23 avril 2008

Michael Tolliver est vivant . - Armistead Maupin (L'Olivier, 2008)

28c36a3a77ce6c2db439a16e397a6b30.jpgAprès la mise en bouche de InColdBlog et son interview de Maupin, j'avais hâte de découvrir ce livre !

 

Chronologiquement, il se situe vingt ans après le dernier volume des Chroniques de San Francisco. Ces six volumes retraçaient de manière romanesque, et même rocambolesque, les aventures de la communauté homosexuelle de San Francisco dans les années 70 et 80. Traduits en français dans les années 85 si je ne me trompe pas, ces romans ont été lus par des milliers de lecteurs qui ont alors découvert le 28 Barbary Lane, Anna Madrigal et bien sûr Michael Tolliver. Ils étaient alors jeunes, beaux, découvraient que l'on pouvait afficher son homosexualité et même sa transexualité, et le monde était à eux. Puis ce sont les années Sida, les désillusions et les tragédies.

 

Dans ce livre, très autobiographique puisque Maupin a une soixantaine d'années, Michael a cinquante-quatre ans, beaucoup de ses amis sont morts. Heureusement il vient de rencontrer Ben, qui a vingt ans de moins que lui mais avec lequel il noue une relation solide, d'ailleurs ils se marient. Pourtant sa famille n'a toujours pas bien accepté sa manière de vivre, et quand il apprend que sa mère est mourante, ce n'est pas simple d'y aller avec Ben par rapport à sa mère mais aussi par rapport à son frère, sa belle-soeur et son petit neveu.


Ce livre est très différent des Chroniques. Même si l'on aperçoit de temps en temps des personnages de celles-ci (amis, enfants d'amis, vagues relations, ..), le livre est essentiellement centré sur le personnage de Michael, et les questions qui se posent à lui sont graves et, à mon avis, universelles. Bien sûr il est question d'un couple homosexuel, mais il est surtout question d'amour, de fidélité, de tendresse, de vieillesse, de mort,... Quelles sont les valeurs que l'on choisit de privilégier, quels sont les véritables liens qui nous attachent à la famille et aux amis proches ? Heureusement Maupin nous surprend avec ses traits d'humour que l'on avait découverts dans les Chroniques et l'on se surprend à rire tout haut alors que l'on était terriblement ému quelques instants avant. Vraiment un très beau livre qui touchera sans doute particulièrement la communauté homosexuelle mais aussi bien sûr tous les aficionados des Chroniques !

 

21 mars 2008

Le rapport Stein . - Jose Carlos Llop (Jacqueline Chambon, 2008)

49dd4be932411e2466feb2fbe2f82a5e.jpgMajorque à la fin des années soixante. Le héros est dans un collège de jésuites où la vie est scandée par les cours et les offices. Il vit avec ses grands-parents, ses parents étant à l'étranger pour "affaires". C'est un adolescent rêveur et sensible très attaché à son environnement et à ses amis. Quand soudain arrive au collègue un nouveau, Stein, dont la désinvolture et la liberté d'allure étonnent et provoquent l'admiration. Son attitude, sa maison splendide, sa soeur (aussi splendide), tout provoque un choc chez le héros et ses amis. Mais d'où vient-il ? L'un d'entre eux entreprend de faire des recherches sur lui et sa famille, d'où le "rapport Stein" qui replongera dans le passé espagnol proche et encore très douloureux.


Ecrit à la première personne, ce récit est un très beau "roman d'apprentissage" où le héros passe de l'adolescence à l'âge adulte en quelques mois. L'écriture épouse bien les états d'âme d'un adolescent et les questions à propos de Stein donnent envie de ne pas lâcher le récit. J'ai été très touchée par ce roman et je pense que je suivrai cet auteur dont j'avais déjà lu "Parle-moi du troisième homme". L'auteur est né en 1956 à Palma de Majorque.

