la seconde partie. C'est là que l'auteur va découvrir ce pays à l'occasion de la chute du mur de Berlin et du rideau de fer. La violence des émotions qui secouent alors les Hongrois se mêle à ses émotions à elle en découvrant ce pays et cette langue jusque là à peine découverte. C'est vraiment un joli récit qui parle de la recherche des racines et aussi de l'importance de la cuisine comme lien entre les hommes !

Lu dans le cadre du Prix des lecteurs d'une bibliothèque-amie sur la littérature hongroise.

04 mars 2008

Hier . - Agota Kristof (Seuil, 1995)

7d8057cbe4a7f1db71e8e7760c4ca76c.jpgQuand le psychiatre demande à Sandor de lui parler de son enfance, il s'invente des parents morts dans les bombardements, un orphelinat et un exil. Pourtant lui sait que tout cela est faux. Sa mère : une prostituée dont il entend les ébats dans la chambre à côté. Son père : l'instituteur, marié et père de famille, qu'il poignarde sans réussir à le tuer. Line : la fille de l'instituteur, son amour de jeunesse qu'il a dû quitter. Quand il la retrouve de nombreuses années plus tard, il ne lui révèle pas qu'elle est sa demi-soeur et continue à l'admirer et à l'aimer.

Entre délire et réalité, ce roman nous transporte, comme souvent chez Agota Kristof, dans un monde d'exil et de malheurs. Le sujet de ce livre est tout ce qu'il y a de plus sordide, pourtant elle réussit à ne pas sombrer dans le pathos grâce à une écriture dépouillée. En évitant toute description et tout sentiment, elle donne au texte une belle universalité. A ne pas lire toutefois si on veut quelque chose de léger et de distrayant....

Lu dans le cadre du Prix des lecteurs d'une bibliothèque-amie sur la littérature hongroise. Agota Kristof est hongroise mais, réfugiée en Suisse, elle écrit en français.

01 mars 2008

Je, François Villon . - Jean Teulé (Julliard, 2006)

d435f616aa4127b5179dd004397b5113.gifLu dans le cadre du Club de lecture des blogueu(ses)rs

Dans un Moyen-Age dur et violent où la vie est un perpétuel combat, le jeune François, orphelin de père et bientôt de mère,  est confié à Guillaume de Villon, chanoine et chapelain, alors qu'il a huit ans. Celui-ci l'élèvera comme s'il était son fils et lui fera suivre des études. A vingt ans il a fait de solides études littéraires et juridiques et est clerc. Mais François, qui prend le nom de Villon, aime aussi fréquenter les mauvais lieux et les camarades voleurs et même assassins. A cette époque il écrit ses premier poèmes qui sont lus dans les tavernes. Il continuera à écrire des poèmes tout au long de sa vie. Il prend part à des rixes et, après l'assassinat d'un prêtre, il doit fuir Paris. Gracié, il revient mais est de nouveau mêlé à un cambriolage et fuit cette fois vers Angers puis est accueilli à Blois à la Cour de Charles d'Orléans. Emprisonné et torturé à la prison de Meung sur Loire, il rentre à Paris où de nouveau il est emprisonné et cette fois banni pour dix ans de la capitale. Ce sera la dernière fois que l'on aura des nouvelles de lui.

Voilà, me direz-vous, une belle histoire médiévale comme celles de Jeanne Bourin dans "La chambre des dames" ou "Très sage Héloïse" ! Que nenni ! (voilà que je parle comme à l'époque...). Jean Teulé a pris le parti d'écrire son roman à la première personne et d'imaginer la manière dont on pouvait ressentir, voir, sentir la vie à Paris au Moyen-Age ! Et on est d'emblée plongé dans un Moyen-Age de violence, de puanteur, de torture, de gibet à ciel ouvert, de viol, de famine, de brutalités, d'épidémie, etc... Et cette vie François Villon la reçoit de plein fouet dès son plus jeune âge puisque, par exemple, sa mère a eu les deux oreilles coupées pour avoir volé deux fois.

Toute cette violence qui est décrite, certains diront sans doute trop complaisamment, a été pour moi le révélateur du pourquoi de la poésie de Villon. Je connaissais la "Ballade des dames du temps jadis" (par Brassens) et surtout la "Ballade des pendus" mais j'avais du mal à apprécier une poésie aussi morbide et aussi excessive. Après avoir lu ce livre, c'est devenu évident pour moi que Villon ne pouvait pas écrire autre chose ! La mort est une compagne quotidienne pour lui et il écrit forcément sur les gueux ses amis, sur le gibet omniprésent à Paris, sur la paillardise de la vie. "Je trouve mon inspiration dans les bas lieux, dans les amours de coin de rue. Mon seul arbre est la potence" écrit-il. Ce sont ses vers sur la mort et surtout sur l'angoisse de la mort qui, à mon avis, émeuvent le plus !

Bref j'ai été passionnée par ce livre car, même si certains passages vous mettent un peu le coeur au bord des lèvres, on a l'impression, en le refermant, d'être entré dans l'intimité de François Villon et de mieux le connaître. Pour ceux qui veulent poursuivre, il existe une biographie de Jean Favier (historien spécialiste du Moyen-Age) chez Fayard.

