26 mars 2010
Zoé. - Chabouté (Vents d'Ouest, 1999)
Zoé sort de prison et retourne dans la maison léguée par sa grand-mère. Elle adore cette maison mais, à part le fils du maire, un jeune un peu "simplet", personne ne l'accueille et les réactions se font même hostiles. Le meurtre d'un voyaguer l'étonne. La mort de son chat commence à l'effrayer. Quel secret les habitants cherchent-ils à cacher ?
On retrouve ici l'atmosphère chère à Chabouté. Un huis-clos. Des personnages qui cachent un passé lourd. Une héroïne pleine de fraîcheur au milieu de toute cela. Et peut-être même une sorcière...Le magnifique dessin noir et blanc donne du relief à cette histoire très belle et très noire.
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04 mars 2010
Dom Juan de Molière (Bachelier, Ricard, Reiss) Delcourt, 2010
Le Dom Juan de Molière, flanqué de son fidèle Scagnarelle, fuit sa femme pour séduire une première paysanne, puis une deuxième, tout en abjurant le ciel, ses croyances et même la statue du Commandeur... Je résume...
J'avais choisi cette BD dans la liste de Masse critique de Babelio car j'aime beaucoup cette pièce et j'étais curieuse de voir son adaptation en BD. Je dois avouer que j'ai été un peu déçue. Certes la pièce n'est pas dénaturée, les dialogues sont fidèlement retranscrits avec quelques petites coupes, adaptation oblige, Molière ne se retournera pas dans sa tombe. Mais je dirai que l'ensemble me parait très scolaire, sans réelle vision de la dimension de l'oeuvre. Celle-ci se passe de nos jours mais les décors et les personnages sont assez "passe-partout" et sans caractéristique nette. Toutefois je dirais quand même que, pour quelqu'un qui ne connait pas cette pièce, c'est une façon agréable de la découvrir. Tiens tout cela me donne envie de réécouter Don Giovanni et le sublime air d'Elvira au premier acte quand elle laisse éclater toute sa colère contre cet affreux individu... qu'elle aime toujours ;-)

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12 février 2010
Coronado. - Loustal / Dennis Lehane (Rivages / Casterman Noir, 2009)
Un père vient chercher son fils à sa sortie de prison. Le décor est planté : il a une Buick volée, de la coke dans la boîte à gants et une pute sur la banquette arrière. Et il cherche surtout à savoir où est caché le diamant pour lequel son fils est
allée en prison. Mais celui-ci a tout oublié. Il se souvient juste qu'il l'a confié à son amie Gwen. Mais celle-ci a disparu...
Voilà une magnifique bande dessinée, très noire bien sûr, avec un bon suspense. Heureusement les couleurs éclatantes de Loustal viennent un peu alléger l'atmosphère... à moins qu'elles ne la rendent encore plus dramatique...
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08 février 2010
Blast : Grasse carcasse. - Manu Larcenet (Dargaud, 2009)
Polza Mancini, 38 ans, sans domicile fixe, écrivain, obèse, est interrogé par la police pour des violences sur une certaine Carole. Pourquoi ces violences, la réponse n'est pas simple et Polza doit revenir très loin en arrière pour expliquer aux policiers qui il est et d'où il vient. Encombré par son imposante masse corporelle, il erre désespérément avant d'avoir une révélation avec une sensation extraordinaire qu'il nomme "Blast", et ensuite il n'aura de cesse de retrouver cet instant magique. Pour cela il vivra en marge, rencontrant d'autres marginaux, fuyant toujours et encore.
Je sais que cette BD a été le coup de coeur de plusieurs blogueurs. Pour ma part je dirais que j'ai trouvé le dessin
extraordinaire, et je pèse mes mots. Larcenet réussit vraiment des effets incroyables avec ce noir et blanc parfois très précis, parfois sombre et flou. Les dessins quasi surréalistes sont inoubliables. En revanche je trouve que le scénario est moins original. Je lirai la suite bien sûr mais davantage pour retrouver la magie du dessin que pour l'histoire elle-même.
