29 juin 2009
Je suis très à cheval sur les principes. - David Sedaris (Ed de l'Olivier, 2009)
David Sedaris est américain mais vit une partie de l'année à Paris et en Normandie. Il a écrit plusieurs livres et se produit également en spectacle. Dans ce livre, découpé comme autant de sketches, il évoque des situations de sa vie étonnantes, ridicules, extravagantes... Il a surtout du talent pour se moquer de lui-même comme on peut le voir dans de nombreuses pages. Ou comment peut-on se passionner pour les araignées pendant un séjour en Normandie au point de ramener une ariagnée à Paris, mais là comment lui trouver suffisamment de mouches à manger chaque jour, à moins d'aller faire les poubelles dans un jardin public.... Ou comment lancer par mégarde une pastille pour la toux dans le décolleté de sa voisine d'avion, voisine qui est déjà fâchée avec avec vous car vous n'avez pas voulu changer de place... Ou pourquoi il adore les documentaires animaliers.
Cune en avait déjà parlé ici avec enthousiasme et une collègue l'avait aussi loué en Comité de lecture, aussi je l'ai pris pour le lire par petit bout pendant mes pauses déjeûner. Je dois dire que je n'ai pas été aussi emballée que je l'espérais. Je pensais trouver un humour à la Stephen McCauley mais, à part quelques épisodes vraiment drôles et légers comme l'araignée, le reste traîne un peu en longueur. Donc quelques bons moments mais lisez plutôt l'avis de Cuné...
06:00 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26 juin 2009
200 répliques cultes du cinéma. - Vincent Mirabel (First Editions, 2009
Depuis "Comment Salomon vous êtes juif" jusqu'à "Thérèse n'est pas moche, elle n'a pas un physique facile" en passant par "Je sens que j'ai une ouverture", on navigue dans toute l'histoire du cinéma dans ce (tout) petit livre (8X12 cm, 150 pages, 2,90 €). On les a souvent en tête, on les a parfois oubliés... Voilà un bon moyen de se remémorer tous ces films. Un bémol de la part de l'adolescent de la maison : il y a trop de films anciens et pas assez de récents (je traduis : il manque les OSS 117...)
Jean-François a eu la bonne idée ici de proposer un jeu en voiture pour faire passer le temps. Le premier qui reconnaitra dix films...
En tout cas merci à Babelio et à First pour l'envoi de ce livre
06:00 Publié dans Documentaire | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : répliques cultes
23 juin 2009
Cinq bières, deux rhums. - Jean-bernard Pouy (Baleine, Le Poulpe, 2009)
Jean-Bernard Pouy publie un Poulpe, quinze ans après La petite écuyère a cafté, alors bien sûr je me précipite !
Notre ami Gabriel, Le Poulpe, traîne son ennui dans son café préféré, aussi Gérard, le patron, l'envoie en Belgique pour trouver quelques bonnes bières locales. Mais une fois là-bas, Gabriel se trouve confronté à deux morts avec des mises en scène très "couleur locale". Le premier était dans le tas de ferraille qu'une grue devait transporter d'une péniche vers une usine sidérurgique. L'autre était carrément coincé dans une écluse et est apparu au passage d'une péniche. Comme on peut le voir, les péniches et toute la mythologie qui les entoure sont très présentes dans cette partie de la Belgique limitrophe de la frontière française, une région ravagée par la crise économique et qui ne survit que par les quelques usines locales encore en activité. Qui a-t-il de commun entre ces deux morts, un jeune éducateur baba cool et un étudiant japonais ? Mais Le Poulpe est là et rend sa justice quand il trouve que l'officielle n'est pas assez diligente !
Pouy est toujours très bon quand il met l'accent sur les laissées pour compte de la société. Ici le décor lui-même fait partie intégrante du récit et entre petite ville fantômatique et berges peuplées de péniches pleines de sable et de ferraille, l'atmosphère est bien sombre. Le Poulpe garde son humour et nous propose ses réflexions désabusées sur la vie, sur les péniches aussi qui ne sont plus ce qu'elles étaient, et où les tableaux de bord ultra-modernes ont remplacé celles de L'Homme du Picardie ! J'ai passé un bon moment de lecture mais je suis une inconditionnelle de Pouy...
