25 mars 2008
Fun Home . - Alison Bechdel (Denoël Graphic, 2006)
Dans cette bande dessinée, de la famille des "romans graphiques", l'auteur, Alison Bechdel, retrace de manière non-chronologique son enfance et sa jeunesse. Nous sommes aux Etats-Unis pendant les années Nixon. Sa famille : une mère aimant le théâtre. Deux frères. Mais surtout un père prof de français et directeur d'un salon funéraire, le "Fun Home" (Funeral Home), passionné d'art et de décoration, passant tout son temps dans la restauration de leur maison du XIXè. Et surtout un père, elle le découvre quand elle est adolescente, qui a régulièrement des relations homosexuelles avec des jeunes hommes. Alison commence à tenir son journal quand elle a dix ans, des textes mais aussi du dessin qui va devenir son mode d'expression privilégié. Elle écrita tout sur ce journal sauf ce qu'elle a du mal à s'avouer elle-même, et encore plus à ses parents : elle est homosexuelle !
Ce récit est donc l'exploration de cet itinéraire très personnel qu'elle illustre d'un joli dessin noir et blanc. La relation compliquée entre elle et son père est certainement ce que je retiendrai de ce livre. Un père tyrannique, pas du tout proche de ses enfants. Mais en même temps un amoureux de la littérature avec lequel elle échangera beaucoup en étant étudiante. Et ce secret de famille qu'est l'homosexualité de son père, puis sa mort (accident ? suicide ?) dont elle se sentira longtemps coupable.
La distance qu'elle instaure dans son récit est une qualité, elle a aussi un revers, celui de retenir un peu l'émotion. Toutefois je retiendrai la force de ce récit, le talent de cette dessinatrice et la qualité de son écriture.
Les avis, proches du mien, de Laurent et InColdBlog
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25 janvier 2008
Histoire couleur terre, t.1, 2, 3 . - Kim Dong Hwa (Castermann, 2007)


Cette bande dessinée a déjà été présenté sur les blogs. C'est le récit simple et attachant des émois amoureux de deux femmes vivant dans un village rural de la Corée profonde. La pré-adolescence de la jeune tout d'abord avec les prémices des premiers émois sentimentaux. L'adolescence ensuite avec les premières rencontres amoureuses et la découverte de la sexualité; Et enfin la vie de jeune femme et la rencontre avec le futur mari. Ce qui est très beau c'est , parallèlement à cette histoire, la vie de femme de la mère qui est veuve et qui ne cache pas à sa fille les difficultés de sa solitude.
Les dessins sont magnifiques et l'histoire, toute de subtilité, de fraîcheur et de douceur, ne cache pas non plus la trivialité de la vie quotidienne et le concret de la vie sexuelle. Vraiment un très beau manhwa (BD coréenne) de cet auteur dont j'avais déjà apprécié La bicyclette rouge !
Le billet beaucoup plus prolixe de Michel
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11 décembre 2007
Quatre BD de Frederic Boilet
La lecture de Fraise et Chocolat (T2) d'Aurelia Aurita m'avait donné l'envie de découvrir l'univers de son compagnon, Frederic Boilet.

Dessinateur, il se lie très tôt avec Benoit Peeters avec lequel il fera plusieurs albums. Passant sa vie moitié en France, moitié au Japon, il dirige aussi la collection Sakka chez Casterman. Son oeuvre est intimement liée à sa vie personnelle, même si ce n'est pas complètement autobiographique. Il réinvente en quelque sorte le quotidien en utilisant peu à peu la photo pour compléter le dessin. A la fois romantiques et érotiques, ses albums forment un pont entre les bandes dessinées européennes et japonaises.
Cet univers m'a séduite à la fois par ses thèmes (le Japon, l'itinéraire d'un homme, les dessins joliment érotiques) et par la fantaisie de ses mises en page.
Les trois albums suivants ont été faits en collaboration avec Benoit Peeters
36.15 Alexia (Les Humanoides associés, 1997 ; Ego comme X, 2004)
Cet album traite d'un sujet qui était dans le vent en 1997, les rencontres par Minitel, mais qui n'avait sans doute jamais été traité en BD. Le sujet en est bien sûr les amours contrariés du héros (thème récurrent chez Boilet...) qui tombe fou amoureux d'une fille qu'il ne connait que par le Minitel. Après quelques rendez-vous manqués, il la rencontre, mais ce n'est pas si simple...Les dessins érotiques en noir et blanc alternent avec les planches en couleur de l'histoire et les reproductions d'écran Minitel. Et si la vie était un roman...
