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Roman francophone - Page 8

  • La Montagne de minuit. - Jean-Marie Blas de Roblès (Zulma, 2010)

    9782843045202.jpgBastien est gardien dans un collège jésuite, il mène une vie très solitaire. Rose, sa nouvelle voisine, s'intéresse à lui et lui demande même de garder son fils. Elle découvre alors qu'il est passionné par tout ce qui touche au Tibet et qu'il est même un spécialiste du lamaïsme. Elle-même doit régler certaines choses dans sa vie, aussi propose-t-elle à Bastien de réaliser son rêve et de partir avec elle au Tibet. Là-bas Bastien trouve ce qu'il avait toujours cherché, mais son passé demeure toujours mystérieux....

    On est tout de suite embarqué par ce joli petit roman au thème à la fois simple et mystérieux. Ecrit presque comme un conte, il réussit à décrire à la fois des relations humaines complexes (Rose et Bastien,mais aussi Bastien et Paul, et Rose et Tom) et une passion incommensurable pour le Tibet. Ce pays fascinant est au centre d'un récit qui nous ramènera aussi aux heures les plus sombres de notre Histoire. Un petit bijou de la rentrée littéraire !

  • Où j'ai laissé mon âme. - Jérôme Ferrari (Actes sud, 2010)

    9782742793204.jpg1957. Alger. Trois personnages vont se croiser, s'affronter, s'estimer aussi. Le capitaine Degorce qui doit démanteler tout le réseau de l'ALN (Armée de Libération nationale, bras armé du FLN), un à un il arrête, interroge, torture, avec des sursauts d'humanité parfois. Il ne peut que se répéter qu'une personne arrêtée signifie des attentats en moins, donc des victimes en moins. Comment parler de cela dans les lettres à son épouse, comment exprimer ses interrogations, ses doutes. Le lieutenant Andreani qui travaille avec Degorce et joue le rôle du méchant, de celui qui torture et ne se pose pas de question. Pourtant une longue amitié lie les deux hommes et leur cohabitation sera difficile parce que plombée par la situation en Agérie. Et Tahar, commandant de l'ALN, qui sera finalement arrêté.

    Ce roman montre à travers le destin des trois hommes tous les enjeux et toutes les contradictions de la Guerre d'Algérie. Au delà des revendications nationalistes, chacun des hommes joue un rôle qu'il n'a pas forcément choisi. Degorce et Andreani ont été victimes (déportation, Dien Bien Phu,...) et deviennent bourreaux dans cette guerre qu'on a appelée la "guerre sans nom", ou "maintien de l'ordre". Tahar, lui, vit pour la libération de son pays.

    Ce roman fort et exigeant dans le sujet et dans la forme (longs monologues) restera dans ma mémoire comme un bel exemple de la frontière ténue entre le Bien et le Mal.

    L'avis de Laure, Lily  

    Merci à Obiwi

  • L'impasse. - Antoine Choplin (La fosse aux ours, 2006)

    choplin.jpgUn pays indéterminé, sans doute un pays de l'Est, qui sort d'une guerre. Deux histoire parallèles. La première se passe dans une impasse. La famille de Timour y a trouvé refuge parmi les ruines. Dans l'autre histoire, il y a Oleg Youssov, un soldat qui parcourt la ville avec ses camarades et comme eux, pille tout ce qu'il trouve, même s'il y met moins d'ardeur que les autres. Mais Oleg et Timour se sont rencontrés dans la bibliothèque de l'université presque en ruine, et ensemble ils se sont entraînés au lancer de poids, leur passion commune. Dans l'impasse la famille de Timour voit les soldats qui aprochent, les cris, les coups de feu. Que va-t-il rester de cette amitié entre Timour et Oleg dans cette confrontation...

    Découvert avec Cour Nord, et Radeau, Antoine Choplin est pour moi dans la même veine qu'Hubert Mingarelli. Avec une incroyable économie de moyen, il réussit à planter des histoires universelles et à décrire l'humanité qui demeure en tout homme même dans des situations extrêmes. Ici les relations entre les deux hommes sont subtiles car chacun sait qu'ils peuvent se rencontrer dans d'autres circonstances. Et cette circonstance se produit et donne un roman d'une incroyable densité. Cet auteur est une belle découverte pour moi cette année.

    L'avis de Laurent

     

  • Radeau. - Antoine Choplin (La fosse aux ours, 2003)

    choplin.gif1940. C'est la débâcle. Il faut absolument protéger les tableaux du Louvre. Pour cela des camions sont affrétés pour les transporter en province le plus discrètement possible. Louis est l'un de ces chauffeurs. Il est conscient de l'importance de sa mission et de sa nécessaire discrétion. Pourtant quand il voit cette jeune femme sur la route, le soir, sous la pluie, il s'arrête et l'emmène dans son camion car les circonstances sont exceptionnelles. Ou comment deux êtres se rencontrent.
    1943. La résistance s'organise. Elle est là et l'attend, inquiète.

