19 octobre 2011
Le disparition soudaine des ouvrières. -Serge Quadruppani (Editions du Masque, 2011)
La commissaire italienne Simona Tavianello, dont nous avions fait la connaissance dans Saturne, est en vacances avec son mari mais alors qu'ils vont acheter du miel, ils trouvent un homme assassiné. C'est le responsable locale d'une grosse entreprise d'agroalimentaire. L'apiculteur est-il coupable ? Pourquoi a-t-on trouvé un tract signé "La révolution des abeilles" sur le corps ? Et surtout pourquoi des ruches sont-elles régulièrement vandalisées ?
A l'heure où l'on parle beaucoup de la disparition d'un grand nombre d'abeilles suite à l'utilisation massive de pesticides, le sujet est d'actualité. Dans ce coin d'Italie, les passions sont exacerbées. L'entreprise est montrée du doigt. L'apiculteur est à la tête d'une association protégeant les abeilles. Un scientifique spécialiste du sujet fait des expériences. Et la police locale a bien du mal à garder sa neutralité.
Serge Quadruppani réussit à nous donner des frissons à propos de l'avenir du monde et du rôle que certains grands groupes mal intentionnés pourraient y jouer. Que viennent faire des abeilles pacifiques et innocentes là-dedans ? Je vous laisse le découvrir dans ce très bon polar qui sent bon l'Italie !
Merci à Babelio
Les avis très positifs de Moissons noire, et JMLaharrère
05:21 Écrit par Cathe dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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07 juin 2011
L'armée furieuse. - Fred Vargas (Vivane Hamy, 2011)
Une femme demande à être reçue par Adamsberg. Elle affirme que sa fille a eu une vision, celle des hommes de "L'armée furieuse", l'histoire plusieurs fois séculaire d'une armée en déroute qui annonce la mort de quatre personnes dans le village. Perplexe, Adamsberg part en Normandie enquêter là-bas et rencontre une série de personnages originaux, dont le commissaire Emeri, descendant d'un maréchal de Napoléon. Et, parallèlement, il doit résoudre une affaire à Paris où un vieil industriel richissime a été brulé vif dans sa voiture. Le coupable présumé, un jeune délinquant, ne semble pourtant pas avoir la carrure d'un tueur de vieux riche !
On retrouve dans ce roman les personnages qui nous ont ravis précédemment. Le très cultivé Danglard, le versificateur Veyrinc, l'extraordinaire Retancourt, et Zek, le fils (adulte) d'Adamsberg que celui-ci a découvert dans le précédent récit. La fantaisie de Vargas est toujours présente et, si l'on entre dans son univers, on se régale à ses aventures policières très lentes et très originales. En revanche, comme le dit Emeraude, si l'on entre pas dedans, je suppose que ça agace... Moi je suis une inconditionnelle et je me force à déguster ses récits au rythme de l'enquête (donc sur plusieurs jours...) et à me régaler de ses trouvailles stylistiques pleines d'humour et de dérision !
05:17 Écrit par Cathe dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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29 avril 2011
Les Harmoniques. - Marcus Malte (Série noire, Gallimard, 2011)
Mister est pianiste de jazz. Bob, son meilleur ami, est chauffeur de taxi complètement fondu de jazz lui aussi. Véra était leur amie, elle avait 26 ans, on a retrouvé son corps calciné dans un entrepôt. La police conclut à un règlement de comptes, mais Mister et Bob font leur enquête. Rapidement la piste de la filière slave apparait, mais avec elle aussi le monde de l'art et celui, plus dangereux, de la politique.
Marcus Malte réussit comme d'habutude à nous faire entrer dans un univers à part, ici celui du jazz qui rythme toute l'enquête. L'écriture est ciselée, les dialogues soignés. Le propos est amer, l'appât de l'argent est omniprésent et la corruption inévitable. Le roman est donc très noir, mais un peu de musique vient adoucir l'ensemble...
05:23 Écrit par Cathe dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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22 mars 2011
Le gendarme scalpé. - Thierry Bourcy (Folio policier, 2011)
Nous somme en 1918. Même si les soldats sentent que les Allemands faiblissent, c'est encore la guerre, les combats sont toujours aussi violents et les Américains qui viennent d'arriver subissent aussi beaucoup de pertes. C'est dans ce contexte qu'un gendarme est retrouvé assassiné et scalpé dans une église. Célestin Louise est appelé pour enquêter. Il découvre que ce gendarme enquêtait sur une affaire vieille de dix ans où un braqueur de banque avait été laissé en liberté. Il découvre aussi qu'il y a des soldats américains d'origine indienne qui connaissent bien ce rituel du scalp...
Comme dans les quatre précédents volumes, Thierry Bourcy fait un travail documentaire très intéressant sur les années de guerre. Ici on ressent bien que les soldats n'en peuvent plus après quatre ans passés dans les tranchées et ces derniers mois sont insupportables. Heureusement l'aide des Américains et l'épuisement des Allemands mettent un terme à cette boucherie. L'intrigue est classique mais bien menée et sert de prétexte à évoquer cette douloureuse période.