Tokyo est mon jardin (Casterman, 1997)
Dans cet album, c'est clairement la vie d'un Français à Tokyo et son adaptation à la ville. Il est là pour trouver des marchés à un fabricant de cognac français, est tombé amoureux à la fois du pays, de la ville, et bien sûr d'une fille... et ne souhaite pas partir, bien qu'il n'ai pas vendu une seule caisse de cognac...Tout en noir et blanc et assez classique, je crois que cet album est mon préféré, peut-être parce qu'on y reconnait un peu de l'inspiration de Taniguchi qui a participé au dessin.
Demi-tour (Depuis, Aire libre, 1997)
Cet album est le récit d'une rencontre qui a lieu à la gare de Dijon le dimanche 7 mai 1995 (élection présidentielle). A cet endroit vont se croiser deux destiins. Ce sera d'abord de manière parrallèle, comme le montrent les cases où les deux histoires se déroulent en même temps en face à face. Puis ensemble. Une histoire d'amour bien sûr où le narrateur va jouer malgré lui le rôle du destin mais à son désavantage...
L'épinard de Yukiko (Ego comme X, 2001)
Encore une histoire d'amour mais bien au Japon cette fois entre le narrateur et une jolie jeune fille qui n'est pas libre mais est quand même amoureuse de lui; Jusqu'à quand ? Personne ne le sait, même pas elle.... L'intérêt vient surtout de la technique qui même dessin et photo, ce qui m'a donnée une jolie impresion de réalisme mais teinté de poésie...
L'avis de Laurent sur cette BD.
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04 décembre 2007
Chroniques birmanes . - Guy Delisle (Shampooing, 2007)
Après Pyongyang et Shenzhen qui racontaient ses séjours de quelques mois en Corée du Nord et en Chine, Guy Delisle a fait cet album sur son séjour d'un an en Birmanie.
La femme du dessinateur doit partir travailler pour Médecins Sans Frontières à Rangoun, son mari l'accompagne avec leur fils de quelques mois. L'installation est diffficile pour Guy Delisle, il faut habiter chez des membres de MSF, supporter la chaleur, jouer les hommes au foyer. Il n'y a pas grand-chose à acheter dans les magasins d'alimentation, les liaisons Internet sont aléatoires, les coupures d'électricté fréquentes (ah... la clim...), les missions MSF difficiles à mettre en place, et le régime ne laisse passer aucun journal ou magazine sans en censurer la moitié !
Mais Guy Delisle ne perd pas son humour, et c'est sous la forme de petites histoires de quelques pages que son dessin malicieux en noir et blanc va nous présenter la Birmanie sous un jour souvent sombre mais quand même avec de bons côtés ! Les moines n'ont pas encore subi la répression que l'on a connue cette année, les expatriés et les autochtones sont sympathiques et on en sait un peu plus sur ce pays à la fin du volume ! On peut peut-être lui reprocher sa façon de voir un peu "exotique" sur les pays qu'il présente par rapport à quelqu'un comme Emmanuel Guibert par exemple qui va plus en profondeur dans la connaissance d'un pays dans un contexte similaire (mission MSF en Afghanistan dans "Le photographe"). Mais ne boudons pas notre plaisir, les récits de Guy Delisle font partie des "romans graphiques" à lire, notamment par ceux qui ne lisent pas de BD ;-)
L'avis de Tamara
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26 novembre 2007
Fraise et chocolat 2 . - Aurélia Aurita (Les Impressions nouvelles, 2007)
La chronique sur L'épinard de Yukiko, de Frederic Boilet par Laurent m'avait donné envie de lire cette BD. Elle était sortie à la bib. Je me suis dit que j'allais lire le fameux Fraise et chocolat de sa copine. Il était sorti aussi ! (ah, ces bibliothèques !!!). mais j'ai trouvé le Tome 2 qui venait juste de paraître :-)
Je n'ai pas lu le premier, mais je sais qu'il s'agit de l'histoire d'amour du dessinateur Frederic Boilet dit "Fraise" avec la jolie Aurélia Aurita dite "Chocolat" dite aussi "Chenda", dessinatrice aussi. Histoire d'amour et de sexe car, comme le premier je crois, le deuxième volume montre de façon détaillée leurs amours sous toutes ses formes. Là les contraintes de la vie professionnelle de Frédéric les emmènent en France, puis retour au Japon. Mais les admiratrices de Frédéric rendent Chenda folle de jalousie et, pour être sûre de le garder (il a une telle réputation de butineur de femmes...), elle cherche à renouveler leur jeux érotiques afin qu'il découvre certaines pratiques ou certaines positions pour la première fois avec elle. Et elle ne manque pas d'imagination la jolie Chenda ! Tout est bon pour elle pourvu que le plaisir soit au rendez-vous ! Pourtant rien de choquant à mon avis dans ces dessins en noir et blanc certes très explicites (!) tant sa joie de vivre et sa jeunesse ressortent dans cet hymne au plaisir partagé !
