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Les routes de l'imaginaire - Page 34

  • Cartes postales de l'enfer. - Neil Bissoondath (Phébus, 27 août 2009)

    cartes postales de l'enfer.gifLe narrateur, « Alec », nous prévient d’emblée qu’il a des secrets, d’ailleurs qui n’en a pas ? Lui ses secrets c’est d’abord d’avoir menti à ses parents. Pour les rassurer il leur a fait croire qu’il était simple peintre en bâtiment alors qu’il avait de plus hautes ambitions. Puis, après leur mort, il s’installe réellement comme décorateur d’intérieur à Toronto, et là il se rend compte que sa douceur et son physique le font ressembler à un homosexuel, et justement c’est une clientèle potentielle très intéressante. Il jouera donc au décorateur homosexuel pour garder ce travail passionnant et rémunérateur.
    Sumintra aussi a des secrets. Elle est d’une famille indienne installée au Canada, elle respecte ses parents mais veut continuer ses études et surtout refuse tout mariage arrangé avec un Indien. Quand elle rencontre Alec, elle est séduite mais elle craint par-dessus tout que ses parents l’apprennent. Elle aussi doit garder le secret…

    Voilà un roman qui va au fond des sentiments et des émotions, aussi bien pour Alec que pour Sumintra. Leurs motivations, leurs mensonges, leurs passions sont analysés avec beaucoup de sensibilité et l’auteur met très bien l’accent sur l’image que l’on a de soi-même et celle que l’on veut donner aux autres. Les personnalités sont attachantes et la question de l’intégration des femmes indiennes en dehors de l’Inde (que l’on retrouve dans de nombreux romans indiens) est traitée ici avec finesse. Une belle découverte pour moi car je n’avais rien lu de Neil Bissoondath qui a déjà publié sept romans.

    L'avis de Cuné ici

     

  • Biographie de Pavel Munch. - Pascal Morin (Le Rouergue, 19 août 2009)

    biographie de pavel munch.jpgC’est dans une exposition que le narrateur rencontre pour la première fois les œuvres de Pavel Munch, des sculptures puissantes qui le bouleversent. Ensuite il n’aura de cesse de tout savoir sur leur auteur et de le rencontrer. De son enfance nous saurons que, délaissé par sa mère, il se rapprochera d’une Anglaise originale, Roberta, qui encouragera son sens artistique. Adolescent il souffrira, en pension, de ne pas être conforme aux autres enfants. Il faudra attendre qu’il commence à faire les Beaux-Arts, qu’il prenne conscience de sa profonde originalité, et qu’il apprivoise son corps et ses désirs pendant un été, pour que naisse le sculpteur Pavel Munch. Sa personnalité hors du commun et sa manière particulière de travailler la terre feront sa célébrité.

     

    C’est à une véritable enquête que se livre le narrateur pour écrire une biographie de ce sculpteur. Les personnes rencontrées, les lieux visités, tout sera nécessaire pour dresser un portrait de cet artiste.

     

    Pascal Morin fait ici œuvre de biographe et d’écrivain puisque ce Pavel Munch n’existe que dans son imagination. Pourtant tout est là pour nous tromper puisque le narrateur du livre s’appelle bien Pascal Morin. C’est donc à un jeu de miroir qu’il nous entraine pour aller au plus profond de ce qui fait l’artiste, c’est-à-dire ses désirs cachés, sa personnalité profonde, son enfance… 

     

    J'ai aimé la sensibilité de ce récit qui nous plonge dans le moi profond d’un créateur tourmenté. Les images qu'il fait naître me sont longtemps restées en mémoire.