Les avis enthousiastes de Laurent, J.M.Laharrère
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05 février 2010
Terre neuvas. - Chabouté (vents d'Ouest, 2009)
Nous sommes en 1913. La Marie-Jeanne est partie pour pêcher la morue au large de Terre-Neuve. Après plusieurs jours de tempêtes, le bâteau arrive sur les bancs de poissons et la pêche peut commencer. C'est pénible, dangereux, la tension est à son comble parmi l'équipage qui doit remplir de morues les cales du bâteau, les nettoyer et les saler. C'est alors qu'un des membres de l'équipage est retrouvé poignardé...
Chabouté réussit à crée un véritable thriller avec ce huis-clos angoissant. Son magnifique dessin noir et blanc met en valeur les belles lignes du bâteau, le déferlement de la mer et aussi la violence qui est latente entre les hommes. Il restitue avec justesse les difficultés de cette situation, la pression de l'armateur qui veut toujours plus de poissons, la pénibilité du travail, les relations humaines délicates sur ce petit espace. Une bande dessinée superbe comme toutes celles que j'ai lues de Chabouté !
L'avis de Pascale
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23 janvier 2010
Happy sex. - Zep (Delcourt, 2009)
Je ne résiste pas au plaisir de faire un petit billet sur le Happy sex de Zep que j'ai apporté hier soir à la maison. J'ai conseillé à toute la famille de le lire tout en prévenant que c'était un peu "hard", ils m'ont tous ri au nez jusqu'à ce qu'ils l'ouvrent et là en effet... Pudibonds ou trop jeunes s'abstenir, c'est du sexe hilarant mais sans tabou ! Devant, derrière, grosse, petite, profond, raide, à l'endroit, à l'envers, seul, à plusieurs, ... Tout y est dans une profusion de membres et d'attributs en tout genre dont l'accumulation est irrésistible !
Depuis le jeune homme un peu "faiblard" qui ferme les yeux pour penser à quelque chose d'érotique (sa copine est contente !), au vieux qui prend du Viagra et dont sa femme n'est pas disponible car elle lit le dernier Ellroy, à la fille très expansive qui crie le nom de son partenaire le soir (il est content quand ses voisins l'appellent par son prénom le lendemain dans l'ascenseur), aux "colifichets" trouvés par le gamin et dont il faut justifier l'utilisation (si si c'est un rouleau pour les cheveux) et à bien d'autres situations un peu délicates à évoquer ;-)
Ce qu'il ressort de cet album c'est que les hommes n'ont vraiment pas le beau rôle ! Maladroits, vantards, gaffeurs, ils ont en face d'eux des filles délurées, vives, futées, moqueuses et pour un peu on les plaindrait car ça n'a pas l'air facile d'être un mâle de nos jours ....;-)
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15 janvier 2010
Tipping Point : Téhéran 1979. - Hamed Eshrat (Sarbacane, 2009)
Téhéran 1978. La famille Eshrat vit dans le Kurdistan iranien. Hossein est dans les services secrets, la police secrète du Shah, et quand les événements commencent à s'accélérer, leur vie bascule. Tout d'abord confiants dans la population et dans leurs voisins, puis dans l'armée, ils doivent se rendre à l'évidence : la majorité du pays vit comme une libération l'arrivée de Khomeiny et des islamistes au pouvoir. Bien qu'attachés à leur pays, ils se rendent compte qu'ils ne peuvent plus être fidèles au Shah et rester en Iran. Ils quittent le pays.
L'auteur de cette BD, Hamed, est cet enfant né en 1979. C'est en interrogeant sa mère qu'il parviendra à retracer la chronologie des événements et la manière dont ses parents les ont ressentis. Le trait, naïf, sombre, aux contours très accentués, fait irrésistiblement penser au dessin de Marjane Satrapi. Est-ce la naissance d'une génération de dessinateurs influencée par leur illustre consoeur, ou plus simplement une manière de décrire une période et un régime dur, sombre, violent...