J.M. Laharrère est aussi content que moi de retrouver Pouy et son Poulpe
06:00 Publié dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pouy, le poulpe
18 juin 2009
Un swing parfait. - Jean-Paul Nozière (Syros, coll Rat noir, 2009)
Dans une résidence sécurisée accolée à un golf, cohabitent à la fois des familles riches, le gardien avec son fils adolescent, et le propriétaire de la résidence avec sa femme et et Elena sa fille adolescente. Un drame a rendu l'atmosphère oppressante dans cette famille, il y a six ans leur fils Ugo a fugué et n'est jamais revenu. Mais un jour Elena reconnait la silhouette mince de son frère, encore amaigri par ces années, qui revient. Son retour marque le retour de la joie sans la famille, accentuée par le fait qu'Elena réussit enfin à sympathiser avec le fils du gardien. Pourtant peu à peu l'atmosphère se dégrade, Ugo, qui a connu les années de galère et la prison pendant sa fugue, n'est plus le même et devient même de plus en plus agressif. Que s'est-il passé pendant ces années....
C'est Alain qui en parle ici qui m'a donné envie de le lire (et comme il était déjà à la bib... vous savez comme nous menons une vie difficile avec toutes ces tentations à portée de main...). Ce thème est le même que dans Lune captive de Pascal Garnier et Nozière le traite de manière presque aussi noire ! Les passions sont exacerbées par la cohabitation, la résidence sécurisée est vécue davantage comme une prison que comme une protection, et ce huis-clos tourne vite au drame ! Voilà un excellent roman pour (grand) adolescent que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire !
Clarabel a aussi beaucoup aimé
06:00 Publié dans Livre jeunesse | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-paul nozière
15 juin 2009
La part des chiens . - Marcus Malte (Folio policier, 2003, rééd 2008)
Voilà un livre dont il n'est pas facile de parler. L'histoire est complexe. Deux hommes marchent, Zodiak et Roman. Tous deux, ainsi que Sonia la soeur de Roman, ont été recueillis dans leur petite enfance par une troupe d'artistes ambulants avec à leur tête un Maître doté de pouvoirs ésotériques. Sonia a tout de suite fait preuve de dons particuliers et elle diffuse une sorte d'aura autour d'elle. Zodiak, lui, possède des pouvoirs transmis par le Maître et possède sur son corps les marques de ceux-ci. Roman lui est le compagnon qui suit. Dans ce port hostile, ZodiaK et Roman sont sur les traces de Sonia que Zodiak aime passionnément mais qui a fui soudainement il y a plusieurs mois. Pour la retrouver, il faut rencontrer des individus qui ont pu être en contact avec elle ou qui ont pu utiliser ses dons....
Pour illustrer cette histoire, Marcus Malte a su insuffler à cette histoire un ton à la fois lyrique et sombre. Tout est contrasté dans cette histoire. Les descriptions de la nature et de l'amour de Zodiak sont pleines de magie et de légèreté. Mais certaines scènes qui nous sont décrites sont parfois insoutenables. La beauté et la violence cohabitent tout au long du récit. C'est le troisième livre de Marcus Malte que je lis et je suis toujours aussi fascinée par les ambiances qu'il sait créer dans des récits qui nous surprennent toujours. C'est à la fois très noir, un peu fantastique, un peu magique, très poétique et toujours séduisant. J'aime être surprise quand je découvre un auteur, avec Marcus Malte je le suis toujours !
Les avis aussi enthousiastes d'Emeraude, Kathel, Amanda
J'ai eu la chance de le voir à St Malo il y a quelques jours, et je l'avais déjà rencontré ici
06:00 Publié dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marcus malte
11 juin 2009
Le marabout de Barbès . - Serguei Dounovetz (Souris noire, Syros, 2005, rééd. 2009)
Niki aime traîner avec son ami Jef dans son quartier, Barbès, et un jour ils sont intrigués par l'attitude d'un homme habillé d'un costume beige et d'un casque colonial. Une poule qu'il vient d'acheter au petit magasin de M. Prince vient de s'échapper et il offre 50 euros à qui l'attrappe car, dit-il, c'est une poule sacrée ! Jef et Niki gagnent ainsi un peu d'argent de poche mais ils se demandent pourquoi une poule acheté sept euros a autant d'importance pour cet individu ! Niki, qui rêve, d'être détective privé, va convaincre Jef de mener l'enquête avec lui, et c'est bien d'un trafic international qu'ils vont être témoins...
J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce petit polar que j'ai pris à cause de son titre et de sa couverture alléchante ! Il y a des gentils et des méchants bien sûr mais l'ambiance de Barbès est bien rendu et le rythme vif plaira certainement aux jeunes lecteurs.
Ce livre a reçu le prix du polar jeunesse de Montigny les Cormeilles en 2006.
