11 novembre 2009

Les herbes folles (Alain Resnais, avec André Dussolier, Sabine Azema, Emmanuelle Devos, ..., 2009)

les herbes folles.jpgMarguerite se fait voler son sac en allant à Paris. Georges trouve son portefeuille par terre dans un parking.... Il va le rendre à la Police mais ne peut s'empêcher, en regardant les photos de cette femme, de fantasmer. Il l'appelle, lui écrit, essaie de la voir. Marguerite s'étonne, s'agace, prend peur, est intriguée aussi...Ils ont une passion en commun, l'aviation. Mais il a une femme, des enfants, une maison. Elle a un métier prenant...

Présenté comme une fable, ce film explore les méandres de l'imaginaire de chacun, les fantasmes, les non-dits. Toutefois, malgré de très belles images et une musique attachante, je n'ai absolument pas adhéré à ce film. Je trouve que Resnais n'a pas su choisir entre réalisme et fantaisie, ce n'est ni vraisemblable psychologiquement ni assez déjanté pour que l'on s'amuse ou que l'on prenne de la distance. A noter que sur Allociné les trois quarts des critiques ont adoré et les trois quarts des spectateurs ont détesté !!!

 

08 juin 2009

Etreintes brisées (réalisé par Pedro Almodóvar, avec Penélope Cruz, Blanca Portillo, Lluis Homar, 2009)

etreintes brisees.jpgLe film commence par une très belle scène où un homme aveugle, Harry, écrivain-scénariste, reçoit une ravissante jeune femme venue lui faire la lecture, lecture qui évolue très vite par des relations plus intimes. Par des flash-backs, nous comprenons peu à peu que Harry était réalisateur et a vécu une histoire d'amour très forte avec Lena (Penelope Cruz) pendant le tournage d'un film. Après un accident de voiture il a perdu la femme qu'il aimait et la vue. Comme témoins de ce passé, demeurent Judit, sa directrice de production et amie, et le fils de celle-ci, Diego, qui est très proche de Harry.

De multiples thèmes sont abordés dans ce film et lui donnent de l'épaisseur. Le film dans le film d'abord, puisqu'il s'agit de filmer un film en tournage. Les relations de Lena avec son amant, riche industriel qui devient producteur du film pour plaire à Lena mais au risque de la perdre. La perte de la vue chez Harry qui vivait par et pour les images. Le personnage du fils de l'industriel qui était de filmer le tournage, TOUT le tournage, et dont le rôle sera essentiel. Les personnages de Judit et Diego aussi.

La violence des passions alliée à la beauté des images m'ont vraiment séduite et je mets ce film dans les meilleurs de Almodovar. Les rouges flamboyants rendent incandescents l'amour, la sensualité, la jalousie et le drame qui s'ensuit. Un film vraiment magnifique.

L'avis tout aussi enthousiaste d'Alain

04 mai 2009

Dans la brume électrique (de Bertrand Tavernier, avec Tommy Lee Jones, 2009)

dans la brume.jpgAlors qu'une équipe de cinéma est en train de tourner un film sur la guerre de Sécession en Louisiane, Dave Robicheaux, policier, arrête une des stars en état d'ébriété. Celui-ci lui affirme avoir vu le corps momifié d'un Noir enchaîné dans le bayou. Dave sait que c'est vrai car il se souvient d'une scène de Noir courant dans le marais et assassiné devant ses yeux alors qu'il était enfant. Mais délire-t-il quand il dit avoir vu des (vrais) soldats de la guerre de Sécession dans le marais ? Et une jeune femme vient d'être sauvagement assassinée, or Dave doit avant tout enquêter sur cette affaire, sachant que le caïd local qui produit le film ne dédaigne pas les faveurs des jeunes femmes. Cette plongée dans la Mafia locale sera violente mais Dave veut à tout prix rétablir la vérité sur le meurtre de ce Noir et abattre ceux qui tiennent la région;

Ce film est l'occasion pour Tavernier d'allier à la fois le film noir (ce récit est tiré d'un roman de James Lee Burke), l'attrait pour l'Histoire et ses fantômes (comme dans Coup de torchon) et le tournage sur ces lieux magnifiques que sont les bayous de Louisiane. Pour ma part j'ai été conquise par ce film que j'ai aimé d'un bout à l'autre. Tommy Lee Jones est impérial dans son jeu à la Clint Eastwood, les personnages secondaires sont tous très travaillés, le scénario est solide (merci James Lee Burke), les paysages magnifiques, et la part d'imaginaire apportée par ces mystérieux soldats met de l'humanité et de la sensibilité dans ce personnage très attachant de Dave Robicheaux. J'ai l'impression que toute l'âme de le Louisaine passe dans ce film splendide !

