25 janvier 2012
Veuf. - Jean-Louis Fournier (Stock, 2011)
Jean-Louis Fournier est veuf de Sylvie avec laquelle il a passé une grande partie de sa vie. Comme dans Où on va, Papa ?, il nous parle d'un drame personnel sans larmoyer. Il évoque des petits faits quotidiens qui lui rappellent cette mort mais toujours avec dérision, comme si tout cela n'avait pas grande importance. Ce sera désormais sa vie. Parfois même le cynisme l'emporte, quand il décrit les amis et relations qui n'osent pas l'appeler pour la bonne année, lui qui en aurait tellement besoin. Ou qui viennent s'appitoyer, l'oeil humide et les mains moites, comme si c'était eux qui avaient perdu leur femme.
Comment parler et écrire sur la mort de son épouse ? A "La grand librairie", l'auteur a expliqué qu'il avait besoin d'écrire et qu'il ne pouvait pas, par respect envers ses lecteurs, s'effondrer en pleurant. C'est par pudeur qu'il nous livre par petits morceaux ses réflexions mi-figue mi-raisin.Et comme pour son livre précédent, je trouve que ce ton distant et parfois provocateur donne encore plus d'émotion au récit.
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13 janvier 2012
Lorenzaccio. - Régis Penet, d'après l'oeuvre d'Alfred de Musset (12bis, 2011)
L'intrigue de cette oeuvre est très riche, les personnages sont nombreux. Pour plus de clarté je reprends un résumé tiré de Wikipedia.
"L'action se passe à Florence en janvier 1537. Le patricien florentin Lorenzino de Médicis (ne pas confondre avec Laurent le Magnifique), âgé de dix-neuf ans, jeune homme studieux, admirateur des héros de l'Antiquité, se voue à la restauration de la République. Mais son lointain cousin, le duc Alexandre de Médicis, règne sur Florence en tyran avec l'appui du Saint-Empire et du pape ; le cardinal Cibo, qui défend à la fois les intérêts de Charles Quint et ceux du pontife romain, est son plus ferme soutien. Lorenzo devient fidèle serviteur du duc, son familier ainsi que son compagnon de débauche, afin de pouvoir libérer Florence
de ce tyran : il projette de le tuer, soulignant la passivité et la lâcheté des grandes familles républicaines face à leur devoir. Les républicains ne réussiront d'ailleurs pas à prendre le pouvoir après la mort du Duc. L'échec de l'acte de Lorenzo semblait prédestiné : en effet Lorenzo agit seul et personne n'a le courage de le croire et de se servir de son acte comme d'un tremplin pour instaurer une République..."
C'est difficile d'adapter en BD l'oeuvre de Musset (et d'ailleurs le théâtre en général). J'en gardais le souvenir d'une histoire violente, dans une atmosphère de débauche au sein du pouvoir florentin. Je trouve que l'auteur a réussi de manière
superbe à nous plonger dans cette époque et cette cour. La mise en page est très aérée. Les couleurs sont soit flamboyantes quand il s'agit du carnaval de Florence. Soit très sombres et sepia quand il s'agit de Lorenzaccio et de ses tourments. Le tout donne un aspect somptueux et inquiétant, mélange de beauté et de mort imminente. Il ne faut pas se laisser arrêter par la complexité de l'intrigue et les multiples personnages mais se laisser porter par la beauté des images.
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09 janvier 2012
Mini-bilan 2011
Juste pour le plaisir de regarder derrière soi et se demander ce qui restera comme souvenirs de lecture de 2011.
Ce sera sans conteste les magnifiques récits de voyage d'Ella Maillart, de son compagnon de route Peter Fleming et de Bernard Ollivier. Pour la fiction, malgré de belles lectures, s'il faut ne garder qu'un auteur, ce sera Anne Percin qui m'a donné mes plus belles émotions !