06:00 Publié dans Livre jeunesse | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : polar jeunesse
08 juin 2009
Etreintes brisées (réalisé par Pedro Almodóvar, avec Penélope Cruz, Blanca Portillo, Lluis Homar, 2009)
Le film commence par une très belle scène où un homme aveugle, Harry, écrivain-scénariste, reçoit une ravissante jeune femme venue lui faire la lecture, lecture qui évolue très vite par des relations plus intimes. Par des flash-backs, nous comprenons peu à peu que Harry était réalisateur et a vécu une histoire d'amour très forte avec Lena (Penelope Cruz) pendant le tournage d'un film. Après un accident de voiture il a perdu la femme qu'il aimait et la vue. Comme témoins de ce passé, demeurent Judit, sa directrice de production et amie, et le fils de celle-ci, Diego, qui est très proche de Harry.06:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : almodovar, etreintes brisées
05 juin 2009
Tranchecaille . - Patrick Pécherot (Série Noire, Gallimard, 2008)
Chemin des Dames, 1917. L'armée française n'avance plus, le combat tourne en hécatombe. Les tranchées, la pluie, la fatigue, les morts quotidiens, les blessés mutilés et défigurés. Dans ce contexte, toute anicroche est mal vue par l'état-major. L'assassinat d'un lieutenant par un de ses camarades pendant le combat demande un bouc émissaire. Jonas sera celui-là. Un peu simple, un peu décalé, il s'empêtre dans son uniforme trop grand et ses questions naïves. Un jour qu'il réclame un uniforme à sa taille, le lieutenant lui propose de prendre celui d'un de ses camarades mort. Jonas refuse. L'incident en reste là mais quand le lieutenant est assassiné, il est immédiatement soupçonné. Surtout que le jour où il va à Paris, sa marraine de guerre est elle aussi assassinée. Le capitaine Duparc est chargé de sa défense et il n'aura de cesse de rassembler tous les morceaux de puzzle en interrogeant, observant, argumentant.
Patrick Pécherot a construit son livre en juxtaposant dialogues, tranches de vie, extraits d'interrogatoire et courriers. L'ensemble donne une extraordinaire impression de vie et on en ressort très ému par cette plongée dans cette réalité sordide. C'est la vie dans les tranchées de 14-18 telle qu'on a pu la voir dans des films comme Les sentiers de la gloire ou Le pantalon (le thème du pantalon du mort est le thème central de ce film).
L'auteur réussit vraiment à donner vie aussi bien à Jonas et ses copains qu'à l'époque tout entière avec les réflexions des uns et des autres, militaires et civils, gradés et simples poilus. L'ensemble donne un livre magnifique qui dépasse le cadre du simple "polar". Donc ne vous laissez pas influencer par le classement de ce livre en Série noire et n'hésitez pas à le lire si le thème vous intéresse.
Je vous incite à lire le très bon billet de Yann sur Moisson noire ainsi que ceux d'Alain et de J.M. Laharrère .
10:40 Publié dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : patrick pécherot, tranchecaille
03 juin 2009
Pascal Garnier encore...
Quelques réflexions de Pascal Garnier recueillies ce week-end au hasard des échanges avec lui ou des rencontres avec d'autres auteurs dans un festival bien connu. Ou comment mieux le connaître et encore mieux apprécier ses livres...
"Dur le début de Comment va la douleur ? Mais non, puisque le plus dur est dit, on ne peut avoir que de bonnes surprises ensuite..."
"Dur L'A26 ? Ah oui, celui-là c'est de l'italien, du serré !"
"Dans Lune captive, j'ai mis mes personnages dans cet univers clos, presque carcéral et j'ai attendu...Ce qui devait arriver arriva..."
"Pour La théorie du panda, je suis parti d'une photo où on me voyait dans une gare devant un train à Lamballe. J'ai imaginé ce personnage. Est-ce qu'il partait, est-ce qu'il arrivait ? "
"La vie est tellement dure qu'il faut mieux se réfugier dans l'imaginaire et imaginer la vie comme un roman. Moi j'ai compris ça dès que j'ai su lire. Quand on me montrait la plage, le sable fin et le soleil sur les affiches, moi je voyais tout de suite les ordures derrière..."
(A noter que son copain Marcus Malte, aux thématiques à peine moins noires, acquiesçait à côté.... Pris en sandwich entre les deux, Jean-Marie Blas de Roblès...)
13:08 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pascal garnier
20 mai 2009
Pascal Garnier écrit aussi pour la jeunesse
Une collègue m'ayant dit que les romans pour la jeunesse de Pascal Garnier étaient aussi très intéressants, j'en ai pris un "paquet" à la bib et les ai lus pendant mes pauses déjeûner (oui je fais partie des rares blogueuses qui adorent lire et manger en même temps..)
On reconnait bien son univers et j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ces quatre romans jeunesse après avoir lu ses romans pour adultes. L'atmosphère est un peu moins sombre mais ses personnages sont quand même toujours un peu à la marge, ils ne se sentent pas bien dans le monde tel qu'il est et il leur faudra une rencontre ou un déclic pour aller mieux.
