Après avoir terminé Volkswagen Blues, j'étais trop triste de quitter l'univers de Jacques Poulin aussi, dès qu'un autre de ses livres m'est tombé sous la main, hop ! Cette fois le héros (Jack, toujours le même) est écrivain public. Or un jour il reçoit la visite d'un vieux monsieur qui souhaite écrire une lettre à sa femme. Elle est partie mais il voudrait lui écrire qu'il pense encore à elle et que peut-être.... Mais Jack a à peine commencé la lettre que le vieux monsieur s'en va. Intrigué Jack essaie de le suivre dans les petites rues de Québec. Il semble que son client soit un des conducteurs de carioles avec chevaux qui promènent les touristes. La vie continue, ponctuée des visites à son amie Kim qui habite juste l'étage au-dessus. Celle-ci est thérapeute mais une drôle de thérapeute : elle soigne le corps (massages, ...) et l'esprit en même temps (par la parole). Quand le vieux monsieur, un jour, revient, Jack n'est pas étonné....
Comme d'habitude chez Jacques Poulin, tout est dans l'atmosphère poétique et nostalgique qui imprègne ses romans. Dès la première page, on s'attache à ce héros écrivain public et à ce vieux monsieur. Et l'ambiance du vieux Québec achève de vous accrocher au récit. Je n'en dis pas plus : je suis une inconditionnelle de Poulin, voilà c'est tout !!!!
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Still life (de Jia Zhang Ke, avec Han Sanming, Zhao Tao, Huang Yong )
San Ming fait un voyage de plusieurs jours en bateau pour rejoindre la ville de Fengje. Il a pour toute adresse quelques lignes sur un petit morceau de carton. Mais en arrivant il se rend compte que la rue qu'il cherchait a été engloutie, comme une grande partie de la ville, sous les eaux du barrage des Trois Gorges. Des populations entières doivent quitter leur maison car le barrage doit encore s'étendre. Logé de façon sommaire, il trouve un travail comme démolisseur. Ce qu'il cherche : son ex-femme et surtout sa fille qu'il n'a pas vu depuis seize ans.... Parrallèlement Shen Hong vient à Fengje voir son mari qui l'a quittée depuis deux ans.Que l'on ne se trompe pas, ces deux histoires ne se rejoindront pas. Ici pas d'histoire convenue avec happy end obligée. Pas de drame non plus. C'est la vie la plus quotidienne qui est filmée magnifiquement par le réalisateur. Les contrastes entre le gigantisme des travaux entrepris et la vie des individus sont frappants. Le côté documentaire (car il y a aussi cet aspect) ne gomme jamais l'humanité avec lequel chaque personnage est filmé. Le rythme lent n'est jamais pesant. Le commentaire de mon mari à la sortie : "Ca, c'est du cinéma !".
Ce film a obtenu le Lion d'Or à la dernière Mostra de Venise.
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Ceci n'est pas une lettre de candidature . - Corinne Maier (Mille et une nuits, 2007)
Corinne Maier avait déjà secoué le cocotier du politiquement correct avec son essai Bonjour Paresse, un ouvrage cinglant sur la grande entreprise et la manière dont celle-ci encourageait la passivité et l'inertie plutôt que l'initiative et l'intelligence. Pour cela, elle avait été licenciée de l'entreprise où elle travaillait (EDF).Deux mois après son départ, une annonce paraît dans Le Monde, celle de son poste à pourvoir. A la lecture de l'intitulé qui laisse présager de hautes responsabilités et un travail exaltant, et qui exige des diplômes et des compétences particulièrement élevés, elle a l'idée de postuler .... Et d'imaginer toutes les réponses que l'on aurait envie de faire à ce genre d'annonce ! Suivent une trentaine de lettres de candidature fictives mais disant, comme l'indique le sous-titre du livre, "tout ce que vous aimeriez écrire à un recruteur sans oser poster la lettre" ! Par exemple que vous préférez vivre avec moins d'argent mais profiter de vos enfants et de votre maison. Ou que vous aimeriez bien connaître les compétences du chasseur de têtes qui est chargé du recrutement ! Ou que vous avez les compétences et que vous travaillez à EDF, mais que la société préfère recruter à l'extérieur que promouvoir ses agents !
Ou comment, en ces temps où on exalte "la France qui travaille", "les Français qui se lèvent tôt" et les "profiteurs qui touchent le RMI", cela remet les choses en place ! On ne peut pas dire que ça remonte le moral car on rit plutôt jaune, mais il fallait le dire et elle l'a fait ! Décidément j'apprécie de plus en plus Corinne Maier !