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22 décembre 2011
Mes lectures jeunesse du mois
Je profite de ce billet pour vous souhaiter un joyeux Noël et de très belles fêtes de fin d'année !
Un secret à la fenêtre. - Norma Huidobro (Ecole des loisirs, neuf, 2011)
Manuel va souvent aider le copain de sa soeur à la pizzeria, à côté de chez lui. Et en cachette il va de temps en temps donner un morceau de pizza au vieux monsieur qui habite derrière. Celui-ci est très seul, sa petite fille habite loin. Mais heureusement il a une passion, la philatélie, et il montre à Manuel son timbre le plus rare et le plus cher, la Dame d'Elche. Quand le vieux monsieur meurt, le mise en scène autour de son corps montrer clairement que c'est un suicide. Seul Manuel est persuédé que c'est un assassinat ; la preuve, le vieux monsieur lui a demandé un dessert deux heures avant...
Une jolie enquête autour du thème de la philatélie.
La liberté est une poussière d'étoile. - Nathalie Kuperman (Ecole des loisirs, neuf, 2011)
Pendant que ses parents dormait, Chien a sauté par-dessus la barrière et a été enlevé. Depuis il est enfermé et doit répondre chaque jour aux questions de Canard, le grand chef; Mais quoi qu'il réponde, il a tort ! Comment faire pour retrouver la liberté, et pourquoi Canard est-il aussi méchant ?
Une jolie fable sur la méchanceté pure et aussi sur les raisons de cette méchanceté...
Il était une fois dans l'Est. - Audren (Ecole des loisirs, medium, 2011)
Anna a grandi en RDA jusqu'à ses sept ans. Son enfance, ses souvenirs, ses amis étaient là-bas. Admirer les Trabant, faire la queue pour acheter des bananes, entendre ses parents se disputer sur la notion de liberté. Et quand le mur tombe, découvrir la vie à l'Ouest, partir y habiter et devoir tout recommencer.
Basée sur une histoire vraie, ce récit donne à voir la RDA avec les yeux d'une enfant et c'est une expérience intéressante.
16:01 Écrit par Cathe dans Livre jeunesse | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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13 décembre 2011
Le policier qui rit. - Viot / Seiter / Sjöwall / Wahlöö (Rivages, Casterman Noir, 2011)
Stockolm, un soir de novembre 1967. Un bus de nuit est mitraillé, les neuf passagers sont tués. La Suède est bouleversée. Martin Beck, inspecteur, est chargé de l'enquête. Qui pouvait être visé par le tueur ? Dans le bus, un collègue policier a été tué, mais pourtant il ne travaillait officiellement sur aucune affaire. Pourquoi était-il dans ce bus ? Une enquête détaillée sur chaque personne tuée permettra-t-elle de trouver le mobile et le tueur ?
Le duo Sjöwall et Wahlöö a écrit une série d'enquêtes dans les années soixante en Suède. Ils y mettaient à mal le (déjà) fameux système social et politique suédois qui n'était pas si idyllique... Cette BD reprend un de leurs ouvrages et le dessin met vraiment bien en valeur l'atmosphère là-bas. Les couleurs sont pastels à l'extérieur (c'est l'hiver, il pleut ou il neige) et au Commissariat. En revanche les couleurs s'animent dans les intérieurs suédois à l'approche de Noël. L'enquête est menée de manière impeccable, sur le modèle des "police procedural" (c'est vraiment l'enquête pas à pas qui est décrite).
Je trouve que cet album est une vraie réussite et j'y ai retrouvé le plaisir que j'avais eu à découvrir les livres de ces auteurs il y a de nombreuses années. Décidément cette collection, Rivages / Casterman / Noir ne déçoit jamais.