C'est le hasard si cette BD et Les chats persans se retrouvent voisins sur ce blog mais c'était bien d'approcher deux visions et deux moments de l'Iran. Ou comment l'un est la conséquence de l'autre...
Je profite de ce billet pour remercier Stéphane Jarno qui a fait un bel article sur les blogueuses littéraires dans Télérama (et ce n'est pas si courant chez les journalistes...). Oui on est secrètes, solidaires, incorruptibles, passionnées... Mais bien que nous soyons les "Amazones de la blogosphère", nous ne voulons pas de mal à nos confrères blogueurs masculins, nous entretenons même d'excellentes relations avec eux, n'est-ce pas Michel, Philippe, Laurent , Alain, Yann , Reno, InColdBlog, Jean-François et les autres .... (j'en oublie)
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23 décembre 2009
La guitare de Bo Diddley. - Jean-Christophe Chauzy ; Marc Villard (Rivages / Casterman / Noir, 2009)
Arsène est un jeune Black qui zone à Barbès et essaie d'être basketteur. Il trouve une guitare qui, il l'apprend vite, est légendaire, c'est la "Blue Hawaï" de Bo Diddley, Clapton lui-même en a joué. Mais il doit la donner à un Congolais qui lui-même doit la céder pour payer ses faux papiers. Le faussaire se la fait voler, le propriétaire suivant a des ennuis, quelques cadavres parsèment la route de cette guitare... Faut-il la rendre à son propriétaire quand il passe en concert à Paris ? La chute est excellente...
Comme d'habitude chez Marc Villard, ce novelliste prolifique (il a écrit 400 nouvelles), ses héros sont black-blancs-beurs et c'est avec beaucoup de tendresse qu'il les décrit. Toujours autour de Barbès, ses anti-héros se débrouillent comme ils peuvent, toujours aidés par un éducateur de rue que l'on retrouve souvent dans ses romans et nouvelles. J'aime beaucoup son univers et ici je trouve que Chauzy a bien rendu cet univers à la fois glauque et plein d'heureuses surprises. Du sepia, du bleu-gris et des superbes touches de couleurs vives donnent un côté rock'n roll à cette histoire qui est ausi un hommage à la musique.
A lire, la rencontre avec Marc Villard de Yann de Moisson Noire
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19 décembre 2009
Shutter Island. - Dennis Lehane ; Christian de Metter (Rivages, Casterman noir, 2008)
J'avais lu le roman de Dennis Lehane à sa parution et avais été emballée (bien que d'habutude je n'aime pas trop le genre thriller...). Quand j'ai vu cette BD, je me suis dit que j'aimerais découvrir cette histoire autrement, avec les dessins et en connaissant la fin (très important la chute !)
Un ferry aborde l'île de Shutter Island qui abrite un hôpital psychiatrique avec deux hommes à son bord. Teddy Daniels, marshal, et son coéquipier Chuck Aule. Ils viennent enquêter sur la disparition d'une patiente alors que sa cellule était fermée. Des indices apparaissent sous la forme de papiers avec des lettres et des chiffres. Les deux hommes ont du mal à enquêter tant cette histoire parait étrange et l'entourage de la patiente mystérieux. Le lieu lui-même, sur cet île, est étrange et la tempête les empêche de repartir à terre...
Impossible d'en dire davantage pour ne pas déflorer l'histoire. Christian de Metter a choisi une couleur sepia pour ce récit et un dessin très réaliste pour les personnages. Seulles quelques touches de couleur apparaissent de temps en temps. L'atmosphère mystérieuse et même carrément oppressante de ce huis-clos est très bien rendue et j'ai été de nouveau embarquée dans cette histoire, avec le plaisir supplémentaire de lire une histoire en connaissant la chute, et il faut être aussi fort que Lehane pour construire un récit qui peut être lu à deux niveaux, sans savoir et en sachant !
Cliquez pour bien voir le dessin
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17 décembre 2009
C'était la guerre des tranchées. - Jacques Tardi (Casterman, 1993)
Suite aux conseils de mes camarades blogueurs, j'ai emprunté C'était la guerre des tranchées et l'ai lu dans la foulée après Putain de guerre.