    J'avais eu le coup de foudre pour Antoine Chopin avec Cour nord et me suis précipitée sur ce roman qui avait eu un beau succès. Le style est toujours minimaliste, l'action davantage suggérée que décrite, les sentiments effleurent à peine. Quel talent de pouvoir mettre autant de tendresse et de profondeur avec aussi peu de mots. Voilà un auteur que je continuerai à lire.

    Le radeau... c'est celui de la Méduse ;-)

    Laurent aussi est fan de Choplin.

  • Les âmes soeurs. - Valérie Zenatti (L'Olivier, 2010)

    zenatti.jpgEmmanuelle travaille, a trois enfants en bas âge. Elle rêve. Elle lit. Elle s'identifie à l'héroïne de son roman. Non elle n'est pas malheureuse mais parfois elle s'ennuie. Pourquoi ne laisserait-elle pas tout tomber, juste là, pour une journée, pour enfin avoir de nouveau cette sensation de liberté...

    La jolie plume et la sensibilité de Valérie Zenatti permettent de rendre légère et mélancolique cette histoire qui aurait pu être mièvre. Et même si ce n'est pas tout à fait mon genre de lecture habituel (les états d'âmes d'une mère de trois petits enfants, bof...), j'ai trouvé du charme à ce petit roman et je le conseillerai certainement à des adhérentes à la bib :-)

    Elles ont beaucoup aimé : Clarabel, Cathulu, Anne,

  • Cour Nord. - Antoine Choplin (Le Rouergue, 2010)

    cour nord.jpgUne petite ville du Nord dans les années quatre-vingt. L'usine est menacée de fermeture. Le personnel est en grève depuis déjà plusieurs jours et commence à être moins motivé. Léo participe faiblement à la lutte alors que son père est un des leaders syndicaux. Lui sa vie c'est le jazz et les répétitions avec les copains. Mais son père prend une décision grave, celle de faire une grève de la faim pour essayer de faire plier la direction. Léo esssaie de le soutenir mais entre eux deux cela n'a jamais été facile de communiquer.

    Avec ce petit roman Antoine Choplin réussit l'exploit d'évoquer à la fois les luttes ouvrières d'hier (et d'aujourd'hui), la colère des ouvriers menacés de licenciement, leur détermination à se battre puis le découragement qui vient peu à peu. Et aussi les relations délicates entre un père et son fils, la difficulté de dire ses émotions, les malentendus qui s'installent. De manière très sobre, avec peu de moyens, l'auteur installe une atmosphère intime et réussit à nous émouvoir sans en avoir l'air, entre deux solos de jazz...

    Laurent aussi a beaucoup aimé

  • Les derniers jours de Stefan Zweig. - Laurent Seksik (Flammarion, 2010)

    zweig.jpgQuand on apprécie les oeuvres de Zweig, on s'intéresse tôt ou tard à sa vie, et forcément on sait qu'il s'est suicidé avec sa femme en 1942 alors qu'il était en exil au Brésil. Cet ouvrage, intitulé "roman", se propose de nous rapprocher de cet auteur pendant les derniers mois de sa vie.

    Après avoir beaucoup voyagé, il décide de quitter définitivement l'Autriche en 1934 et il part s'installer en Angleterre. En 1941 il s'éloigne encore plus de l'Allemagne nazie et part aux Etats-Unis puis au Brésil avec sa deuxième femme. Déjà très déprimé par ses années d'exil londonien, il est de plus en plus affecté par les mauvaises nouvelles qui lui arrivent d'Europe. Ses amis écrivains soit s'exilent, soit se suicident. Les succès allemands sont autant de coups portés à ses idées pacifistes et il ne supporte pas d'être le témoin impuissant de cette barbarie. Très proche de sa deuxième femme, il se suicide avec elle le 22 février 1942.

    Laurent Seksik a fait des recherches documentaires sérieuses pour écrire ce livre, sa longue bibliographie en témoigne : les oeuvres autobiographiques de Zweig et aussi celles de Bernanos (que Zweig rencontre au Brésil), Schnitzler, Klaus Mann, Hanna Arendt. Je trouve en effet que l'aspect documentaire est bien traité. Les dates, les rencontres, l'état d'esprit général de l'époque sont bien reconstitués.