17 mars 2008

La route . - Cormac McCarthy (L'Olivier, 2008)

720e0f527b5182948bf7e8055bc61795.jpgJ'aime entrer dans les romans de McCarthy comme j'aime entrer dans ceux de Mingarelli. Dans les deux cas, on se trouve plongé dans un univers sans référence historique ni géographique, où les personnages évoluent comme mus par un destin implacable. Dans ce roman c'est encore plus vrai que dans les précédents.


Sur une route, on ne sait pas où, on ne sait pas quand, un père et son enfant marchent. Autour d'eux un paysage post-apocalyptique où aucune vie n'apparait. Les villages ont été pillés. Une fine couche de cendre recouvre tout. Que faire sinon marcher, marcher , aller vers un Sud où on trouvera la mer. La nourriture : quelques restes trouvés dans les maisons pillées. Le sommeil et le froid : à l'abri d'un rocher ou d'un arbre. Le danger : quelques rares groupes de pillards qu'il faut à tout prix éviter. Le trésor : cet enfant qui est miraculeusement en vie et que le père essaie de réconforter malgré la situation.


On entre ou pas dans ce genre de récit, mais quand on y entre, c'est vraiment magnifique. On sait que l'écriture de McCarthy est toujours très sobre et les descriptions  comme les dialogues sont réduits au minimum. Pourtant au bout de quelques pages on s'attache d'une manière incroyable à l'errance de ces deux personnages dignes de Beckett et de "En attendant Godot". L'amour, la mort, la survie, tout est dit là sur l'essentiel de ce qui fait l'essence de la vie. Sans jamais lasser le lecteur, McCarthy nous nous emmène sur cette route sans fin où, pourtant, la vie de ces deux personnages est ce qu'il y a de plus important au monde.


L'avis tout aussi enthousiaste de Essel, de Philippe, de Bellesahi et de  Fluctuat

 

11 mars 2008

Battement d'ailes . - Milena Agus (Liana Levi, 2008)

68069afac84acf11b4511a33e66073f8.gifDans un lieu retiré de Sardaigne, au bord de la mer, Madame vit dans une grande maison reconvertie en chambre d'hôtes. Elle est seule, avec ses robes faites de tissus récupérée, toujours entre deux amants provisoires, et refusant de vendre aux promoteurs. Ses voisins, un grand-père original, une adolescente amie, un jeune homme trompettiste partie à Paris...

Comme dans "Mal de pierres", l'auteur nous présente un très beau personnage de femme qui va à l'encontre de ce que la société attend. Les autres personnages sont bien décrits et attachants. La nature environnante, très sauvage, forme un cadre parfait pour cette histoire un peu fantasque, où la passion et  la fantaisie se heurtent au conformisme de la société.

Est-ce la narration, faite par l'adolescente, qui m'a gênée ? Cette histoire est racontée par cette jeune fille elle aussi un peu en dehors des normes (des souffles de vent ou battements d'ailes lui rappellent son père mort) et il n'est pas plausible, à mon avis, qu'elle puisse raconter tout ce qu'elle raconte (désolée pour les répétitions..). Ou alors il faut voir cette histoire comme un récit complètement imaginé par cette adolescente, et là ça change tout ! Ce serait la vie quotidienne de ce coin de Sardaigne décrite par une jeune fille à l'imagination exacerbée et qui verrait le monde à travers ses fantasmes ?

A noter que j'avais été parmi les enthousiastes de "Mal de pierres" !

L'avis beaucoup plus positif de Papillon

22 février 2008

Emilia et le sel de la terre . - Yossi Sucary (Actes Sud, 2006)

489f55c93ff7b005339290e9743b3347.jpgDans ce roman on trouve un des principaux drames d'Israël que nous connaissons très mal (enfin... moi en tout cas), c'est la difficile cohabitation (et c'est un euphémisme) entre juifs séfarades et juifs ashkenazes. Je savais qu'ils avaient forcément une histoire différente, mais nous sommes plusieurs à avoir lu des romans israéliens où cet antagonisme est violent.