Le sujet est le même et le fonds de la réflexion aussi. Ou comment des millions d'hommes ont été massacrés dans cette boucherie qu'a été la première guerre. Mais autant Putain de guerre mettait l'accent sur le déroulement historique (normal, le scenario est de Jean-Pierre Verney, historien), autant le premier montre des individus pris dans cette tourment sans lien évident avec les grandes opérations stratégiques des états-majors. Il n'y a pas vraiment de héros, juste des hommes, face à l'horreur. Sur plus d'une centaine de pages, on découvre la vie quotidienne, les angoisses et l'histoire de quelques poilus : les gradés qui utilisent leurs hommes comme de la chair à canon, la boue, les poux, le fracas des obus, les exécutions massives et les jugements arbitraires, le massacre des populations civiles, la « déportation » des hommes des colonies noires et asiatiques vers le front...
C'était la guerre des tranchées est une oeuvre extrêmement documentée. Pour écrire ce récit qui est un hommage à son grand-père mort pendant cette guerre, Tardi a lu et visionné les grandes oeuvres littéraires et cinématographiques sur le sujet et fait des recherches sur les
lieux, armements, uniformes, correspondances. Cela donne une oeuvre quasi documentaire, qui nous plonge avec un réalisme fou dans les tourments de 14-18.
Le dessin au noir et blanc (contrairement à Putain de guerre qui est en couleurs), dans la lignée des Nestor Burma, mais plus sombre, contribue à établir le climat de cette BD.
C'est réellement un ouvrage très fort qui prend aux tripes et met l'accent sur le gâchis de millions de vies qu'a été cette guerre. Et en effet je dirais qu'il m'a plus émue que Putain de guerre qui est "mieux dessiné", plus "léché". mais les deux ouvrages sont à découvrir !
Cliquez sur les images pour bien voir le dessin de Tardi (oui je sais, Ys, que tu n'aimes pas... ;-)... )
Ys m'indique que Tardi et Verney étaient les invités de l'émission "Tout arrive" le 16 décembre. A écouter ici.
Et tiens ça me donne envie de lire Le cri du peuple !
06:00 Écrit par Cathe dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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11 décembre 2009
Putain de guerre. - Tardi, Verney (Casterman)
Putain de guerre : 1914-1915-1916 (Casterman, 2008)
C'est le début de la guerre, le départ la fleur au fusil. Mais très rapidement ça déchante. D'ailleurs le narrateur n'est pas dupe, il dénonce les ordres arbitraires, les planqués de l'arrière, l'incompétence des chefs, les exécutions expéditives. Bientôt c'est vraiment l'horreur, la boucherie dans les tranchées et, pendant les sorties, le tir au pigeon.
On a déjà beaucoup lu sur le sujet, mais là Tardi nous met des traits et des couleurs qui marquent. Ou plutôt des absences de couleurs puisque peu à peu les couleurs s'estompent pour devenir un gris-marron terne. Les bleus des uniformes et les rouges des pantalons s'effacent et ne restent que les rouges des blessures. La narration en trois cadres permet des vues panoramiques aussi bien sur les paysages que dans les tranchées.
Putain de guerre : 1917-1918-1919 (Casterman, 2009)
La deuxième partie est de la même veine. Les combats s'intensifient, l'usage des gaz se banalise, l'horreur augmente encore si cela était possibel. Et la voix du narrateur est remplacée par celles d'inconnus, soldats, français ou allemands, femmes en usine, veuves, infirmières, gamins,.., tous ceux qui sont aussi touchés par cette guerre qui marquera leur vie...
Après chaque volume, un dossier historique fait par J.P. Verney appporte des détails et approfondit le sujet.
J'ai beaucoup apprécié ces deux volumes d'abord parce que j'aime beaucoup le dessin de Tardi et ensuite parce que ça complète bien les trois livres de Thierry Bourcy que j'ai lus récemment sur ce sujet. Laurent précise que Tardi ne se renouvelle pas tellement sur ce sujet depuis C'était la guerre des tranchées, aussi je l'ai emprunté à la bib (un billet dans quelques jours...)