A noter qu'il faut le voir en V.O. pour profiter de tous les accents différents des personnages.

 Alain et Ys sont partagés. Aifelle a beaucoup aimé

 

04 mars 2009

Gran Torino (réalisé par Clint Eastwood, avec Clint Eastwood, 2009)

grand torino.jpgLe dernier Clint Eastwood est un pur bonheur, on le dit partout mais pourquoi ne pas le répéter. Celui-ci joue le rôle d'un vétéran de la Corée, solitaire, raciste, misanthrope, et par-dessus tout détestant les asiatiques. Par malheur ceux-ci ont envahi son quartier et il fait tout ce qu'il peut pour les éviter, mais comme c'est quand même un homme d'honneur, il est amené à les défendre... Sa carapace peu à peu se lézarde et il se surprend à avoir des relations plus proches avec eux qu'avec sa propre famille. Mais ne nous y trompons pas, cette embellie ne durera pas et la violence de l'Amérique d'aujourd'hui reprendra le dessus....

On retrouve les thèmes chers à Clint Eastwood, le solitaire, le justicier, mais aussi le vétéran marqué par les crimes de l'armée américaine. Seule une action d'éclat pourra lui assurer une rédemption vitale pour lui. Les rôles secondaires sont aussi très bien tenus, ses fils sont de purs américains insupportables, la jeune asiatique est craquante et le pasteur à mourir de rire. Parce que l'on rit beaucoup dans ce film, Eastwood a énormément d'humour et il sait amener son public là où il veut par les chemins qu'il a soigneusement sélectionnés. En bref un très bon film qui nous montre un Clint Eastwood impérial !

12 janvier 2009

Louise Michel (de Gustave Kervern, Benoît Delépine, avec Yolande Moreau et Bouli Lanners, 2008)

louise_michel.jpgVoilà un drôle de film que ce Louise Michel. On y est allé sans lire de critique, uniquement pour la présence de Yolande Moreau dans ce film à petit budget. J'ai eu différentes réactions en le voyant !

L'histoire m'a paru intéressante de prime abord. Des ouvrières de Picardie brutalement privées de leur outil de travail (tout le matériel de leur entreprise a été enlevé pendant la nuit) cherchent à se venger. Louise a une idée : faire tuer le directeur par un professionnel. Voilà une vengeance qui leur ferait du bien ! Elle rencontre par hasard un "tueur", enfin plutôt quelqu'un qui a des armes et se dit tueur. Mais on se rend tout de suite compte que c'est un raté, lâche, qui va essayer de faire faire le travail par quelqu'un d'autre.

Là on se dit que l'idée est bonne mais que le traitement est maladroit. Le rythme est hâché, les personnages caricaturaux, vraiment il en fait trop ce réalisateur !

Et puis ensuite on se dit qu'en effet il en fait trop mais que, malgré tout, ce film est bourré d'humour, on y rit franchement plusieurs fois et les bons sentiments n'ont pas leur place ici. Il n'est question que de tromperie. Aussi bien du côté des patrons, car en fait le directeur (tué) n'était pas le responsable, il y a un plus grand patron... à Bruxelles. Qui en fait vient de se faire racheter par un encore plus grand patron qui est à ... Jersey... Et tromperie du côté de Louise et de "son" tueur qui sont complètement déjantés et auxquels le réalisateur prêtent un humour noir hilarant !

Bref c'est un drôle de film, il ne faut pas y chercher de la vraisemblance (encore que ces histoires d'usines rachetées...), il est certes parfois maladroit, mais c'est vraiment un Objet Cinématographique Non Identifié où sarcasme et satire sont rois !!!

L'avis mitigé de Alain, et beaucoup plus positif de Dasola

30 décembre 2008

Les plages d'Agnès (réalisé par Agnès Varda, 2008)

19012295.jpgIl y a des films que l'on est sûr d'aimer avant même de les voir, celui-ci en fait partie. J'aime Agnès Varda, Jacques Demy, leurs films, leur univers,...