     

    Les avis de Leiloona et de Telerama

     

  • Le château d'Amberville. - Thierry Bourcy (Folio policier, 2009)

    le chateau d'amberville.gifTroisième volume des enquêtes de Célestin Louis, inspecteur de police parti au front pendant la première guerre mondiale. Le récit commence par un parcours de reconnaissance où les soldats doivent aller voir où commencent et où se terminent exactement les fronts alliés et ennemis. Célestin Louise est grièvement blessé et est évacué à l'arrière dans un château transformé en hôpital. Ses habitants, un vieil homme, sa fille et ses domestiques, y habitent encore. Mais un soldat blessé est retrouvé noyé dans le plan d'eau. Et, peu de temps après, un autre soldat est retrouvé mort. Visiblement quelqu'un cherche à assassiner les soldats. Face à l'incompétence de la police locale, Célestin mène seul son enquête...

    Voilà encore un récit agréable à lire où le quotidien des blessés est bien décrit. On est pris par le romanesque de l'histoire qui fait un peu oublier le contexte, mais les combats sont toujours là, violents et barbares. J'attends avec impatience que les deux autres volumes paraissent en poche.

    A découvrir : une interview de Thierry Bourcy par Yann de Moisson noire ici.

  • L'arme secrète de Louis Renault. - Thierry Bourcy (Folio Policier, 2006)

    arme secrete de louis renault.gifDeuxième volume de cette série qui nous entraine dans les tranchées de la guerre de 14-18 avec Célestin Louise, jeune inspecteur de police qui a choisi de partir au Front plutôt que de rester planqué à Paris. Ici le ton est un peu moins dur que dans le premier volume car Célestin est appelé à Paris pour mener une enquête. Louis Renault, le célèbre constructeur automobile, s'est fait voler les plans de sa dernière invention : un petit char très maniable qui éviterait de nombreux morts pendant les percées vers le Front allemand. Qui aurait intérêt à voler ces plans, et surtout qui pourrait bien les acheter ? Célestin doit enquêter sur l'entourage de Louis Renault, notamment sur sa femme, une célèbre cantatrice.

    Dans ce volume, c'est surtout la vie à Paris pendant la guerre qui est évoquée. Malgré quelques privations, les Parisiens vivent presque normalement, et Célestin ne trouve pas les mots pour essayer de faire comprendre qu'à quelques dizaine de km les soldats vivent un véritable enfer. Comme les rescapés des camps de concentration plus tard, les soldats d'une part avaient du mal à parler de ce qu'ils vivaient dans les tranchées, et surtout personne ne voulaient les écouter ou les croire ! Cette partie est vraiment très bien rendue et, comme dans le premier, l'intérêt documentaire donne vraiment tout son intérêt à cette série qui se lit très bien.

  • La cote 512. - Thierry Bourcy (Folio policier, 2005)

    cote 512.gifCélestin Louise est un jeune inspecteur de police à Paris et il aurait pu rester en poste quand la première guerre mondiale éclate. Il préfère s'engager et se retrouve dans les tranchées à Verdun sous les ordres d'un jeune lieutenant, Paul de Mérange. Au cours d'une offensive, ce dernier est tué juste à côté de Célestin, et celui-ci se rend compte que la balle a été tirée de la tranchée française. Même si les morts sont nombreux, il ne supporte pas que l'on attribue à la guerre ce qui est quand même un assassinat. Il fera tout ce qu'il pourra pour retrouver le corps, identifier la balle, essayer de mieux connaître la vie privée de Morange afin de comprendre ce qui s'est passé et de faire éclater la vérité.

    Cet auteur m'avait été conseillé par Yann de Moisson noire  après ma lecture de Tranchecaille, sur le même thème, et je le remercie car j'ai eu un coup de coeur pour cette série (autres billets à venir bientôt). L'intrigue est plaisante et bien menée, mais c'est surtout le contexte qui est traité de manière étonnante. L'auteur s'est très bien documenté, c'est certain, et il nous livre une vision vivante, réaliste et hélas vraiment terrible de la vie dans les tranchées. Les personnages récurrents sont bien caractérisés et chacun réagit selon son caractère et son histoire personnelle à la peur face à la mort et la douleur. Le retour à la vie civile pendant les permissions est particulièrement émouvant, on ressent vraiment l'incompréhension des civils face à ces soldats qui cotoient l'horreur chaque jour et le décalage complet des soldats pendant ces quelques jours de repos. Le style n'est pas extraordinaire mais la manière quasi documentaire qu'a l'auteur de nous faire vivre ces moments vaut vraiment que l'on découvre ces romans.