 

23 novembre 2007

Le premier homme . - Albert Camus (Gallimard, 1994 ; Folio, 2000)

2d7d417c0e3cf56f11c843dbe7ec17a5.gifLa lecture du roman de Louis Gardel sur son enfance en Algérie m'a donné envie de relire le magnifique livre d'Albert Camus, Le premier homme. Découvert après sa mort, il est resté inachevé et c'est donc le manuscrit non terminé qui a été édité.


Présenté comme un roman, ce récit est en fait une autobiographie du jeune Albert Camus dans l'Algérie des années 1910 et 1920. Né dans une famille très pauvre, orphelin de père très tôt (son père est mort à la guerre), il est élevé par sa grand-mère à la forte personnalité qui dirige toute la famille. Sa mère, handicapée par sa quasi-surdité, restera toujours aimante avec lui mais discrète et obéissante envers cette grand-mère toute puissante. Le frère de sa mère, sourd, gardera par contre une aura magique auprès du jeune Albert. Malgré son handicap, il est gai, sociable et aimé de tous. Tous ces portraits sont magnifiquement peints par Camus qui donne un aspect presque proustien à cette famille.

Toutes ces années sont longuement expliquées, décrites, rattachées aux événements historiques, tout en restant très attachantes et très vivantes. L'épisode qui est le plus frappant et qui m'était le mieux resté en mémoire, est celui de l'école primaire. L'instituteur, Monsieur Germain, que Camus ira voir régulièrement jusqu'à sa mort, a su donner à ses élèves la passion d'apprendre et a souhaité que trois d'entre eux aillent au lycée et aient une bourse. Quand Camus l'annonce à sa grand-mère, celle-ci refuse tout net car ils sont trop pauvres et le garçon doit travailler pour aider la famille ! Il faudra toute la persuasion de l'instituteur pour que Camus aille au lycée..... et ait bien plus tard le Prix Nobel de 7484801e84398def83804623682cfa82.jpglittérature !


La beauté de ce livre vient bien sûr du contraste entre la pauvreté de cette enfance et ce que deviendra ensuite l'auteur. Elle vient aussi du lyrisme avec lequel Camus parle longuement de son pays, de ses parfums et de ses couleurs. Même au sommet de la gloire, Camus n'oubliera jamais l'Algérie, sa terre, sa famille et toute sa communauté sans lesquels il ne serait sans doute pas l'homme qu'il est devenu.

08 novembre 2007

La baie d'Alger . - Louis Gardel (Seuil, 2007)

c5d48e43cda074a9ca2f205dde92ddf4.gifJ'ai découvert ce livre grâce à Laurent qui en a parlé avec enthousiasme.

L'auteur (dont j'avais lu "Fort-Saganne il y a bien longtemps...) revient sur son enfance en Algérie. On est en 1955. Il a quinze ans. Elevé par sa grand-mère au tempérament fantaisiste, il jouit d'une grande liberté et est élevé dans les idées de l'Algérie française. Des amis algériens et aussi un professeur de français vont lui inculquer le respect des indépendantistes, ce qui l'obligera à tenir des positions parfois délicates dans les discussions ! Mais il est adolescent et, malgré les événements politiques, c'est aussi l'âge des premiers amours. La belle Michelle n'est-elle qu'une allumeuse, à partir de quand n'est-on plus puceau ??? Il fait son apprentissage amoureux et sexuel dans ce pays baigné par le soleil, près de cette baie d'Alger qu'il n'oubliera jamais.

Ces souvenirs assez classiques d'un adolescent dans un pays en conflit sont extrêment bien écrits, pleins de tendresse et d'amour pour ce pays qui restera à jamais le sien.

L'avis de Laurent qui a encore plus aimé que moi. Mon bémol vient de la comparaison avec Le premier homme, magnifique livre inachevé d'Albert Camus qui parle aussi de son enfance en Algérie et qui apporte un regard encore plus personnel sur ce sujet (mais des années 1914 à 1930).

01 octobre 2007

Ruptures. - Gisèle Fournier (Mercure de France, 2007)

b552562ebf7f91ea44b3180de345fd90.jpgJean-Marie, parisien, las de son travail qui consiste à accompagner les licenciements dans les entreprises, laisse tout tomber et part dans un village perdu du sud-est. On lui a dit que là-bas il y avait des maisons abandonnées et qu'il pourrait en occuper une. En effet il entreprend de faire renaître une vieille construction, de lui redonner des couleurs, un jardin, et même un chat. Mais au village on se méfie de lui. Que vient-il faire là, il a certainement quelque chose à cacher. De plus il est sur le chemin qui mène à l'Italie par la montagne, est-ce qu'il ne regarde pas de trop près les trafics qui passent près de chez lui...

Découverte grâce à Moustafette qui avait lu "Non-dits", Gisèle Fournier est quelqu'un qui aime explorer les tréfonds de l'âme humaine. Peu d'action dans ce petit livre mais la découverte d'un être humain avec ses doutes, ses faiblesses, ses désirs aussi. Et aussi le thème inépuisable de la difficulté de communiquer entre les hommes.

En cherchant dans Google si d'autres blogs en avaient parlé, je tombe sur mon commentaire de "Non-dits" et sur celui d'Allie sur "Perturbations" où, toutes les deux, nous avions évoqué le thème des "ruptures" dans la vie des héros de Gisèle Fournier.... C'est la meilleure conclusion que je puisse faire :-)

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