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05 décembre 2011
Une lointaine Arcadie. - Jean-Marie Chevrier (Albin Michel, 2011)
Sa femme l'a quitté, sa librairie est fermée, Matthieu n'a plus aucune attache à Paris. Il décide de partir en Creuse dans une maison isolée ayant appartenu à un vieil oncle qui a fini sa vie comme un véritable ermite. Lui-même veut s'affranchir de tous les liens qui le relient encore à la civilisation. Ce que l'on nommerait un choix de "décroissance" est plutôt pour lui une manière d'oser exister seul, loin des autres, dans une solitude choisie. Les mois s'écoulent ainsi, entre la maison, les travaux des champs et sa vache, Io. Une jeune femme du pays, violoniste, tente de nouer quelques liens avec lui. Un voisin passe chaque jour à la même heure lui dire quelques mots. Un couple de randonneurs fatigués s'arrête chez lui. Comment faire coexister son choix de vie et sa relation aux autres ?
Le sujet est intéressant à une période de retour à la campagne et aux "vraies valeurs" . Le narrateur met en avant le choix presque philosophique de pouvoir vivre seul, avec juste la compagnie de quelques livres. Peux-on vivre seul, est-on plus libre quand on est seul ? Les péripéties montreront que ce choix n'est pas facile à assumer sur le long terme. Le ton utilisé est souvent ironique, parfois désespéré, comme si le narrateur se regardait lui-même essayer de vivre en ermite. L'ensemble donne un livre attachant, avec parfois un peu trop de références à l'Antiquité et de mots compliqués (l'occasion d'ouvrir le dictionnaire...). Sur un sujet similaire, le départ de Paris vers la campagne, lire le magnifique Bonheur fantôme d'Anne Percin.
Les avis de Dominique, Aifelle, Cathulu
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02 décembre 2011
Quand on est mort, c'est pour toute la vie. - Azouz Begag (Gallimard, Scripto, 2002)
Amar va retourner en Algérie. Mourad, son frère, a été tué par un chauffeur de taxi parce qu'il n'avait pas payé la course, et aller voir sa tombe au pays est le seul acte qui puisse l'apaiser. Mais Amar est universitaire, il n'est pas retourné là-bas depuis treize ans et il se sent bien loin de ce pays et de ses habitants. Pourtant pendant le long voyage en car qu'il va effectuer, il va cohabiter avec toutes sortes de personnes et c'est leur humanité à tous qui va les rapprocher.
On retrouve ici le ton plein d'humour et de tendresse d'Azouz Begag. Comme dans Le gône du Chaäba et ses autres livres, il revient sur la question des racines des Algériens vivant en France et leur tiraillement entre deux cultures.
05:49 Écrit par Cathe dans Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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30 novembre 2011
La longue marche : T.3 : Le vent des steppes. - Bernard Ollivier (Phébus, 2003)
Après la Turquie et l'Iran, les deux prochains voyages de Bernard Ollivier sur la Route de la Soie se situent en Chine. 6.000 km (parcourus en deux fois) dans un pays dont on ne parle pas la langue, c'est difficile, et ces deux derniers voyages sont certes marqués par de magnifiques paysages, mais leur manquent les merveilleuses rencontres qui avaient émaillé les deux premiers récits. Notre marcheur est nettement moins motivé qu'au début et il se surprend à douter de l'intérêt de son projet. A quoi bon faire tous ces km s'il n'y a pas les échanges qu'il aime tant. Mais peu à peu le plaisir de la marche reprend le dessus et malgré tout il réussit à clore ce périple et, après la traversée de deux déserts et de plusieurs sommets, il réussit à atteindre son but, Xi'an.
Pour clore ce beau périple en compagnie de Bernard Ollivier, je lui laisse la parole. "Quelque chose, une force plus grande que moi, me porte en avant. La curiosité ? Sans doute, mais je crois deviner que là n'est pas mon premier moteur. Plutôt le désir de me retrouver seul, parce qu'en cette solitude résideraient moins de mensonges, moins de grimaces sociales, plus d'intime vérité ; plus de présence, aussi, au vaste mystère du monde, plus de disponibilité à l'heure miraculeuse des rencontres. Mais il faudrait alors que le voyage soit sans fin, qu'il soit la vie même, non une parenthèse, si longue fût-elle, dans le cours de la vie..."