L'avis de Laurent sur le Tome 1
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04 décembre 2009
Medz Yeghern. - Paolo Cossi (Dargaud, 2009)
Entre 1915 et 1916, un million cinq cents mille Arméniens furent massacrés par le gouvernement et l'armée de l'Empire Ottoman. Les Arméniens, de religion chrétienne, étaient présents sur ce territoire depuis plusieurs siècles. Les conflits avec les Ottomans furent nombreux, mais rien d'aussi important que ce qui se passa au début du 20è siècle. L'élimination des Arméniens fut programmée : au début, l'armée et l'administration furent débarrassées des éléments arméniens, puis les hommes furent déportés, et enfin le reste de la population fut capturée et envoyée dans des camps.
Ces événements sont évoqués par Paolo Cossi par le biais de trois personnages. Un Allemand qui, au risque de sa vie, prit le risque de désobéir à sa hiérarchie et de prendre en photos ces massacres. Mehmet Talaat Pacha qui fut ministre de l'Intérieur de 1913 à 1917, puis fut assassiné. Et un jeune Arménien qui, blessé à mort, fut sauvé par un jeune Turc.
Le dessin noir et blanc de Paolo Cossi, faussement naïf, donne vie à ces personnages grâce à des visages très expressifs. L'histoire, vue à travers eux, parait à la fois dérisoire et tragique. J'ai bien aimé le récit très expressif de cette tragédie.
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01 octobre 2009
Couleur de peau : miel (T.1 et T.2). - Jung (Quadrants, 2007-2008)
Hasard des lectures (et des disponiblités à la bib), je lis cette BD que je guettais depuis longtemps juste après le livre d'A.M. Homes. Or les deux sont sur le même thème : enfants adoptés, ils reviennent sur ce sujet. A.M. Homes décrit la rencontre avec ses parents biologiques alors qu'elle est adulte et attendra plusieurs années avant d'en parler. Jung en fait une bande dessinée à plus de quarante ans.
Jung est né en Corée en 1965. Enfant des rues, il est recueilli dans un orphelinat puis adopté par une famille belge. Entouré de quatre frères et soeurs belges, puis d'une petite soeur coréenne adoptée, il vivra l'enfance d'un enfant de son âge.... quoique pas tout à fait. Sa mère n'est pas quelqu'un de tendre et il est à la recherche d'affection, les enfants de son âge le traitent parfois de chinois, ses rêves sont peuplés d'images lointaines,... Adolescent, en plus des émois de cet âge, il hésite entre amour, amitiés, copine, asiatique, pas asiatique. Il s'est découvert un don pour le dessin et c'est par là qu'il réussira à s'exprimer; Pourtant il gardera longtemps ce traumatisme de l'abandon et à la fois le désir et la peur de l'attachement.
Voilà une bande dessinée magnifique, tout en noir et blanc, avec un dessin tourmenté et pourtant tendre quand il le faut. Les tourments de cet enfant et de cet adolescent nous touchent énormément par ses faiblesses, ses angoisses, son humour aussi. Quelques notes en fin d'ouvrage donnent des renseignements sur l'auteur et sur sa quête d'enfant adopté. Non il ne recherchera pas sa famille biologique. Oui il est passionné par l'Asie et il ira en Corée. Et oui il a fini par épouser.... une Coréenne adoptée !
Les avis tout aussi enthousiastes de Joëlle et de Passion de lire
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05 novembre 2008
Tout seul - Chabouté (Vents d'Ouest), 2008)
Comme d'habitude j'ai été tentée par le billet de Laurent sur cette BD (c'est mon conseiller officiel en BD) et, comme d'habitude, je n'ai pas été déçue, j'ai même été enthousiasmée !