Hélas nous ne reverrons plus ce très sympathique héros puisque la guerre est finie et cette série aussi ! Mais il va rejoindre les célèbres Brigades du Tigre et ce serait une bonne idée de faire une série avec ces Brigades ....
06:00 Écrit par Cathe dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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18 mars 2011
La rivière noire. - Arnaldur Indridason (Métailé noir, 2011)
Voilà un polar islandais pour fêter le Salon du livre de Paris consacré aux littératures nordiques.
Un homme est retrouvé mort chez lui, égorgé. Il a sur lui un médicament qui, mélangé à de l'alcool, rend amnésique pendant quelques heures, on l'appelle la drogue du violeur. Visiblement il a eu des rapports sexuels dans la nuit. Est-ce la femme qui l'a tué, mais avec quelle arme et qui est cette femme... Le commissaire Erlendur étant en vacances, c'est son adjointe Elinborg qui va mener l'enquête.
Curieusement c'est le premier roman policier que je lis de cet auteur. Pendant quelques années j'ai eu une overdose de policiers et n'en ai plus lus du tout, j'ai donc raté La cité des jarres et autres Femme en vert quant il sont parus. Je n'ai donc pas de point de comparaison avec ses autres livres. Et je dois dire que je suis assez déçue par celui-ci. En effet, même si l'intrigue est bien menée et que l'on a envie de connaître la fin (c'est déjà bien, me direz-vous), c'est une enquête d'un grand classicisme. Et même l'arrière-plan social qui est, je crois, caractéristique de cet auteur, ne transparait pas beaucoup ici. Donc je sais ce qu'il me reste à faire : lire les précédents polars d'Indridason !
06:04 Écrit par Cathe dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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01 février 2011
L'écriture sur le mur. - Gunnar Staalesen (Gaïa, 2011)
A Bergen, Norvège, un juge est retrouvé mort dans un hôtel vêtu de lingerie féminine. En même temps, Varg Veum, détective privé, est appelé à travailler sur une affaire de disparition. Une adolescente a quitté le domicile familial depuis plusieurs jours. L'enquête est difficile à mener, les amies de l'adolescente ne savent rien ou n'osent rien dire...
J'avais lu les premières enquêtes avec Varg Veum puis m'étais lassée de ces récits trop classiques avec un détective un peu paumé et très alcoolo, trop classique lui aussi. Je suis agréablement surprise par ce dernier opus. Varg s'est un peu rangé des voitures, il a une petite amie officielle et ne boit plus d'aquavit. L'intrigue peut donc se concentrer sur les péripéties elles-mêmes et bien sûr surtout sur la critique de la société norvégienne qui est la coeur de cible des auteurs de polars nordiques. J'ai trouvé qu'il y avait un bon suspense, une chute pas mal du tout, d'ailleurs je l'ai lu d'une traite, ce qui est bon signe ;-)
Merci à Babelio
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05 novembre 2010
Le septième fils. - Arni Thorarinsson (Métailié, 2010)
Einar, le correspondant du Journal du soir de Reykjavik, est envoyé dans la région des fjords, dans l'Ouest de l'Islande. Mais il ne s'y passe pas grand-chose, juste une maison incendiée (accident ou malveillance ?), une tombre profanée et le vol d'un camping-car à des touristes lituaniens. Mais quand un ex-champion de football (fêtard et "tombeur") est trouvé mort dans ce camping-car avec son meilleur ami, tout s'emballe...
C'est le premier livre que je lis dans cette série (c'est le 3è avec Einar) mais ce n'est pas gênant du tout. Einar est un journaliste attachant, intègre dans son travail et faisant pas mal d'auto-dérision sur lui-même. Cette enquête nous permet de découvrir une Islande qui a beaucoup changé et qui est maintenant en plein dans la "mondialisation", la consommation à outrance et le désir de réussite à tout prix de ses habitants (les jeunes surtout...). Sans être inoubliable, c'est un très bon roman noir qui montre bien la société islandaise avec ses atouts et ses problèmes. Les noms islandais sont redoutables mais avec le contexte on comprend de qui il s'agit...
L'avis de Yv, de polarpolaire, de cathulu
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| Tags : islande |
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15 octobre 2010
Saturne. - Serge Quadruppiani (Le Masque, 2010)
Un meurtre a lieu à Saturnia, lieu de thermes italiens : quelqu'un tue trois personnes au hasard et en blesse plusieurs autres. Les conjoints, père, frère, amant décident de se regrouper pour trouver le ou les coupables. Le tueur était un homme seul, un détective présent par hasard sur les lieux a filmé la scène. D'ailleurs il est aussitôt "recruté" par le groupe pour mener l'enquête. La revendication d'Al-Qaïda n'est pas prise au sérieux, la police italienne privilégie plutôt la piste de la mafia locale dont un membre était aux thermes ce jour-là. Pour cela elle demande à la commissaire Simona Tavianello d'enquêter. Mais celle-ci apprend en même temps la mort d'un puis de deux de ses anciens collègues et amis. On comprend vite que le commanditaire vient de plus haut, de très haut. Politique, finances, pouvoir..., qui tire les ficelles ?