    C'est sur le terme "Roman" que je bute, je trouve que le côté romanesque est un peu plus faible. Quelques descriptions, promenades, réflexions de sa femme donnent en effet un côté un peu romanesque à l'ensemble mais n'éclaire pas trop non plus l'indicible. Le tout est un peu descriptif et n'ajoute pas grand-chose aux faits eux-mêmes. J'attendais peut-être davantage de lyrisme d'une biographie "romancée" (car en fait c'est bien de cela qu'il s'agit...)

    En tout cas ce livre m'a donné très envie de lire la partie d'Un monde d'hier qui se rapporte à la fin de sa vie...

    L'avis de Caroline, très enthousiaste. Il faut dire qu'elle est plongée dans Zweig en ce moment et qu'elle a même organisé un challenge Ich liebe Zweig !

  • Le Grand Loin. - Pascal Garnier (Zulma, 2010)

    le grand loin garnier.jpgMarc, divorcé, dépressif, se sent étranger à sa propre vie. Que faire, où aller.... Il va chercher sa fille Anne qui est en hôpital psychiatrique pour l'emmener au Tréport. La station balnéaire est sinistre en hiver. Anne aimerait faire l'amour avec Désiré, le beau Black qui sert au bar de l'hôtel. Mais pourquoi rentrer à Paris, pourquoi ne pas partir loin, plus loin....

    Ce roman de Pascal Garnier est, comme ses autres livres, profondément noir et en même temps profondément tendre avec ses personnages. Ils sont seuls, cherchent un sens à leur vie, veulent ressentir un peu de plaisir. Et pour cela il faut aller jusqu'au "grand loin"... Certes, comme d'habitude Garnier va lui aussi très loin dans son histoire. Cynisme, noirceur, désespérance. Quand je lui avais dit que L'A26 était vraiment noir, il m'avait répondu "Ah oui celui-là c'est de l'italien, c'est du serré", alors que dire de celui-ci... Mais je suis d'accord avec Laurent qui écrit "Il pousse le bouchon un peu loin et c’est bon !"

    L'avis de Cuné

     

  • Missak. - Didier Daeninckx (Perrin, 2009)

    missak.jpgJe remercie Babelio grâce auquel j'ai reçu ce livre. Mon mari se l'est approprié dès son arrivée, aussi c'est lui qui fait ce billet...

    "Roman, document ou docu-roman. Réalité ou fiction. Des histoires ou l'Histoire... Voilà les questions qui viennent à l'esprit à la lecture du dernier livre de Daeninckx.
    A travers le Paris des années cinquante où le Parti Communiste était encore une force de premier ordre, J.L. Dragère, journaliste à l'Humanité, est chargé de rechercher des documents retraçant la vie de Missak Manoukian. Cela va lui donner l'occasion et nous permettre de rencontrer des personnages qui ont joué un rôle dans la vie de ce Résistant et qui ont croisé ce héros méconnu dont la lettre d'adieu est à l'origine du célèbre poème d'Aragon L'Affiche rouge.

    Ceux que la période allant des années trente à l'après-guerre intéresse, trouveront dans cet ouvrage le parcours de ces Arméniens, Italiens et Polonais qui se sont mis au service de la France et sont entrés dans la Résistance au nom des valeurs qu'elle représentait.

    Ecrit sous forme d'enquête journalistique, le livre se lit facilement et avec beaucoup de plaisir."

    masse_critique.jpg

  • La solution esquimau. - Pascal Garnier (Zulma, 2006)

    la solution esquimau.gifInColdBlog m'ayant alléchée avec son billet ici, je me suis soudain rappelé que j'avais ce livre de Pascal Garnier qui m'attendait chez moi ! Je l'ai donc lu d'une traite (comme tous les Pascal Garnier !)

    Le narrateur, écrivain las de la littérature jeunesse, écrit un roman qui met à mal la morale. Louis, son héros, décide de faire comme Amélie Poulain : faire le bien autour de lui... mais pas de la même manière. Il remarque que ses amis seraient soulagés de bien des soucis s'ils héritaient, il décide donc de tuer anonymement d'abord sa mère, puis les parents de ses amis. Un peu surpris qu'ils ne débordent pas de bonheur, il continue toutefois son oeuvre philanthropique...

    Parallèlement, le narrateur se débat avec une créativité parfois en berne, une belle-fille ravissante et envahissante, des voisins gentils mais eux aussi très envahissants, et un ami désespéré. L'univers s'assombrit, la mort rôde, la fiction ne rejoindrait-elle pas la réalité ?

    Ce petit livre est comme d'habitude un régal. Plein de petites phrases qui font mouche, il se joue de la morale tout en observant avec tendresse ses personnages. La vie, ce n'est facile pour personne, surtout pas pour les personnages de Pascal Garnier... 

     L'avis enthousiaste de Laurent et ceux de Cuné et de Clarabel