Motus (Syros, Souris noire, 1989)
Antoine traine son ennui dans le square. Il est triste car il doir changer d'école et il ne veut pas encore rencontrer de nouveaux enfants, être dans une nouvelle école. Pour convaincre ses parents de ne pas y aller, il ne trouve qu'une solution, ne plus parler, être muet. Mais peu à peu tout le monde le considère comme légèrement retardé... tout le monde sauf l'oncle Féfé, baroudeur et voyageur qui lui propose de l'emmener dans "son" château pour l'aider. Mais de drôles d'occupants arrivent dans ce château, que cachent-ils ?
Voilà un joli roman d'aventure où le jeune Antoine va pouvoir retrouver la joie de vivre.
La décharge (Syros, Souris noire, 1992)
Rico ne se plait pas vraiment chez sa tante Zita en vacances, et dès qu'il le peut (après un événement tragique !) il part et rencontre une fille de son âge. Sa vie est beaucoup plus amusante car elle habite avec son père qui s'occupe de la décharge municipale. Elle a des centaines de jeux et de jouets, elle peut faire du tobogan sur le tas d'ordures et un jour elle a même trouvé un coffre plein de billets et d'or. Mais les propriétaires du coffre viennent le récupérer et Rico va se trouver mêlé à une aventure bien dangereuse.
Encore un roman d'aventure très agréable.
Traqués (Gallimard, Médium, 1995)
Ce titre est pour les plus grands (pour des adolescents). Les deux frère Bouin vivent dans une caravane sans leurs parents et vont à l'école quand ils y pensent. Quand l'assistante sociale passe, ils lui disent que justement leurs parents viennent de s'absenter. Mais cette fois ils ne peuvent plus mentir et quand elle arrive, ils s'enfuient et rencontrent Vanessa, aussi paumée qu'eux, un peu plus grande peut-être. Ensemble ils essaient de se débrouiller pour manger et dormir, mais tout s'arrange quand elle les emmène chez une grande-tante qui habite au bord de la mer. Elle est originale mais pas fâchée de voir un peu de vie autour d'elle, surtout que les uns et les autres commencent à prendre leurs habitudes et à vivre sereinement. Mais des enfants en fuite peuvent-ils refaire leur vie tout simplement ici ?
On sent que l'auteur est vraiment très proche de ces enfants paumés et qu'il a beaucoup de tendresse pour eux. Certes ils ne sont pas toujours très honnêtes mais ils n'ont pas le choix, et quel plaisir de les voir s'épanouir dans cette maison au bord de la mer. La fin reste très ouverte...à vous de voir..
La gare de Rachid (Syros jeunesse, les uns et les autres, 2000)
Celui-ci est aussi pour les plus grands. Quand Rachid est arrivé d'Algérie à Paris, il a tout de suite trouvé du travail dans une gare comme balayeur, et celle-ci est devenue son univers. Il la connait dans ses moindres recoins, il connait aussi tous les horaires des trains, il habite juste à côté. Il est heureux dans cet endroit qu'il s'est approprié. Mais un jour il est convoqué et on lui annonce qu'il est licencié, une machine à nettoyer va remplacer plusieurs balayeurs. Que peut-il trouver d'autre, que va-t-il faire ? Il décide de continuer à balayer sa gare comme si de rien n'était, et il squatte un vieux wagon désaffecté. Mais cette solution ne va pas pouvoir durer....
J'ai vraiment été très touchée par ce récit plein d'humanité et très actuel. Ou comment la vie d'un homme peut être détruit en quelques instants sans qu'il puisse rien faire. En revanche pas de happy end, les contes de fée n'existent pas quand on s'appelle Rachid et qu'on est balayeur !
06:00 Publié dans Livre jeunesse | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pascal garnier
15 mai 2009
L'A26. - Pascal Garnier (Zulma, 2009, rééd 1999)
Toujours du roman très noir avec Pascal Garnier. Cette fois nous rencontrons Bernard, employé SNCF et malade. Il vit avec Yolande, sa soeur, qui n'est pas sortie de la maison depuis qu'elle a été tondue à la Libération. Une maison auprès de laquelle "n'importe quelle décharge ferait figure de lieu de pique-nique" à côté. Murée dans sa folie, elle voit le monde comme il était pendant la guerre. Bernard garde encore un pied dans la réalité avec son travail, mais bientôt il doit s'arrêter, trop malade, et là il ne réussit plus à maîtriser ses pulsions violentes...