    Cinq livres de cette série sont parus, dont trois en poche que je me suis dépêchée d'aller acheter pendant mes vacances (donc je n'ai pas lu les livres que j'avais apportés,.. comme d'hab quoi !)

    Le billet de Yann sur Moisson noire ici

     

  • Le naufrage du Titanic et autres écrits sur la mer. - Joseph Conrad (Arléa, 2009)

    le naufrage du titanic.gifJoseph Conrad est surtout connu pour les magnifiques Lord Jim, Typhon et Au coeur des ténèbres, mais avant d'écrire il a navigué. Engagé à 17 ans dans la marine marchande, il naviguera plus de vingt ans avant de choisir l'écriture.

    Quand le Titanic sombre, il a 55 ans et observe les événements avec distance. Pourtant le marin qui demeure en lui ne peut s'empêcher de se mettre en colère : comment a-t-on pu embarquer autant de passagers avec aussi peu de canots de sauvetage, pourquoi dit-on que le capitaine aurait du "foncer droit dessus" quand il a vu l'iceberg. Autant de motifs de se mettre en colère sur ce qui était déjà la logique économique au service de la mode des voyages et du tourisme (il déteste le tourisme...), et cela au détriment d'un élément essentiel en navigation : la sécurité !

    Mais les neuf textes  inédits en français qui composent ce recueil ne sont pas tous sur le Titanic. Conrad aime parler de sa passion, la mer, et il en parle très bien. Dans sa Pologne natale, il rêvait déjà devant les cartes géographiques et les récits d'explorateurs. Et le rêve de sa vie, qu'il a d'ailleurs concrétisé, était de remplir les espaces vides des cartes. Il y avait encore des terres à explorer et il voulait être le premier sur certaines de ces terres.

    J'aime beaucoup les récits de voyages et Conrad est l'un des premiers qui m'ait donné ce goût, aussi j'ai été très heureuse de découvrir ces textes inédits (mais j'ai lu que certains avaient été publiés en 2007 chez un autre éditeur). Je trouve que les plus beaux voyages sont dans les livres (de voyage par exemple...) et les textes de Conrad sur son propre goût du voyage m'ont ravie !

     

    bonnes vacances.jpg


    Bien que je ne parte que dans plusieurs jours, ce billet sera le dernier avant mes vacances car je suis dans les livres de la rentrée. Rendez-vous autour du 15 août pour des billets de lectures de vacances, et bonnes vacances à tous et à toutes !

  • Bloganniversaire des 4 ans !

     

    gateau anniversaire.jpg

    Oui déjà quatre ans que ce blog existe, quatre ans de notes de lectures et surtout de partages, d'échanges et de rencontres. Notons pour cette année les blogs d'Armande, Aifelle et Dominique qui ont pris une belle place dans mon Netvibes.

    Je suis toujours très heureuse de lire vos billets et vos commentaires, et aussi de faire mes billets.. donc on repart pour une année :-)


    NB : peu de billets en ce moment car je lis les romans de la rentrée, donc il faudra attendre fin août -début septembre les dates de parution pour faire les billets.