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23 novembre 2011
La longue marche : T.2 : vers Samarcande. - Bernard Ollivier (Phébus, 2001)
Après la traversée de l'Anatolie, Bernard Ollivier poursuit son voyage à pied l'année suivante, et cette fois il traverse l'Iran. Changement de tenue vestimentaire : malgré la chaleur accablante, il doit porter un pantalon et une chemise à manches longues. Les Islamistes ont posé une chape de plomb sur le pays et toute la vie tourne autour de la religion. Rares seront ceux (mais il y en a quelques uns), qui oseront se confier à Bernard Ollivier en les critiquant. Et celui-ci passera trois mois dans ce pays sans voir le corps d'une femme et sans voir de vêtements de couleur. Ce fut un voyage triste me direz-vous ? Pas du tout, car la tradition d'hospitalité qui était omniprésente en Turquie l'est encore plus ici ! Partout on l'accueille, on le questionne, on l'invite, on le gave, et bien sûr on refuse de le faire payer ! Les Iraniens apparaissent à l'auteur comme un peuple curieux, cultivé, attaché certes aux traditions, mais avide de nouveauté et de modernité. Bernard Ollivier sera d'autant plus regardé et interrogé car il a construit une espèce de chariot à roulettes pour porter son sac et les bidons d'eau dans le désert du Karakoum et il ne passera jamais inaperçu !
Comme dans le premier volume, celui-ci est passionnant, jamais lassant. Jour après jour on découvre avec l'auteur un pays dans son quotidien. Bernard Ollivier n'est jamais blasé, toujours enthousiaste (ce ne sera pas toujours le cas pour la suite en Chine) et aussi ouvert aux rencontres que le sont les Iraniens. C'est une magnifique voyage à pied (3.000 km cette fois encore) et une très belle leçon de vie que nous offre l'auteur !
Le billet de Papillon, tout aussi enthousiaste
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16 novembre 2011
Mes lectures jeunesse du mois
Personne ne bouge. - Olivier Adam (Ecole des loisirs, 2011)
Antoine est chez lui quand tout à coup il a une drôle de sensation. C'est le silence total autour de lui. Tout est figé. Le temps s'est arrêté. Quelques jours plus tard ça recommence. Il n'ose en parler à personne. Mais un jour il touchait le bras de Léa quand c'est arrivé et elle aussi a vu le temps s'arrêter...
Une belle histoire pleine de poésie sur une idée originale.
Seul contre tous. - Hubert Ben Kemoun (Nathan, coll "C'est la vie", 2011)
Pendant sa ballade du mercredi, Baptiste est arrêté à un portique de magasin car la sonnerie se met en marche. C'est une erreur, il n'a bien sûr rien volé. Mais un de ses camarades de classe l'a vu et fait courir le bruit qu'il est un voleur ! D'ailleurs il y a déjà eu des vols inexpliqués à l'école... Ou comment une rumeur peut enfler, enfler...
Un ton juste dans cette histoire qui touchera beaucoup d'enfants... et d'adultes aussi car c'est un thème universel.
Rue Stendhal. - Yaël Hassan (Casterman junior, 2011)
C'est le début des vacances mais Esteban est triste, son meilleur ami a déménagé. Mais voilà une nouvelle famille qui arrive dans son immeuble, ce sera l'occasion de former une bande sympathique avec ses autres voisins. Surtout que Monsieur Faure, leur voisin un peu original, leur propose une sorte de jeu de piste dans le cimetière voisin du Père Lachaise... Ou comment intéresser des pré-ados à des écrivains et à des romans !
Un roman plein de vivacité qui pèche peut-être par excès de souci de pédagogie, mais le ton est vif et les personnages sympathiques !