Ce récit est autobiographique (le sous-titre est : une confession). Le narrateur a une grand-mère, Emilia, qui est séfarade est fière de l'être. Elle refuse obstinément de souscrire au mode de vie ashkenaze et est révoltée que les séfarades soient vus comme des incultes à la peau sombre. Son petit-fils est tiraillé entre la fidélité à cette grand-mère et son désir de s'intégrer dans la vie israélienne moderne. Mais il doit admettre que, malgré ses brillants résultats scolaires, il n'est pas accepté comme officier et doit rejoindre, à l'armée, les autres séfarades dans les travaux subalternes. Même l'étude de la philosophies, plus tard, ne sera pas suffisante pour l'aider à résoudre ce conflit.

Ecrit dans un style pas toujours facile (n'oublions pas que l'auteur est philosophe..), ce récit vaut surtout pour ce témoignage qui est tout à fait actuel. Il rend d'ailleurs encore plus pessimiste sur l'avenir d'Israël qui doit en même temps résoudre ses conflits intérieurs (n'oublions pas les Arabes israéliens, voir le billet de Laurent) et extérieurs.

19 février 2008

A coups redoublés . - Kenneth Cook (Autrement, 2008)

9af2e459bad654a6cf6acf1cda1646f9.gifTroisième roman de Kenneth Cook, auteur australien, "A coups redoublés" se lit d'une traite, presque comme un thriller !

C'est un procès qui ouvre le livre. La question est de savoir s'il y a eu mort d'un être humain, si l'accusé a causé la mort de la victime, si ce meurtre a été perpétré avec indifférence ou intention de tuer, et si cet acte a été perpétré alors que l'accusé tentait alors de commettre des faits passibles de la peine de mort ! Le roman sera construit avec une alternance de passages de procès et de flash-backs sur les faits. Le cadre : un hôtel-restaurant au fin fond de l'Australie profonde où les jeunes du coin viennent ingurgiter autant d'alcool qu'il le peuvent, chaque week-end. Les personnages : le gérant, une espèce de grande brute qui essaie de vendre le maximum d'alcool et adore son chat. Un "assommeur de boeufs" à l'abattoir, autre grande brute. Un jeune homme un peu efféminé qui a bien du mal à séduire une fille. Et les comparses, autres grands buveurs.... Tout ce petit monde se retrouve régulièrement pour des beuveries qui se tranforment en bagarre, mais cette fois cela ira plus loin..

L'astuce de l'auteur est d'avoir réussi jusqu'à la dernière page (je dis bien la dernière page) à nous cacher qui sera la victime, puisque victime il y a, on le sait ! Et la chute est vraiment une des meilleures que j'ai lues ! La vision de la société australienne rurale est toujours aussi noire et sans concessions que dans "Cinq matins de trop" et "Par-dessus bord", en tout cas en dehors des villes. L'alcool est souvent le seul échappatoire au vide et à l'ennui. Le style, direct et sans fioritures, est presque "documentaire" et donne une impression de proximité avec l'histoire.

L'auteur, mort en 1987 à 57 ans, a, semble-t-il, écrit une vingtaine de romans, ce qui nous promet encore de belles lectures ! Il a été journaliste, grand reporter, producteur de documentaires, puis scénariste et dramaturge, avant d'être écrivain.

Une citation de Télérama à propos d'un de ses précédents livres : "Pas d'autre choix que de lire en apnée" !!

 

08 février 2008

Vie et mort en quatre rimes . - Amos Oz (Gallimard, 2008)