Imaginez un dessin noir et blanc qui vous présente la mer, les mouettes, puis un phare perdu au milieu de l'océan. Une fois par semaine pourtant un bateau s'arrête et dépose une caisse avec des provisions. Le nouveau marin s'étonne, demande au patron qui est dans ce phare.... Oh, quelqu'un qui est là depuis des années. Mais que fait-il de ses journées ? ... C'est une question que je ne me suis jamais posé... Mais lui va se la poser et nous aussi.... Et Chabouté va nous donner à voir, presque sans parole, l'intérieur de ce phare et même l'intérieur d'une solitude....
Je n'en dis pas plus pour ne pas déflorer l'histoire (et puis la dernière fois que j'avais fait un billet sur Landru, Chabouté lui-même m'avait mis un commentaire en remarquant que j'en avais trop dit...). Mais surtout lisez cette histoire magnifique que vous dévorerez d'abord pour connaître la suite, que vous reprendrez ensuite pour admirer en détail les dessins. Ou comment on peut dire beaucoup de choses sur la solitude, le pouvoir de l'imagination, l'importance de l'autre,... , tout cela par des dessins et quelques phrases... A lire absolument !
L'avis tout aussi enthousiaste de Laurent
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25 mars 2008
Fun Home . - Alison Bechdel (Denoël Graphic, 2006)
Dans cette bande dessinée, de la famille des "romans graphiques", l'auteur, Alison Bechdel, retrace de manière non-chronologique son enfance et sa jeunesse. Nous sommes aux Etats-Unis pendant les années Nixon. Sa famille : une mère aimant le théâtre. Deux frères. Mais surtout un père prof de français et directeur d'un salon funéraire, le "Fun Home" (Funeral Home), passionné d'art et de décoration, passant tout son temps dans la restauration de leur maison du XIXè. Et surtout un père, elle le découvre quand elle est adolescente, qui a régulièrement des relations homosexuelles avec des jeunes hommes. Alison commence à tenir son journal quand elle a dix ans, des textes mais aussi du dessin qui va devenir son mode d'expression privilégié. Elle écrita tout sur ce journal sauf ce qu'elle a du mal à s'avouer elle-même, et encore plus à ses parents : elle est homosexuelle !
Ce récit est donc l'exploration de cet itinéraire très personnel qu'elle illustre d'un joli dessin noir et blanc. La relation compliquée entre elle et son père est certainement ce que je retiendrai de ce livre. Un père tyrannique, pas du tout proche de ses enfants. Mais en même temps un amoureux de la littérature avec lequel elle échangera beaucoup en étant étudiante. Et ce secret de famille qu'est l'homosexualité de son père, puis sa mort (accident ? suicide ?) dont elle se sentira longtemps coupable.
La distance qu'elle instaure dans son récit est une qualité, elle a aussi un revers, celui de retenir un peu l'émotion. Toutefois je retiendrai la force de ce récit, le talent de cette dessinatrice et la qualité de son écriture.
Les avis, proches du mien, de Laurent et InColdBlog
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25 janvier 2008
Histoire couleur terre, t.1, 2, 3 . - Kim Dong Hwa (Castermann, 2007)


Cette bande dessinée a déjà été présenté sur les blogs. C'est le récit simple et attachant des émois amoureux de deux femmes vivant dans un village rural de la Corée profonde. La pré-adolescence de la jeune tout d'abord avec les prémices des premiers émois sentimentaux. L'adolescence ensuite avec les premières rencontres amoureuses et la découverte de la sexualité; Et enfin la vie de jeune femme et la rencontre avec le futur mari. Ce qui est très beau c'est , parallèlement à cette histoire, la vie de femme de la mère qui est veuve et qui ne cache pas à sa fille les difficultés de sa solitude.
Les dessins sont magnifiques et l'histoire, toute de subtilité, de fraîcheur et de douceur, ne cache pas non plus la trivialité de la vie quotidienne et le concret de la vie sexuelle. Vraiment un très beau manhwa (BD coréenne) de cet auteur dont j'avais déjà apprécié La bicyclette rouge !