Dans ce film Agnès Varda souhaite faire un retour sur son existence à l'occasion de ses 80 ans. C'est l'occasion pour elle d'essayer de retenir un peu le temps passé, mais avec toute la fantaisie qui la caractérise. Son enfance d'abord, avec les plages du Nord (elle est belge) et les magnifiques jeux de miroir avec la plage et la mer. Sa jeunesse, à Sète pendant la guerre, et le début de ses rêveries. Rêveries qu'elle continuera à Paris en faisant de l'histoire de l'art puis une école de photo. Sa meilleur amie a épousé Jean Vilar... elle sera invitée à faire les photos des premiers festivals d'Avignon...Jean Vilar, Gérard Philippe, Maria Casarès... Elle a choisi, elle sera photographe et cinéaste. Mais le coeur de son existence est cette petite impasse parisienne où elle habite toujours et qui servira de cadre à de nombreuses scènes avec des célébrités (Piccoli et Legrand y croisent Artaud, Calder, Brassaï,...). La rencontre de sa vie sera bien sûr celle avec Jacques Demy avec lequel elle formera un couple célèbre. Puis ce sera la Californie où ils travailleront, Noirmoutier qu'ils adoreront tous les deux. Et les tournages, Sans toit ni loi pour Agnès, Les parapluies de Cherbourg pour Demy, et beaucoup d'autres.... Jusqu'à Jacquot de Nantes sur l'enfance de Demy... terminé une semaine avant sa mort en 1990.

Comment décrire ce magnifique documentaire où les va-et-vient entre passé et présent s'intègrent merveilleusement, où cette petite bonne femme rigolote et modeste nous offre un puzzle coloré et touchant sur son existence et sur toute une période du cinéma. Ce film est un coup de coeur pour moi, et je vois qu'Aifelle est du même avis.

Deux scènes parmi tant d'autres :
La rencontre d'Agnès avec Harrison Ford, jeune débutant. Le directeur de casting lui fait faire un essai pour un film d'Agnès Varda et l'éconduit, en lui disant qu'il n'a aucune chance de réussir dans le cinéma...
Une photo d'Agnès allongée sur l'herbe à côté de Jim Morrison. Ils assistent au tournage de Peau d'âne à Chambord et regardent tourner Catherine Deneuve et Michel Piccoli. Surréaliste, n'est-ce pas ?

08 novembre 2008

Coluche, l'histoire d'un mec (réalisé par Antoine de Caunes, avec François-Xavier Demaison, 2008)

18987271.jpg1980. Coluche est une vedette. En même temps commence la campagne électorale pour les élections présidentielles de 1981. Par jeu, Coluche décide d'être candidat. Et ce qui était au départ un pari  de soirée bien arrosée, devient de plus en plus sérieux. Ceux qu'il veut défendre lui font de plus en plus confiance. Les sondages montent. Mais ne serait-il pas un danger pour la gauche qui, cette fois, a toutes ses chances de l'emporter ???

On suit la vie de Coluche pendant cette année bien particulière. Les spectacles. Les virées à moto. Les fêtes incessantes chez lui. La vie familiale, bien malmenée. La campagne électorale. Je n'ai pas appris grand-chose sur la vie de Coluche, mais j'ai trouvé que, sans être inoubliable, le film était bien rythmé avec l'alternance de ces différentes facettes chez Coluche. Ou comment être à la fois un amuseur public, un défenseur des "petits", un mari, un père, un ami,... pas facile....Mention spéciale pour François-Xavier Demaison qui est hallucinant de vérité ! En tout cas il nous faudrait bien un Coluche aujourd'hui encore, mais je ne sais pas s'il aurait la liberté de ton qu'il pouvait avoir alors....

 Voir aussi les avis de Saxaoul, Choupynette

27 octobre 2008

Séraphine (de Martin Provost avec Yolande Moreau et Ulrich Tukur, 2008)

18960019.jpgVoilà un drôle de destin que celui de Séraphine. Employée de maison presque illettrée au début du siècle, sans connaissance du tout de ce qui se fait en art, elle peint des tableaux naïfs mais assez élaborés en créant ses couleurs à partir de matériaux bruts. Un collectionneur allemand, amateur (déjà) de Picasso et découvreur du Douanier Rousseau, s'installe dans le village et découvre avec stupéfaction les oeuvres de Séraphine ! Une relation très touchante s'installe entre eux, mais la guerre est déclarée et il doit fuir. Plusieurs années après la guerre il reviendra la voir, exposera ses tableaux à Paris et fera d'elle un peintre connu. Mais cette gloire perturbe sa raison déjà chancelante...