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10 novembre 2011
La longue marche, vol.1 : Traverser l'Anatolie. - Bernard Ollivier (Phébus, 2000)
En 1999 Bernard Ollivier part faire la première partie de sa "longue marche", la Route de la Soie. Cette première étape de 3.000 km le fait partir d'Istanbul et traverser l'Anatolie jusqu'à la frontière iranienne. Les paysages sont changeants et toujours magnifiques, Bernard Ollivier profite de tout son être des panoramas extraordinaires qu'il rencontre. Son corps, d'abord douloureux, s'habitue vite à des étapes de 30 à 50 km quotidiens. Les caravanserails qu'il traque le long de cette route mythique sont peu nombreux mais toujours étonnants. Mais l'essentiel dans cette marche c'est le plaisir des rencontres. Là-bas, et ce sera pareil en Iran ensuite, l'hospitalité est de règle et il ne passe pas de jour sans qu'il soit invité à manger et/ou à dormir par des habitants. Là-bas c'est un honneur de recevoir un étranger et c'est un plaisir de le faire parler de son voyage (un peu en turc, un peu en anglais...).
Bernard Ollivier refuse d'être traité en "héros", il ne fait dit-il, que mettre un pied devant l'autre. Cette humilité, il la garde face aux innombrables manifestations de gentillesse que lui prodiguent les Turcs. C'est incroyable de voir avec nos yeux d'occidentaux la chaleur de l'accueil qui lui est prodigué. C'est ainsi qu'il noue des liens incroyables avec des habitants et c'est une véritable leçon de vie et de tolérance de le voir ainsi s'adapter aux coutumes du pays tout en mettant en valeur ce qui est universel : l'humain.
Hasard du calendrier, cette semaine j'étais en stage sur le thème de l'écriture journalistique et la journaliste qui l'animait connaissait bien Bernard Ollivier puisqu'ils avaient travaillé ensemble au journal "Combat". Il est vraiment, m'a-t-elle dit, dans la vie comme dans ses livres, curieux, à l'écoute des autres, et loin d'avoit la grosse tête !
Lisez le très beau billet de Papillon
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03 novembre 2011
La vie commence à soixante ans. - Bernard Ollivier (Phébus, 2008)
Bernard Ollivier est l'auteur de La longue marche, ce récit de voyage sur la Route de la Soie. Dans ce livre il revient sur les circonstances qui l'ont amené à faire ce voyage.
A soixante ans il prend sa retraite de journaliste. Sa femme est décédée quelques années auparavant et il aborde cette période de sa vie avec pessimisme. Il ne veut pour rien au monde être un retraité passif qui fait des voyages organisés et se repose entre temps. Mais il ne sait pas quoi faire. Pour faire le point sur sa vie, il décide de partir de Paris faire le chemin de Compostelle. Ce long chemin lui redonne un peu de joie de vivre et lui montre combien la marche est bonne pour l'équilibre intérieur. Convaincu qu'il a eu beaucoup de chance dans sa vie, il imagine de créer une structure où il pourrait, par la marche, redonner cette joie de vivre à des jeunes en rupture avec la société.
De retour à Paris, et avant de mettre en place cette structure, il rêve de repartir marcher pour un long voyage sur une route"habitée" comme il l'écrit. Ce sera la Route de la Soie. Pour préparer ce périple, il fait des préparatifs, des rencontres, des observations. Et ce sera cette belle aventure qu'il fera sur quatre ans, entrecoupée par des arrêts pendant l'hiver. Le succès de son premier livre, qu'il hésite à écrire et qu'il a beaucoup de mal à terminer, sera incroyable ! A tel point que l'argent recueilli, par celui-ci et ensuite les deux autres, lui permettra de mettre sur pied la structure dont il rêvait. L'association "Seuil" sera donc financée par la belle aventure de cette marche et de ces livres, et elle l'occupera pendant les années qui suivront.