Ce roman édité d'abord en 1999 porte en lui la vison très pessimiste de la vie que l'on retrouvera dans les autres romans de Garnier. En revanche je trouve qu'il lui manque justement ces touches d'humanité et de tendresse qui mettront l'accent sur le fil ténu qui sépare la "normalité" du "tragique". Ici la folie est présente tout de suite et on sent que ça ne peut que très mal finir. J'ai préféré La théorie du panda où la folie est sous-jacente et surgit tout à coup sans que l'on s'y attende. Mais ça reste du très bon roman noir à lire quand on est inconditionnel de Garnier !
InColdBlog a beaucoup aimé (mais pas de billet)
06:00 Publié dans Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pascal garnier
12 mai 2009
Nueva Königsberg. - Paul Vacca (Philippe Rey, 2009)
1946. Le jeune Sébastien traîne son chagrin d'amour à Paris. Mais Jean-Baptiste Botul, philosophe, lui propose pour le distraire de partir avec lui au Paraguay étudier les moeurs d'une communauté bien particulière. Ses habitants vivent, mangent, s'habillent,... selon les principes de Kant, dans un village re-baptisé Nueva-Königsberg. Reste une question en suspens à laquelle Botul doit répondre : quelle doit être leur vie sexuelle ? Abstinence, comme Kant, mais dans ce cas la communauté va s'éteindre ? Ou amour libre selon les principes généraux kantiens, mais comment éviter la débauche, la jalousie,... ? Sébastien pense au début qu'il est tombé dans une communauté de fous, puis peu à peu, il commence à trouver du charme à cette vie "raisonnable", surtout en compagnie de la jolie institutrice...
Bien loin du charme nostalgique de La petite cloche au son grêle (encore qu'il y ait quelques allusions à Proust dans ce livre...), Paul Vacca nous propose une sorte de fable philosophique légère et grave tout à la fois. Quelle est la finalité de l'existence, comment vivre selon la "raison", ... Autant de questions sérieuses traitées de manière très enlevée dans ce récit que j'ai lu le sourire aux lèvre. De plus il m'a ramenée à mes années d'étudiante quand j'étudiais Kant et que le prof nous racontait exactement ce qui est dit dans le roman à propos du rythme de vie tellement régulier de Kant que les habitants de Königsberg réglaient leur montre sur sa promenade ! En revanche je ne connaissais de Botul que le nom et j'ai été très intéressée d'en savoir un peu plus en allant sur Internet ! Question subsidiaire : après Proust et Kant, que va nous écrire Paul Vacca la prochaine fois ....
Tout le monde a aimé Amanda Bellesahi Cathulu Clarabel Keisha Aifelle
06:08 Publié dans Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note | Tags : paul vacca
07 mai 2009
Bunker. - Philippe Huet (Rivages, 2008)
Décidément j'aime beaucoup ces auteurs français de polars qui vont fouiller dans l'Histoire pour nous proposer d'excellents romans ! (Daeninckx, Pécherot,...)
Ici nous sommes en Normandie à côté des plages du Débarquement et, dans le café-auberge local, quelques vieux tapent la belote en évoquant leurs souvenirs (parfois enjolivés...) de la seconde guerre. En tout cas ils ont en commun d'avoir une sérieuse dent contre les Allemands, les "schleux", les "frisés", les "boches" quoi ! Et justement il y en a un, la quarantaine, qui loge ici depuis plus d'une semaine. Bizarre en dehors de la saison touristique. Que cherche-t-il ? Fournier, le patron du bar, ne tient pas à ce qu'il vienne fouiller dans ces vieilles histoires. Mais Grangier, un original fondu d'histoire du débarquement, lui aussi s'intéresse à cette période, mais tient-il à aider l'Allemand ? Il faudra un meurtre pour que la police s'en mêle, mais personne ne veut vraiment dire la vérité dans cette histoire....
L'auteur réussit dès le départ à nous embarquer dans son histoire et dans son bar-auberge comme si on y était. Le quotidien est bien évoqué et les descriptions des personnages principaux est à la fois sévère et pleine de tendresse. Les mesquineries, les regrets, les remords... La vie quoi ! Les histoires de la petite fille de Fournier, amoureuse d'un baba-cool passionné lui aussi d'histoire, met un peu de romanesque et de légèreté dans l'histoire. Mais que l'on ne s'y trompe pas, ces histoire ont fait trop de dégâts pour que ça se termine bien et il y a eu trop de rage contenue pendant tout ce temps....
Un livre que j'ai découvert sur Moisson noire chez Jeanjean qui l'a lu "cul sec" ! Jean-Marc Laharrère aussi a beaucoup aimé.
(oui, entre Pascal Garnier, Dans la brume électrique, et Huet, je suis vraiment dans le "noir" en ce moment....)