Il faut surtout souligner le rôle extraordinaire tenu par Yolande Moreau qui EST Séraphine de manière incroyable ! Tout en elle s'est transformé pour devenir cet être fruste et illuminé, et grâce à elle les deux heures de ce film quand même assez contemplatif passent hélas très vite ! Ce récit est tiré d'une histoire vraie, d'ailleurs les oeuvres de Séraphine peuvent être vues en ce moment au Musée Maillol à Paris. Ce film, tout en douceur et en couleurs, me donne envie d'aller les voir, et je ne peux que conseiller de voir cette magnifique prestation de l'actrice et aussi les prises de vue qui mettent en valeur la nature et aussi la vie simple du début du siècle.


Les avis tout aussi enthousiastes de Yohan, Philippe, Pascale, Dasola, Aifelle

20 octobre 2008

Vickie Cristina Barcelona (réalisé par Woody Allen, avec Pénélope Cruz, Scarlett Johansson, Rebecca Hall, Javier Bardem, 2008)

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Deux Américaines, la blonde Scarlett Johansson et la brune Rebecca Hall, arrivent à Barcelone pour l'été. La première est passionnée et impulsive, la seconde raisonnable et fiancée.  La première tombe amoureuse d'un peintre à la réputation fantasque, sulfureuse et violente, mais un concours de circonstances rapproche la raisonnable Vicky du peintre. Pourtant celui-ci se met en ménage avec la blonde Christina ! Quand le fiancé américain de Vicky, terre-à-terre et organisé, arrive, celle-ci ne sait plus où elle en est ! Mais la blonde Christina n'est pas tranquille non plus car la volcanique ex-épouse de son peintre vient habiter avec eux !

Ce récit est raconté comme une fable avec une voix-off omniprésente et une caméra qui se promène dans un Barcelone de rêve (presque personne au mois d'août...). Les comédiens sont excellents, avec une mention spéciale pour Pénélope Cruz qui joue la furie espagnole avec une prestance incroyable ! Et Woody Allen sait raconter une histoire et la mettre en scène avec un sens du rythme et du découpage quasiment parfait !

Pourtant je dois admettre que je suis beaucoup moins sensible au charme des films de Woody Allen depuis Match Point et ses films suivants ! Je trouve que le scenario ne surprend pas vraiment, que les personnages se prennent toujours au sérieux, que les indécisions des uns et des autres peuvent charmer mais peuvent aussi agacer, que les caricatures sont vraiment trop caricaturales (le fiancé américain.... )

Bref, au risque de paraître passéiste, je préférais ses films d'avant cette période, ses dialogues étincelants, son auto-dérision, son humour et ses ressorts dramatiques !

Vous pouvez lire les billets d'Ys et de Fashion, beaucoup moins sévères que moi (et plus jeunes aussi, ceci expliquant sans doute cela...)

 

22 septembre 2008

Parlez-moi de la pluie (de Agnès Jaoui, avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Jamel Debouzze, 2008)

1dc9ad90e1c840787c1690e94e95f745.jpgAgathe, politicienne parachutée, revient dans le Sud de son enfance. Elle sait ce qu'elle veut, est énergique et règle sa vie comme son agenda, de manière efficace. Là-bas elle va retrouver sa soeur et ranger les affaires de leur mère, décédée depuis un an. Elle va aussi revoir Mimouna, leur nounou algérienne qui les a suivis en France. Karim, fils de Mimouna, veut faire un documentaire sur Agathe avec un ami à lui. Quelle visage va leur montrer cette féministe convaincue ? Va-t-elle réussir à garder cet aspect décidé, ou les événements vont-ils un peu la faire évoluer ?


L'histoire de cette famille et des relations qui peu à peu  évoluent est du Jaoui/Bacri comme on en a déjà vu : Bacri râleur et fumeux, Jaoui directive, Jamel parfait avec des répliques écrites pour lui. Sans atteindre vraiment "Le goût des autres", c'est une brillante comédie où la tendresse et l'humour cohabitent avec l'émotion et la tendresse. Les relations parfois douloureuses entre soeurs sont bien vues, les humiliations des rapatriés algériens bien évoquées, la culpabilité ressentie par les uns et les autres traitée avec finesse. Voilà un très joli moment de cinéma un peu boudée par la critique, visiblement, mais qui va certainement plaire au public !

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