Certes à ne pas mettre entre toutes les mains, mais à lire pour le plaisir :-))
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29 octobre 2007
Pilules bleues . - Frederik Peeters (Atrabile, 2001)
Encore une bande dessinée pour les gens qui n'aiment pas les bandes dessinées ;-) Celle-là m'a été fortement conseillée par Laurent .
Cet album raconte simplement une tranche de vie de l'auteur depuis le moment où il rencontre Cati pour la première fois jusqu'au moment où ils forment un vrai couple stable. Entretemps, la première rencontre, l'éloignement, puis la vrai rencontre amoureuse. Ils se plaisent, commencent à s'attacher l'un à l'autre mais elle doit lui dire quelque chose d'important : elle est séropositive. Et son petit garçon aussi. Comment vivre une histoire d'amour dans cette situation ? Comment aimer sans pitié, sans peur ? Comment vivre avec le traitement ?
L'auteur fait de ce sujet difficile une bande dessinée magnifique, pleine de pudeur, non dénuée d'humour (le rhinocéros blanc !), avec un dessin noir et blanc torturé mais évocateur. Il en profite pour mettre à bas quelques clichés sur la séropositivité mais l'essentiel est vraiment l'émotion qui se dégage de ce récit et qui en fait une bande dessinée inoubliable !
L'avis enthousiaste de Laurent
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25 juillet 2007
Le photographe, T.3 . - Guibert, Lefevre, Lemercier (Dupuis, 2006)
J'ai enfin réussi à lire le volume 3 de cette magnifique bande dessinée. Relatant le voyage humanitaire de Nicolas Lefèvre avec MSF en Afghanistan en 1986 pendant la guerre avec l'Union Soviétique, elle est constituée d'un mélange de dessins (de Guibert) et de photos (de Lefèvre). Dans ce dernier volume, Nicolas se sépare de l'équipe de MSF pour rentrer plus rapidement au Pakistan, mais le voyage se révèlera plus dangereux que prévu. Ses guides l'abandonnent, il se retrouve seul pour franchir des cols à 3.000 mètres, il a froid, il est faible, il croit sa dernière heure venue... Tout se terminera bien mais l'angoisse est omniprésente dans ce troisième volume, d'ailleurs Nicolas Lefèvre aura pendant des années des séquelles physiques de ces terribles journées. La juxtaposition des dessins et des photos est toujours aussi heureuse, que ce soit les portraits ou les paysages. Vraiment une bande dessinée magnifique à conseiller aux amateurs de BD mais aussi de récits de voyage !
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19 mars 2007
Emerging. - Hokazono (Kurokawa, 2007) 2 vol.