Le billet beaucoup plus prolixe de Michel
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11 décembre 2007
Quatre BD de Frederic Boilet
La lecture de Fraise et Chocolat (T2) d'Aurelia Aurita m'avait donné l'envie de découvrir l'univers de son compagnon, Frederic Boilet.

Dessinateur, il se lie très tôt avec Benoit Peeters avec lequel il fera plusieurs albums. Passant sa vie moitié en France, moitié au Japon, il dirige aussi la collection Sakka chez Casterman. Son oeuvre est intimement liée à sa vie personnelle, même si ce n'est pas complètement autobiographique. Il réinvente en quelque sorte le quotidien en utilisant peu à peu la photo pour compléter le dessin. A la fois romantiques et érotiques, ses albums forment un pont entre les bandes dessinées européennes et japonaises.
Cet univers m'a séduite à la fois par ses thèmes (le Japon, l'itinéraire d'un homme, les dessins joliment érotiques) et par la fantaisie de ses mises en page.
Les trois albums suivants ont été faits en collaboration avec Benoit Peeters
36.15 Alexia (Les Humanoides associés, 1997 ; Ego comme X, 2004)
Cet album traite d'un sujet qui était dans le vent en 1997, les rencontres par Minitel, mais qui n'avait sans doute jamais été traité en BD. Le sujet en est bien sûr les amours contrariés du héros (thème récurrent chez Boilet...) qui tombe fou amoureux d'une fille qu'il ne connait que par le Minitel. Après quelques rendez-vous manqués, il la rencontre, mais ce n'est pas si simple...Les dessins érotiques en noir et blanc alternent avec les planches en couleur de l'histoire et les reproductions d'écran Minitel. Et si la vie était un roman...
Tokyo est mon jardin (Casterman, 1997)
Dans cet album, c'est clairement la vie d'un Français à Tokyo et son adaptation à la ville. Il est là pour trouver des marchés à un fabricant de cognac français, est tombé amoureux à la fois du pays, de la ville, et bien sûr d'une fille... et ne souhaite pas partir, bien qu'il n'ai pas vendu une seule caisse de cognac...Tout en noir et blanc et assez classique, je crois que cet album est mon préféré, peut-être parce qu'on y reconnait un peu de l'inspiration de Taniguchi qui a participé au dessin.
Demi-tour (Depuis, Aire libre, 1997)
Cet album est le récit d'une rencontre qui a lieu à la gare de Dijon le dimanche 7 mai 1995 (élection présidentielle). A cet endroit vont se croiser deux destiins. Ce sera d'abord de manière parrallèle, comme le montrent les cases où les deux histoires se déroulent en même temps en face à face. Puis ensemble. Une histoire d'amour bien sûr où le narrateur va jouer malgré lui le rôle du destin mais à son désavantage...
L'épinard de Yukiko (Ego comme X, 2001)
Encore une histoire d'amour mais bien au Japon cette fois entre le narrateur et une jolie jeune fille qui n'est pas libre mais est quand même amoureuse de lui; Jusqu'à quand ? Personne ne le sait, même pas elle.... L'intérêt vient surtout de la technique qui même dessin et photo, ce qui m'a donnée une jolie impresion de réalisme mais teinté de poésie...
L'avis de Laurent sur cette BD.
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04 décembre 2007
Chroniques birmanes . - Guy Delisle (Shampooing, 2007)
Après Pyongyang et Shenzhen qui racontaient ses séjours de quelques mois en Corée du Nord et en Chine, Guy Delisle a fait cet album sur son séjour d'un an en Birmanie.
La femme du dessinateur doit partir travailler pour Médecins Sans Frontières à Rangoun, son mari l'accompagne avec leur fils de quelques mois. L'installation est diffficile pour Guy Delisle, il faut habiter chez des membres de MSF, supporter la chaleur, jouer les hommes au foyer. Il n'y a pas grand-chose à acheter dans les magasins d'alimentation, les liaisons Internet sont aléatoires, les coupures d'électricté fréquentes (ah... la clim...), les missions MSF difficiles à mettre en place, et le régime ne laisse passer aucun journal ou magazine sans en censurer la moitié !