Je lis les livres de Bernard Ollivier à l'envers puisque j'ai tout lu... sauf La longue marche qui m'attend dans ma bibliothèque personnelle. Mais c'est surtout pour la démarche de l'auteur que j'ai pris ce livre. Bien que la retraite ne me concerne pas encore, elle approche forcément et je sais que c'est difficile (je commence à le voir autour de moi) quand on fait un métier riche en réflexions et en contacts comme le mien, de s'arrêter un beau jour. Aussi j'ai trouvé très intéressante la réflexion de Bernard Ollivier sur lui-même, sur sa personnalité, sur ses savoirs, et ensuite la synthèse qu'il en fait pour imaginer ce que seront ces années de retraite. Ce moment de la vie, écrit-il, est ce que l'on veut bien en faire, il n'y aura pas d'autre chance, profitons-en. A nous d'imaginer notre voie pour cette période de notre vie... C'est une belle leçon de vie qui ne me quittera certainement pas.
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25 octobre 2011
Les coups de coeur yvelinois !
Comme chaque année, Laurent vous propose sur son blog A l'ombre du cerisier (qui sort de sa torpeur estivale) les coups de coeur de la rentrée littéraire des bibliothécaires yvelinois(es). Pour ma part je n'en ai pas lus beaucoup cette année, mais je garde précieusement cette liste pour les mois qui viennent...
17:25 Écrit par Cathe dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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19 octobre 2011
Le disparition soudaine des ouvrières. -Serge Quadruppani (Editions du Masque, 2011)
La commissaire italienne Simona Tavianello, dont nous avions fait la connaissance dans Saturne, est en vacances avec son mari mais alors qu'ils vont acheter du miel, ils trouvent un homme assassiné. C'est le responsable locale d'une grosse entreprise d'agroalimentaire. L'apiculteur est-il coupable ? Pourquoi a-t-on trouvé un tract signé "La révolution des abeilles" sur le corps ? Et surtout pourquoi des ruches sont-elles régulièrement vandalisées ?
A l'heure où l'on parle beaucoup de la disparition d'un grand nombre d'abeilles suite à l'utilisation massive de pesticides, le sujet est d'actualité. Dans ce coin d'Italie, les passions sont exacerbées. L'entreprise est montrée du doigt. L'apiculteur est à la tête d'une association protégeant les abeilles. Un scientifique spécialiste du sujet fait des expériences. Et la police locale a bien du mal à garder sa neutralité.
Serge Quadruppani réussit à nous donner des frissons à propos de l'avenir du monde et du rôle que certains grands groupes mal intentionnés pourraient y jouer. Que viennent faire des abeilles pacifiques et innocentes là-dedans ? Je vous laisse le découvrir dans ce très bon polar qui sent bon l'Italie !
Merci à Babelio
Les avis très positifs de Moissons noire, et JMLaharrère
05:21 Écrit par Cathe dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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12 octobre 2011
Le premier été. - Anne Percin (Le Rouergue, collection La Brune, 2011)
C'est un été comme les autres, Catherine et sa soeur sont en vacances à la campagne chez leurs grands-parents. Le soleil, la piscine, les flirts, les émois de l'adolescence. Puis un événement qui surgit pour Catherine, une apparition, un désir soudain, un mystère... Quand les deux soeurs reviennent quinze ans après vider la maison, tout resurgit soudain avec violence...
Comme d'habitude dans les romans d'Anne Percin, il y a une révélation qui vous foudroie et il ne faut pas trop en dire sous peine de déflorer le sujet. Ici se mêlent la sensualité et la cruauté dans une histoire presque comme les autres. C'est le presque qui est essentiel. Il suffirait d'un rien pour que ce soit un banal flirt d'été. Mais la première ligne nous met en garde : "C'est une croix plantée à la sortie du village". Et une autre phrase, dans le paragraphe suivant : "Un drame dont je ne suis peut-être pas responsable". Mais ne cherchez pas à deviner, vous ne le pourrez pas !