15:59 Publié dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : philippe huet
04 mai 2009
Dans la brume électrique (de Bertrand Tavernier, avec Tommy Lee Jones, 2009)
Alors qu'une équipe de cinéma est en train de tourner un film sur la guerre de Sécession en Louisiane, Dave Robicheaux, policier, arrête une des stars en état d'ébriété. Celui-ci lui affirme avoir vu le corps momifié d'un Noir enchaîné dans le bayou. Dave sait que c'est vrai car il se souvient d'une scène de Noir courant dans le marais et assassiné devant ses yeux alors qu'il était enfant. Mais délire-t-il quand il dit avoir vu des (vrais) soldats de la guerre de Sécession dans le marais ? Et une jeune femme vient d'être sauvagement assassinée, or Dave doit avant tout enquêter sur cette affaire, sachant que le caïd local qui produit le film ne dédaigne pas les faveurs des jeunes femmes. Cette plongée dans la Mafia locale sera violente mais Dave veut à tout prix rétablir la vérité sur le meurtre de ce Noir et abattre ceux qui tiennent la région;
Ce film est l'occasion pour Tavernier d'allier à la fois le film noir (ce récit est tiré d'un roman de James Lee Burke), l'attrait pour l'Histoire et ses fantômes (comme dans Coup de torchon) et le tournage sur ces lieux magnifiques que sont les bayous de Louisiane. Pour ma part j'ai été conquise par ce film que j'ai aimé d'un bout à l'autre. Tommy Lee Jones est impérial dans son jeu à la Clint Eastwood, les personnages secondaires sont tous très travaillés, le scénario est solide (merci James Lee Burke), les paysages magnifiques, et la part d'imaginaire apportée par ces mystérieux soldats met de l'humanité et de la sensibilité dans ce personnage très attachant de Dave Robicheaux. J'ai l'impression que toute l'âme de le Louisaine passe dans ce film splendide !
A noter qu'il faut le voir en V.O. pour profiter de tous les accents différents des personnages.
Alain et Ys sont partagés. Aifelle a beaucoup aimé
17:33 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
01 mai 2009
La frontière de verre . - Carlos Fuentes (Gallimard, 2006)
A l'occasion du Blogoclub de lecture sur Fuentes, je republie ce billet car je n'ai pas trop envie de me replonger dans la littérature mexicaine (c'était bien pourtant..)
Le Mexique au Salon du Livre 2009
Je vais terminer ce travail sur cette découverte de la littérature mexicaine par l'auteur le plus connu en France, Carlos Fuentes.
Carlos Fuentes a vécu dans différents pays d'Amérique latine (son père était diplomate) avant de faire des études de droit au Mexique et de devenir ambassadeur du Mexique en France. Très engagé à gauche et très opposé à la politique culturelle et économique des Etats-Unis, il était proche du poète mexicain Octavio Paz (avant de se fâcher avec lui...) et a enseigné dans plusieurs universités américaines et anglaises. Il est l'auteur d'une oeuvre très importante, aussi bien des romans que des essais, des nouvelles et des scénarios.
Ce livre, sous-titré Roman en neuf récits, peut être une bonne introduction à la littérature mexicaine car il traite de ce qui est un des problèmes mexicains essentiels : les relations américo-mexicaines. Rappelons qu'une grande partie du Sud des Etats-Unis était mexicain jusqu'à la guerre de 1846-1848 qui permit aux USA d'annexer la Californie, le Colorado, le Nouveau-Mexique, le Texas, l'Arizona et le Nevada. Les tensions entre ces deux pays aujourd'hui sont d'autant plus vives que, comme l'écrit Fuentes, "tant qu'un pays pauvre existerait à côté du pays le plus riche du monde, ce qu'ils faisaient, eux, la police de la frontière, équivalait à vouloir comprimer un ballon ; ce qu'on serrait ici ne servait qu'à faire gonfler par là".
La frontière est symbolisée par le fleuve, Rio Bravo du côté mexicain et Rio Grande du côté américain. Autour de ce fleuve s'est développée à
la fois une industrie importante côté mexicain, intéressée par la proximité des Etats-Unis pour l'exportation, et un trafic de Mexicains et aussi d'autres habitants d'Amérique du Sud cherchant à émigrer aux Etats-Unis.
Tous les nouvelles montrent bien la manière dont ces deux activités sont mêlées. Les Mexicaines pauvres du sud du pays et venues travailler à la frontière côtoient les industriels profiteurs et les passeurs qui vivent dangeureusement. Tous espèrent trouver une meilleur situation, que ce soit de manière plus ou moins honnête ou légale. Les personnages de ces nouvelles se croisent tous à un moment ou à un autre, et en terminant ce recueil on a l'impression de connaître ce morceau de Mexique !
Un avis dans Ratsdebiblio
Un autre billet sur Fuentes ici sur le blog de Laurent.