095651cc066d9caedf891c02d2984b6b.gifQuelque part en Israël, un écrivain célèbre doit assister à une soirée organisée en son honneur dans un quelconque centre culturel. Il sait d'avance que l'on va présenter ses oeuvres, faire des lectures de ses textes et qu'il va devoir répondre aux questions de ses lecteurs. Toujours les mêmes questions : pourquoi écrivez-vous, comment vivez-vous votre célébrité, comment trouvez-vous l'inspiration. Pour retarder au maximum l'arrivée à cette soirée (à laquelle d'ailleurs il arrivera en retard..), il va boire un verre dans un café et commence à reluquer  regarder la serveuse et à lui imaginer un nom, une vie, une histoire d'amour à tiroirs... Une fois dans la salle, là aussi, puisqu'il s'ennuie quand même un peu, il regarde de près les spectateurs et, là aussi, leur recrée une existence. Et la jeune femme à la natte, celle qui lit ses textes, il va la raccompagner en sortant, mais que va-il se passer entre eux ? Soit il ne se passe rien car il ne lui propose rien, soit il ne se passe rien parce qu'elle refuse, soit il lui propose et elle accepte, soit. ..... Bref tout est à la fois réel et imaginaire, l'écrivain qu'il est ne pouvant s'empêcher de rêver sa vie autant que la vivre !


Si l'histoire m'a amusée au début, je dois dire qu'elle m'a lassée au bout d'un moment car on comprend vite leb19b88c90277758715b4a0b81d3f3f15.jpg procédé. J'ai regardé les critiques professionnelles qui sont dithyrambiques mais je me demande si ce n'est pas l'écrivain, le vrai, Amos Oz, qui est célébré ainsi. Si l'on parle d'Oz, alors moi aussi je tombe à genoux tellement j'ai été emportée par le superbe "Une histoire d'amour et de ténèbres". Si on parle de ce livre, je trouve qu'il est moyen et même un peu facile !


Amos Oz sera présent au Salon du Livre avec de nombreux auteurs que j'ai chroniqués sur ce blog. Je serai contente de les voir, mais en même temps, au Salon, on ne peut guère leur parler sinon pour leur dire rapidement combien on les admire.... un peu frustrant... Quoi, qui a dit que j'aimerais être à la place de la jeune femme à la natte ? ;-))))

05 février 2008

A la fleur de l'âge . - S.J. Agnon (Gallimard, 2003)

69ac17039cdc91397e50e8ac952d496d.gifAgnon est le principal auteur de langue hébraïque d'avant Israël qui soit un peu connu en France. Il a servi de modèle à tous les autres écrivains, a eu un billet de banque à son effigie, le prix Nobel de littérature en 1966, et sa rue était barrée avec la mention "Silence, écrivain au travail !"

Dans ce roman, une jeune fille voit sa mère brûler des lettres peu avant sa mort. Elle n'aura de cesse de comprendre le destin de sa mère, sa tristesse, les réactions parfois étranges de son père. Un jour la meilleure amie de sa mère lui parle de l'histoire d'amour de jeunesse entre sa mère et Mazal, intellectuel viennois. Comme Mazal est professeur dans son école, elle fera tout pour le rencontrer elle aussi...

Ce joli petit roman nous plonge dans un monde fortement imprégné de tradition judaïque. Il a certes un petit air suranné mais l'écriture est agréable et ma foi une belle histoire d'amour est toujours agréable à lire. Dans leurs autobiographies, Amos Oz et Appelfeld parlent tous deux beaucoup d'Agnon, donc je voulais quand même lire quelque chose de lui !

29 janvier 2008

La moustache du pape . - David Shahar (Gallimard, Folio, 2007)

60d415b6fea12e0d2c1e67631c41e614.gifComme d'habitude, quand je découvre un auteur j'ai envie de lire un autre livre de lui. Après le roman plutôt pour la jeunesse Riki, un enfant à Jérusalem, je suis tombée sur ce petit poche à deux euros avec trois nouvelles de Shahar traduites de l'hébreu.

Ces trois nouvelles sont très différentes les unes des autres mais toutes trois très réjouissantes. Dans Riki l'auteur donnait un ton léger à des événements dramatiques, et ici il raconte toujours avec humour ces histoires pas forcément drôles au départ.

Dans La moustache du pape, le héros est un homme en pleine force de l'âge, sûr de lui et de sa (prétendue) séduction. Et il a bien sûr une splendide moustache. Mais cette fois il est tombé fou amoureux..... d'une jeune religieuse qui vient d'arriver à Jerusalem. Je n'en dis pas plus sur la moustache....