Je continue à être une inconditionnelle d'Anne Percin qui sait creuser avec subtilité le tréfond de l'âme humaine et j'ai hâte que Bonheur fantôme sorte en poche pour pouvoir l'offrir autour de moi !
Les avis tout aussi passionnés de InColdBlog, Clara , Cuné , Griotte, Sylire , cathulu , sandrine
05:25 Écrit par Cathe dans Roman francophone | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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07 octobre 2011
Des pas dans la neige : aventures au Pakistan. - Erik L'Homme (Gallimard, Scripto, 2010)
En 1990, trois jeunes gens passionnés d'aventures, grands lecteurs de récits de voyage et de Tintin, décident de partir au Pakistan chercher devinez quoi, ou qui..... l'abominable homme des neiges, le yéti ! Bien sûr c'est une légende, mais de nombreux témoignages font état d'hommes sauvages, ou de créatures entre l'homme et le singe. Ils vont voir sur place...L'hospitalité est un devoir là-bas, et ils réussissent rapidement à apprendre les rudiments de la langue et à sympathiser avec les habitants. Beaucoup ont entendu parler de ce yéti, et beaucoup connaissent quelqu'un qui l'aurait vu... A eux de mener l'enquête. Mais bivouaquer des semaines dans les montagnes, affronter la neige et les difficultés du terrain ne seront pas de tout repos...
Erik L'Homme a écrit de nombreux ouvrages pour adolescents. Ici il souhaite revenir sur un moment agréable et excitant de sa vie d'étudiant et cela donne un récit sympathique. Nos trois aventuriers ne sont peut-être pas équipés pour faire de la haute montagne dans des situations aussi difficiles et on les trouve parfois un peu légers, mais ils sont attachants, ils adorent rencontrer les gens, ils sont ouverts et tolérants. Quant au yéti, quand même c'est troublant tous ces témoignages...
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04 octobre 2011
Les souvenirs . - David Foenkinos (Gallimard, 2011)
Le narrateur revient sur les souvenirs qu'il a gardés de ses grands-parents. Son grand-père, il n'a pas toujours lui dire qu'il l'aimait et les moments heureux passés avec lui sont empreints de regrets. Sa grand-mère il s'en occupera jusqu'au bout, chez elle d'abord, puis dans la maison de retraite où elle part sans réel désir. Ce sera lui, et non pas son père, qui saura la distraire, lui offrir des moments pleins de fantaisie, comme la visite à l'artiste du "tableau avec la vache" qui orne le couloir de la maison de retraite et dont ils aiment se moquer. Lui encore qui la retrouvera le jour où elle fuguera.
Certes les thèmes sont empreints de nostalgie : la vieillesse, la maison de retraite, la mort. Et pourtant le ton reste léger, tendre, un rien décalé pour masquer l'émotion. C'est le premier roman que je lis de Foenkinos (je dois être la seule blogueuse francophone dans ce cas...) et je dois dire que j'ai été sensible à cette petite musique particulière qui sait parler de choses graves avec délicatesse et humour.
L'avis très positif d'Emeraude
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30 septembre 2011
Témoins d'un monde disparu. - Ella Maillart / Nicolas Bouvier (Mini Zoé,2002)
A Nicolas Bouvier qui lui demande un avis sur la route Genève-Madras, elle répond : "Partout où des hommes vivent, un voyageur peut vivre aussi...". C'est pour rendre hommage et témoigner que Nicolas Bouvier écrit ce petit récit sur Ella Maillart.
Plus âgée que lui de vingt six ans, elle sera un grand modèle pour lui et plus tard une véritable amitié va exister entre ces deux écrivains voyageurs exceptionnels. Tous deux ont été "témoins d'un monde disparu" car la seconde guerre, puis les années soixante et les bouleversements économiques et politiques vont transformer le monde et rendre difficiles ces voyages dans des contrées vierges de tout étranger.