Mais Guy Delisle ne perd pas son humour, et c'est sous la forme de petites histoires de quelques pages que son dessin malicieux en noir et blanc va nous présenter la Birmanie sous un jour souvent sombre mais quand même avec de bons côtés ! Les moines n'ont pas encore subi la répression que l'on a connue cette année, les expatriés et les autochtones sont sympathiques et on en sait un peu plus sur ce pays à la fin du volume ! On peut peut-être lui reprocher sa façon de voir un peu "exotique" sur les pays qu'il présente par rapport à quelqu'un comme Emmanuel Guibert par exemple qui va plus en profondeur dans la connaissance d'un pays dans un contexte similaire (mission MSF en Afghanistan dans "Le photographe"). Mais ne boudons pas notre plaisir, les récits de Guy Delisle font partie des "romans graphiques" à lire, notamment par ceux qui ne lisent pas de BD ;-)
L'avis de Tamara
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26 novembre 2007
Fraise et chocolat 2 . - Aurélia Aurita (Les Impressions nouvelles, 2007)
La chronique sur L'épinard de Yukiko, de Frederic Boilet par Laurent m'avait donné envie de lire cette BD. Elle était sortie à la bib. Je me suis dit que j'allais lire le fameux Fraise et chocolat de sa copine. Il était sorti aussi ! (ah, ces bibliothèques !!!). mais j'ai trouvé le Tome 2 qui venait juste de paraître :-)
Je n'ai pas lu le premier, mais je sais qu'il s'agit de l'histoire d'amour du dessinateur Frederic Boilet dit "Fraise" avec la jolie Aurélia Aurita dite "Chocolat" dite aussi "Chenda", dessinatrice aussi. Histoire d'amour et de sexe car, comme le premier je crois, le deuxième volume montre de façon détaillée leurs amours sous toutes ses formes. Là les contraintes de la vie professionnelle de Frédéric les emmènent en France, puis retour au Japon. Mais les admiratrices de Frédéric rendent Chenda folle de jalousie et, pour être sûre de le garder (il a une telle réputation de butineur de femmes...), elle cherche à renouveler leur jeux érotiques afin qu'il découvre certaines pratiques ou certaines positions pour la première fois avec elle. Et elle ne manque pas d'imagination la jolie Chenda ! Tout est bon pour elle pourvu que le plaisir soit au rendez-vous ! Pourtant rien de choquant à mon avis dans ces dessins en noir et blanc certes très explicites (!) tant sa joie de vivre et sa jeunesse ressortent dans cet hymne au plaisir partagé !
Certes à ne pas mettre entre toutes les mains, mais à lire pour le plaisir :-))
07:00 Écrit par Cathe dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
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29 octobre 2007
Pilules bleues . - Frederik Peeters (Atrabile, 2001)
Encore une bande dessinée pour les gens qui n'aiment pas les bandes dessinées ;-) Celle-là m'a été fortement conseillée par Laurent .
Cet album raconte simplement une tranche de vie de l'auteur depuis le moment où il rencontre Cati pour la première fois jusqu'au moment où ils forment un vrai couple stable. Entretemps, la première rencontre, l'éloignement, puis la vrai rencontre amoureuse. Ils se plaisent, commencent à s'attacher l'un à l'autre mais elle doit lui dire quelque chose d'important : elle est séropositive. Et son petit garçon aussi. Comment vivre une histoire d'amour dans cette situation ? Comment aimer sans pitié, sans peur ? Comment vivre avec le traitement ?
L'auteur fait de ce sujet difficile une bande dessinée magnifique, pleine de pudeur, non dénuée d'humour (le rhinocéros blanc !), avec un dessin noir et blanc torturé mais évocateur. Il en profite pour mettre à bas quelques clichés sur la séropositivité mais l'essentiel est vraiment l'émotion qui se dégage de ce récit et qui en fait une bande dessinée inoubliable !
L'avis enthousiaste de Laurent
11:05 Écrit par Cathe dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
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