01:00 Publié dans Roman étranger | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : littérature mexicaine, carlos fuentes, fuentes, la frontière de verre
29 avril 2009
Comment va la douleur ? - Pascal Garnier (Zulma, 2006)
Encore un roman de Pascal Garnier ! Je n'avais pas prévu de le lire tout de suite mais il était disponible à la bib, donc... Et bien sûr encore un coup de coeur :-)
Le roman commence très fort puisque dès le premier chapitre on voit Simon, personnage un peu mystérieux en villégiature dans une ville d'eau, qui fait tout ce qu'il faut pour se pendre dans sa chambre d'hôtel. Bernard, jeune homme qui est pour quelques jours chez sa mère, vient l'aider à en finir et récupérer une enveloppe ! Si après cela vous avez envie de continuer, c'est que vous aimez Pascal Garnier et que vous voulez savoir pourquoi !! Oui pourquoi cette fin sordide, pourquoi cette douleur de la part de ce personnage peu recommandable ? Et qui est ce Bernard qui a l'air un peu simplet mais qui porte en lui une fraîcheur et un amour de la vie qui étonne dans cette atmosphère ? Une sorte de road-movie va les rassembler tous les deux pendant quelques jours et tisser d'improbables liens...
Je crois que cette introduction donnera envie de lire ce livre à ceux qui n'hésitent pas à plonger dans une atmosphère très noire, non dénuée d'humour, mais avec quand même une vision sombre de la vie. Pour certains, c'est le meilleur livre de Garnier, en effet c'est le plus désespéré. La citation qui donne son livre au roman vient d'une expression utilisée en Afrique pour dire bonjour à quelqu'un le matin avec ce "Comment va la douleur ?" qui donne le ton au livre. J'ai été très sensible à la manière dont Garnier va à l'essentiel des personnages sans perdre de temps et avec quelques réflexions qui touchent juste. Et ce flash-back qui dure tout le livre a des allures de polar dont on connaîtrait la fin mais que l'on ne veut pas quitter ! Décidément il n'y a que du bon chez cet auteur !!
Tout le monde a aimé : Chatperlipopette,Le Bibliomane,Cunéipage. Yv, Papillon, Valdebaz
06:00 Publié dans Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : pascal garnier
23 avril 2009
Liquide. - Philippe Annocque (Quidam Editeur, 2009)
Sur un banc face au fleuve, le narrateur revient sur sa vie. Enfant si peu sûr de lui, quelle a été sa place aux côtés de ce frère, Pierre, tellement conforme aux désirs de ses parents. Amoureux d'Alexandrine, puis de Suzanne, puis père d'Agathe et de Flora, il a toujours suivi le chemin que l'on attendait de lui. Pourtant ce fleuve qui coule inlassablement et qui charrie ces brindilles dans tous les sens lui inspire un parrallèle avec sa propre vie. L'écoulement des jours, certes, mais aussi tous les éléments liquides qui ont été révélateurs pour lui, mer, larmes,....
Philippe Annocque a un style bien à lui, une prose poétique qui évoque la fragilité et la souffrance du narrateur. Sans complètement bousculer le lecteur, il lui suggère quand même toujours d'aller voir ailleurs, dans ces détails qui ont fait de lui ce qu'il est devenu. Se laisse-t-on emporter par le courant, quelles sont les aspérités qui nous freinent et celles qui nous donnent de l'élan, et surtout pourquoi endosse-t-on ce rôle ?
J'ai beaucoup aimé ce récit qui a à voir avec l'introspection et l'enfance tout en étant le contraire d'un livre psychologique. On y entre par petites touches et on y pense longtemps ensuite.
Allez visiter le blog de l'auteur, Hublots, et ses textes quotidiens toujours originaux.
Les avis très positifs de Sakhti et Calistoga (ah, les magnifiques billets de Sakhti...) sur Zazieweb, de Lignes de fuite et de Remue.net
16:45 Publié dans Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : philippe annocque
17 avril 2009
La théorie du panda. - Pascal Garnier (Zulma, 2008)
Deuxième Pascal Garnier, deuxième coup de coeur ! Et je crois que ce n'est pas fini ;-)
Gabriel débarque dans une petite ville de Bretagne, s'installe à l'hôtel et aussi dans la vie des gens. Madeleine, la jolie réceptionniste qui rêve d'une vie dans les Iles. Rita et Marco, deux junkies paumés. Et surtout José, le patron du bar, un portugais perdu depuis que sa femme est rentrée à l'hôpital. Gabriel fait la cuisine pour l'un, achète un saxo à un autre, et fait la cuisine à Madeleine, elle qui préférerait qu'il lui fasse l'amour. Pourtant ses réflexions douces-amères, plus amères que douces d'ailleurs, sur la vie et les gens, témoignent d'une philosophie de la vie très pessimiste. Alors qu'il est perçu comme un bon Samaritain par les autres, il voit l'existence à travers un filtre très noir...