Pas de nostalgie chez eux mais bien un immense bonheur d'avoir vécu ces aventures et d'avoir découvert des hommes si loin de nous et pourtant si proches.
Un carnet de très belles photos en noir et blanc complète ce petit récit.
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23 septembre 2011
Croisières et caravanes. - Ella Maillart (Petite Bibliothèque Payot, 1951)
Ella Maillart a à peine cinquante ans quand elle fait ce récit rétrospectif sur sa vie. Connue comme une voyageuse intrépide qui a parcouru de nombreuses contrées fermées aux Européens et surtout aux femmes européennes, elle éprouve le besoin de faire le point. Que cherche-t-elle par ce besoin incessant de voyager, va-t-elle continuer toute son existence, après quoi court-elle ?
Enfant, elle habite en Suisse et elle découvre très tôt les plaisirs du ski, puis de la voile car ses parents passent l'été au bord du lac Léman. Ainsi, avec sa meileure amie, elles sont à peine 16 ans qu'elles régatent déjà et qu'elles commencent les compétitions de voile. Rapidement Ella fera partie de l'équipe suisse aux régates olympiques de 1924 dans la catégorie Voile en solitaire. mais c'est le ski qui restera la grande passion sportive de sa vie. Membre de l'équipe suisse de ski, elle défend, pendant quatre ans, les couleurs de la Suisse aux championnats du monde de ski : de 1931 à 1934.
Puis c'est la découverte des grands espaces : Moscou, le Turkestan russe, puis le grand voyage en Asie d'Oasis interdites
Ella continue de voyager pour le compte du Petit Parisien jusqu'en 1939 : La Turquie et l'Inde, à travers l'Iran et l'Afghanistan et donne des conférences dans plusieurs pays d'Europe.
C'est en Inde ensuite qu'elle se plonge pour une véritable recherche spirituelle et plus tard, bien que continuant à voyager et faire des conférences, ce sera bien l'hindouisme qui mènera sa vie.
Quelle femme étonnante et quel parcours hors du commun raconté avec modestie mais gourmandise par celle qui sera un modèle pour Nicolas Bouvier ! A lire pour élargir notre champ de vision et pour partager son bonheur de la découverte de l'autre !
05:57 Écrit par Cathe dans Récit de voyage | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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20 septembre 2011
Courrier de Tartarie. - Peter Fleming (Phébus, Libretto, 1936)
En 1935, Peter Fleming, journaliste anglais, frère de Ian Fleming (James Bond), part avec Ella Maillart traverser l'Asie, de Pékin à l'Inde par des chemins interdits aux Occidentaux et rendus dangereux par la guerre civile. Ce voyage sera racontée par Ella Maillart dans Oasis interdites et je vous renvoie à mon billet.
De son côté Peter Fleming fera aussi le récit de ce périple et c'est un régal de lire les deux livres presque à la suite ! En effet même si l'itinéraire est le même, on a vraiment l'impression de lire deux voyages différents !
Peter Fleming, anglais flegmatique, est aussi posé qu'Ella est exaltée et impatiente. Il vit pleinement chaque jour et les péripéties qui paraissaient graves chez Ella semblent beaucoup plus anecdotiques chez P. D'autre part celui-ci ayant un solide sens de l'humour, il nous régale de petits apartés délicieux ! Ella s'intéresse beaucoup aux autres et à leurs cultures, Peter détaille davantage leur vie quotidienne, le trajet, les paysages...
Ella avouait qu'elle avait beaucoup de mal à écrire alors que Peter adorait rédiger. C'est vrai que ce récit est peut-être plus fluide, plus enlevé... En tout cas c'est un incontournable pour qui aime les récits de voyage !
05:56 Écrit par Cathe dans Récit de voyage | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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