Dans La demande en mariage, le héros revient des Etats-Unis après une vingtaine d'années passées là-bas. Mais à son retour à Jerusalem, sa mère (très "mère juive") le traite comme d'il était encore un enfant, proteste car il lui ramène des cadeaux, ne veut pas qu'il parle à sa tante, essaie de le marier.... Bref il a bien du mal à lui obéir sans toutefois faire ce qu'elle veut ! Et un providentiel et très drôle saignement de nez mettra un terme à la fameuse demande en mariage !

La troisième nouvelle, La nécromancienne, m'a moins plu donc je vous laisse lire l'avis de Nanne qui en parle très bien et détaille beaucoup plus les intrigues.

19 janvier 2008

Vie amoureuse et Mari et femme . - Zeruya Shalev (Gallimard, 2000 et 2002)

 J'avais lu ces deux romans à leur parution et j'avais été emballée par le style extrêment fort qui rendait l'histoire et les émotions de cette femme vraiment palpables. Ces deux billets étaient sur mon ancien site mais je les republie ici à l'occasion de la mise en valeur de la littérature israélienne. Je ne sais pas pourquoi mais je pense qu'ils plairaient à Moustafette et à Papillon  ;-) et à beaucoup d'autres bien sûr...



947723e44b718006a3067a694233a752.gifVie amoureuse 

Le jour où elle rencontre Arieh, ami d'enfance de son père, Ya'ara sait que rien ne sera plus comme avant. Elle est irrésistiblement attirée par cet homme et prête à faire toutes les folies pour le voir. Sa famille, sa thèse, l'université, son mari, tout doit se soumettre à son désir. A n'importe quelle heure, elle est là pour lui, essayant de comprendre ce qui la lie à cet homme. Il était l'ami de son père, mais quels liens le liaient à sa mère ? Est-ce qu'elle n'essaie pas de revivre quelque chose dans cette passion désordonnée, de venger quelqu'un ?

Sans le style extraordinaire de Zeruya Shalev, ce roman ne serait qu'un roman de plus sur la passion amoureuse et le désir. Mais l'auteur réussit à nous faire entrer dans le déroulement même des pensées de son héroïne. Une ponctuation minimale permet de suivre le flux de sa conscience et d'être au plus près d'un récit qui s'apparente au surgissement de l'inconscient dans l'analyse.

Ce premier roman de Zeruya Shalev, éditrice à Jerusalem, a fait scandale en Israël. Pour moi, il s'apparente au "Livre brisé" de Serge Doubrovsky, très fort lui aussi, sur des thèmes et avec un style similaires.

 

 

f71c386300dcb470974cd86a23b277b4.gifMari et femme

Naama et son mari Oudi se connaissent depuis l'adolescence, sont mariés et ont une fille de dix ans. Ils mènent une vie de couple ordinaire, plutôt fusionnelle quand même, jusqu'au jour où Oudi se réveille avec les jambes paralysés. Les médecins ne décèlent aucune cause physique, c'est, selon eux, un symptôme de "conversion". D'ailleurs ce symptôme se déplace, se portant sur les yeux, puis le corps tout entier. Peu à peu Naama est obligée de prendre conscience que le fonctionnement de leur couple est peut-être à modifier. Elle doit aussi admettre que tout n'est pas de la faute d'Oudi. Elle aussi, avec son habitude de tout prendre à sa charge, de colmater tous les problèmes, de chercher à être parfaite, doit admettre que la "fusion amoureuse" recherchée a abouti au résultat contraire.

Dans ce roman, encore plus réussi que le précédent "Vie amoureuse", Zeruya Shalev a réussi à mettre à nu le déroulement de la pensée d'une femme. Par un style délibérément libéré de la ponctuation classique, elle permet de suivre les méandres de la pensée de Naama, torturée par la culpabilité, mais en même temps sûre de sa bonne conscience de mère, d'épouse et de fille. Il lui faudra faire un travail énorme sur elle-même pour réussir, peut-être pas à sauver son couple, mais au moins à vivre en harmonie avec elle-même.

 

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