  • Je suis très à cheval sur les principes. - David Sedaris (Ed de l'Olivier, 2009)

    je suis tres a cheval.jpgDavid Sedaris est américain mais vit une partie de l'année à Paris et en Normandie. Il a écrit plusieurs livres et se produit également en spectacle. Dans ce livre, découpé comme autant de sketches, il évoque des situations de sa vie étonnantes, ridicules, extravagantes... Il a surtout du talent pour se moquer de lui-même comme on peut le voir dans de nombreuses pages. Ou comment peut-on se passionner pour les araignées pendant un séjour en Normandie au point de ramener une ariagnée à Paris, mais là comment lui trouver suffisamment de mouches à manger chaque jour, à moins d'aller faire les poubelles dans un jardin public.... Ou comment lancer par mégarde une pastille pour la toux dans le décolleté de sa voisine d'avion, voisine qui est déjà fâchée avec avec vous car vous n'avez pas voulu changer de place... Ou pourquoi il adore les documentaires animaliers.

    Cune en avait déjà parlé ici avec enthousiasme et une collègue l'avait aussi loué en Comité de lecture, aussi je l'ai pris pour le lire par petit bout pendant mes pauses déjeûner. Je dois dire que je n'ai pas été aussi emballée que je l'espérais. Je pensais trouver un humour à la Stephen McCauley mais, à part quelques épisodes vraiment drôles et légers comme l'araignée, le reste traîne un peu en longueur. Donc quelques bons moments mais lisez plutôt l'avis de Cuné...

  • 200 répliques cultes du cinéma. - Vincent Mirabel (First Editions, 2009

    200 repliques cultes.gifDepuis "Comment Salomon vous êtes juif" jusqu'à "Thérèse n'est pas moche, elle n'a pas un physique facile" en passant par "Je sens que j'ai une ouverture", on navigue dans toute l'histoire du cinéma dans ce (tout) petit livre (8X12 cm, 150 pages, 2,90 €). On les a souvent en tête, on les a parfois oubliés... Voilà un bon moyen de se remémorer tous ces films. Un bémol de la part de l'adolescent de la maison : il y a trop de films anciens et pas assez de récents (je traduis : il manque les OSS 117...)

    Jean-François a eu la bonne idée ici de proposer un jeu en voiture pour faire passer le temps. Le premier qui reconnaitra dix films...

    En tout cas merci à Babelio et à First pour l'envoi de ce livre

    babelio.jpg

  • Cinq bières, deux rhums. - Jean-bernard Pouy (Baleine, Le Poulpe, 2009)

    cinq bieres deux rhums.jpgJean-Bernard Pouy publie un Poulpe, quinze ans après La petite écuyère a cafté, alors bien sûr je me précipite !

    Notre ami Gabriel, Le Poulpe, traîne son ennui dans son café préféré, aussi Gérard, le patron, l'envoie en Belgique pour trouver quelques bonnes bières locales. Mais une fois là-bas, Gabriel se trouve confronté à deux morts avec des mises en scène très "couleur locale". Le premier était dans le tas de ferraille qu'une grue devait transporter d'une péniche vers une usine sidérurgique. L'autre était carrément coincé dans une écluse et est apparu au passage d'une péniche. Comme on peut le voir, les péniches et toute la mythologie qui les entoure sont très présentes dans cette partie de la Belgique limitrophe de la frontière française, une région ravagée par la crise économique et qui ne survit que par les quelques usines locales encore en activité. Qui a-t-il de commun entre ces deux morts, un jeune éducateur baba cool et un étudiant japonais ? Mais Le Poulpe est là et rend sa justice quand il trouve que l'officielle n'est pas assez diligente !

    Pouy est toujours très bon quand il met l'accent sur les laissées pour compte de la société. Ici le décor lui-même fait partie intégrante du récit et entre petite ville fantômatique et berges peuplées de péniches pleines de sable et de ferraille, l'atmosphère est bien sombre. Le Poulpe garde son humour et nous propose ses réflexions désabusées sur la vie, sur les péniches aussi qui ne sont plus ce qu'elles étaient, et où les tableaux de bord ultra-modernes ont remplacé celles de L'Homme du Picardie ! J'ai passé un bon moment de lecture mais je suis une inconditionnelle de Pouy...

    J.M. Laharrère est aussi content que moi de retrouver Pouy et son Poulpe