Une fois n'est pas coutume, pour parler de cette série je me suis inspirée des commentaires d'un excellent site de Manga : Manga-Sanctuary. C'est l'occasion de le faire connaître.. Et puis franchement je suis complètement d'accord avec ce qu'il dit (c'est un peu sanglant mais c'est quand même très intéressant) et je n'aurais pas fait mieux comme commentaire ;-)
Le Japon est un brillant modèle asiatique de réussite et de rigueur. Mais comment ce pays réussirait-il à gérer une crise sanitaire de grande envergure ? Que se passerait-il si, à Shinjuku, l’un des plus grands quartiers de Tokyo, un homme venait à se vider de son sang dans la rue en pleine journée ? Comment les autorités politiques et sanitaires gèreraient-elles le drame ? Mais pour les professeurs Onodera et Sekiguchi il est déjà trop tard ! Un virus émergent commence à s’insinuer lentement dans les artères de la capitale nippone…
Avec Emerging, nous vivons l'aventure à travers les yeux d'un médecin qui parait bien impuissant face à ce virus
inconnu. Le plus effrayant est que l'on ne connait même pas le mode de contamination au départ mais tout le monde espère que ce n'est pas aérien. Certaines scènes sont assez sanglantes mais il faut avouer que cela est indispensable pour nous plonger dans l'histoire. Les dessins sont de très bonne qualité et les détails des infrastructures médicales sont vraiment très bien retranscrits. L'auteur n'hésite pas à employer des termes techniques...heureusement, un lexique est à notre disposition en fin de volumes.
Le but de ce manga est clair : il veut nous effrayer et nous montrer combien l'homme est impuissant face à l'inconnu et surtout à l'invisible. A côté de cela, l'auteur a aussi voulu nous montrer comment pourrait réagir le gouvernement face à une telle crise...et on voit vite ce qu'il privilégierait.
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19 février 2007
Fujisan. - Akira Saso (Casterman, Sakka, 2005)
Le Mont Fuji est pour les Japonais un symbole de force et de sagesse. C'est aussi un lieu qui peut susciter suicide, dépression ou idées noires chez les personnes fragiles. Dans ce recueil, six petits récits nous montrent comment l'apparition du Mont Fuji dans un ciel clair peut bouleverser la vie des protagonistes.
Rinko, qui ne se remet pas de la mort de son frère, va-t-elle rejoindre le grand nombre de personnes qui se jettent sous le train ? Tarumi, de constitution faible, survit pourtant à ses proches
qui meurent les uns après les autes. Le père d'Hiroshi, pour sauver son fils, est prêt à revenir sur ce qui s'est passé trente-cinq ans avant.
Ces six récits expriment avec beaucoup de justesse la tragédie qui peut s'abattre à un moment donné sur des personnes fragiles. Le Mont Fuji est à la fois admiré par tous et maudit pour être déclencheur de tous ces malheurs !
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31 janvier 2007
Death Note . - Takeshi Obata (Kana, 2007)
Voilà, j'ai succombé à la déferlante "Death Note" (si vous n'avez pas d'ado fan de manga, vous ne pouvez pas comprendre ;-) ). Depuis plusieurs mois, les ados téléchargent les épreuves de ce manga sur Internet (c'est pratique de lire des mangas sur un écran, n'est-ce pas ?...) . Et ça y est enfin, le volume 1 est sorti la semaine dernière. Le second ne va pas tarder, etc...
L'histoire : Light Yagami, dix-sept ans, ramasse par hasard un carnet intitulé Death Note, objet qui provient du monde des dieux de la mort. En écrivant le nom d'une personne dans ce carnet, on provoque la mort de cette personne dans les quarante secondes. Light, qui trouve corrompu le monde dans lequel il vit, voit là une occasion unique de supprimer les êtres malfaisants. Or, l'agenda a été volontairement abandonné par Ryuk, un dieu de la mort qui s'ennuie. Il apparaît à Light, lui explique certaines fonctions du carnet et reste avec lui pour voir ce qu'il va en faire....Devant de nombreuses morts inexpliquées de criminels à travers le monde, Interpol reçoit
l'aide d'un mystérieux L, véritable « détective joker » capable de résoudre n'importe quelle énigme, mais dont personne ne connaît ni le visage ni la voix. Entre Light et L, tous deux persuadés d'agir pour la justice, s'engage un véritable combat....
Et oui, le combat du bien et du mal et parfois la difficile distinction entre les deux, c'est un thème connu mais qui est ici bien renouvelé par le mélange de réalisme (c'est le Japon aujourd'hui avec les problèmes quotidiens) et de fantastique. Franchement j'ai trouvé ce premier volume très prenant, les personnages attachants et étonnants. Je ne ferai pas une chronique à chaque fois (le second sort vendredi...) mais promis une bonne synthèse à la fin. J'ai de la chance (enfin... mon porte-monnaie a de la chance), il n'y a QUE douze tomes et la série est finie !
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