J'ai encore davantage aimé ce livre de Pascal Garnier que le précédent ! Moi qui suis plutôt d'une nature optimiste et positive, je dois dire que je me suis régalée des réflexions très noires du héros sur le couple, l'amour, les vacances, la vie quoi ! On devine peu à peu le gouffre qui est en lui, mais on le suit, fasciné par ces existences auxquelles il a donné un peu de lumière. Toutefois amateur d'happy end s'abstenir, en effet chez Garnier tout n'est pas bien qui finit bien ! Bon je vais en lire un troisième !
Ah oui, à noter le clin d'oeil à Marcus Malte, autre auteur Zulma, qu'il fait surgir dans son roman !
Les avis tout aussi enthousiastes de J.M. Laharrère, Florinette, Clarabel, Laure, Sylire, Laurent, Gambadou, Solenn….
16:34 Publié dans Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : pascal garnier
10 avril 2009
Mensonges en tout genre. - Lawrence Block (Seuil policiers, 2008)
Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent que je suis une inconditionnelle de cet auteur, notamment de sa série avec Matt Scudder (j'aime un peu moins celle avec le libraire/cambrioleur Bernie Rhodenbarr). En revanche je n'ai pas lu ses derniers livres avec son nouveau héros, Keller.
Ce livre est en fait une réédition de deux livres parus au début des années 60 et qui sont dans la plus pure tradition du roman noir.
Terrain de mésentente nous présente un héros récemment sorti de prison et décidé à vivre honnêtement désormais. Mais un ancien ami lui propose un projet d'arnaque tellement bien ficelé qu'il ne peut résister ! Il s'agit de convaincre un riche pigeon que leur société (fictive) rachète des terrains sans valeur au Canada. Celui-ci, toujours à l'affut de bonnes affaires, devrait mordre à l'hameçon et tout leur racheter, pensant qu'il y a des richesses cachées. Leur complice est la secrétaire du riche pigeon, sa maîtresse depuis longtemps, mais qui souhaite se venger car, bien que veuf, il ne veut pas l'épouser comme promis ! L'affaire est décrite dans les moindres détails et c'est un régal de décortiquer toutes les actuces trouvées pour monter cette arnaque ! Une bonne chute termine bien le récit !
Dans La valise et la fille, notre héros, spécialisé dans les petites arnaques, vole une série de belles valises dans une gare afin de pouvoir se présenter dans un bel hôtel. Mais en ouvrant la valise, il découvre une boîte pleine d'héroïne. Il sait qu'il a une bombe à retardement entre les mains mais ne sait pas trop quoi en faire. Et voilà qu'une fille ravissante vient l'aguicher, laquelle fille est la jeune femme du propriétaire de la valise. Fou amoureux il essaie de la garder mais comment faire à part peut-être en tuant le vieux mari... Là aussi on se régale à découvrir tout le montage de l'affaire, en revanche j'ai été un peu déçue par la chute.
Voilà deux longues nouvelles que l'on imagine bien à l'écran avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall....
16:29 Publié dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : lawrence block
01 avril 2009
L'affaire Jules Bathias. - Patrick Pécherot (Syros, Souris noire, 2007)
Jeanjean m'avait conseillé ce livre après mon billet sur Le voyage de Phil, alors comme j'écoute les conseils qu'on me donne ;-)
J'ai adoré ce petit roman jeunesse que je trouve encore meilleur que le précédent. Ici le héros, un jeune un peu timide, décide de faire son arbre généalogique. Il retrouve celui que son père, mort il y a quelques années, avait commencé et s'interroge sur un certain Jules Bathias. C'est son arrière-arrière-grand-père et il est mort en 1917, pourtant son nom n'est pas sur le Momument aux Morts du village et un secret semble l'entourer. Il aurait été arrêté pour vol puis serait allé au Front, mais qu'en est-il exactement ? Etait-il un voleur et un lâche comme semble le savoir Arthur, le fils du Maire et son ennemi juré ? Heureusement autour de lui plusieurs personnes sont prêtes à l'aider..
Bien que ce soit un roman pour la jeunesse, le thème traité (la Première Guerre mondiale) l'est avec finesse et sérieux, et le ton léger et humoristique cohabite avec les révélations les plus dures. Décidément mes premières lectures de Patrick Pécherot me ravissent et je crois que je vais encore retarder la lecture de ses autres livres qui m'attendent afin de les savourer pendant les vacances ;-)
Un autre article enthousiaste ici qui précise très justement que ce roman pourrait tout à fait être adapté par Tardi !
06:00 Publié dans Livre jeunesse | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : pecherot, affaire jules bathias