Serge Quadruppani, que l'on connait mieux comme traducteur de polars italiens, réussit brillamment à nous faire entrer dans ce polar qui n'est ni un thriller ni un roman politico-financier. Ce sont bien les héros lambda qui mènent l'enquête et on constate que les commanditaires ont eux-mêmes des commanditaires plus puissants, et ainsi de suite... Dans cette enquête tout sauf classique, chaque personnage est soigneusement caractérisé, souvent avec humour. Le tout donne un polar enlevé et surtout original, ce qui est rare de nos jours !
Merci à Babelio et Masse critique
L'avis de Moisson noire
17:35 Écrit par Cathe dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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31 août 2010
Les courants fourbes du lac Tai. - Qiu Xiaolong (Liana Levi, 2010)
Chen, inspecteur principal et amateur de poésie, se voit proposer un séjour dans une luxueuse résidence au bord du lac Tai. Ce lieu est réservé aux cadres du Parti, aussi Chen apprécie cet honneur et compte bien se reposer. Mais il ne peut s'empêcher de s'intéresser à un drame qui vient d'avoir lieu : le directeur de la plus grande usine de la région vient d'être assassiné. Parallèlement il rencontre une charmante jeune femme, ingénieur dans le domaine de l'environnement, qui a remis un rapport dénonçant la pollution du lac créée par les déchets toxiques qui y sont versés. Cette usine est le plus grand pollueur. L'assassinat du directeur a-t-il un lien avec cet état de fait ?
Comme d'habitude les romans policiers de Qiu sont des prétextes pour mettre en avant un aspect de la Chine actuelle. Dans celui-ci nous voyons les désastres d'une industrialisation à outrance qui privilégie le profit au détriment de l'environnement. Ces romans policiers sont extrêmement attachants avec leurs intrigues ancrées dans le monde actuel et leurs références à la Chine traditionnelle et à la poésie, et celui-ci est un très bon cru !
J'attends bien sûr le commentaire avisé d'InColdBlog ;-)
06:00 Écrit par Cathe dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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29 juillet 2010
Aime-moi, Casanova. - Antoine Chainas (Folio policier, 2010)
Je tire ce blog de son sommeil estival pour faire ce billet que j'avais promis à Babelio / Masse critique...
Milo Rojevic, dit Casanova, est un policier trash, qui flirte avec la loi, si j'ose dire, pour assouvir sa passion dévorante : le sexe et les femmes ! (le premier avec les secondes...). Tout est soumis à ses désirs, sa vie personnelle bien sûr, son échec conjugal, mais aussi sa vie professionnelle puisqu'il a l'habitude de laisser tout faire à son collègue, Giovanni, pendant qu'il vaque à ses occupations. Mais celui-ci a disparu depuis plusieurs jours alors qu'il était sur une affaire difficile, et c'est lui que son chef charge de retrouver Giovanni. Il ne peut pas dire non, pour une fois il ne peut pas reculer. Il doit maitriser ses pulsions et refaire pas à pas le chemin qu'a pris son collègue pour remonter les traces de cette affaire qui l'amènera de bagarres sanglantes en échanges de coups de feu et en perversions sexuelles...
Antoine Chainas fait partie du trio des nouveaux auteurs de romans noirs français, avec Caryl Ferey et Doa, et j'avais hâte de découvrir un de ses romans. Je dois dire que je suis perplexe. Certes le terme noir est approprié puisque les descriptions de la société, de la police, des états d'âme de Milo, tout nous entraîne aux confins les plus sombres de l'âme humaine. Désirs exacerbés, passions violentes, revanches, drogue, blessures volontaires, sexe trash, .... On est pris dans cette tourmente qui ne s'arrête qu'avec la fin du récit. Mais bien qu'habituée aux violences de certains romans noirs, ceux de Ferey notamment, j'ai trouvé celles-là quand même trop complaisantes. Là où Ferey met en scène des scènes très dures mais qui sont la conséquence d'une societé elle-même très dure, Chainas présente des scènes à la limite du soutenable et sans que le dénouement apporte un quelconque apaisement ou une quelconque explication.
Je viens de relire le billet de Papillon et je suis complètement d'accord avec elle ! Sans doute nous faudra-t-il un autre livre de Chainas pour mieux l'apprécier !
En tout cas merci à Babelio / Masse critique pour la lecture
15:20 Écrit par Cathe dans Roman policier | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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