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  • Poème en chaîne

    Bonne idée que cette chaîne de poèmes proposé par Jos le Livrophile.


    Je vais rester classique avec


    L'Invitation au voyage de Baudelaire.



    Ce poème m'a toujours suivie. Je l'ai eu comme texte à étudier au Bac de français. Ensuite j'ai découvert la mise en musique qu'en avait fait Henri Duparc et l'interprétation de Jessie Norman a été un de mes premiers achats classique. Puis j'ai découvert la version de Régine Crespin que je réécoute régulièrement. La musique de Duparc me semble maintenant indissociable de ce poème !

     

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    (Luxe, calme et volupté, par Henri Matisse)



    Mon enfant, ma soeur,
    Songe à la douceur
    D'aller là-bas vivre ensemble !
    Aimer à loisir,
    Aimer et mourir
    Au pays qui te ressemble !
    Les soleils mouillés
    De ces ciels brouillés
    Pour mon esprit ont les charmes
    Si mystérieux
    De tes traîtres yeux,
    Brillant à travers leurs larmes.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Des meubles luisants,
    Polis par les ans,
    Décoreraient notre chambre ;
    Les plus rares fleurs
    Mêlant leurs odeurs
    Aux vagues senteurs de l'ambre,
    Les riches plafonds,
    Les miroirs profonds,
    La splendeur orientale,
    Tout y parlerait
    À l'âme en secret
    Sa douce langue natale.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Vois sur ces canaux
    Dormir ces vaisseaux
    Dont l'humeur est vagabonde ;
    C'est pour assouvir
    Ton moindre désir
    Qu'ils viennent du bout du monde.
    - Les soleils couchants
    Revêtent les champs,
    Les canaux, la ville entière,
    D'hyacinthe et d'or ;
    Le monde s'endort
    Dans une chaude lumière.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

     

  • Non-dits. - Gisèle Fournier (Folio / Editions de Minuit, 2000)

    medium_9782070315284.gifQuand Mathilde revient trente ans après dans la ferme qui a été celle de ses vacances d'enfant, tout lui revient par bribe : sa mère, au caractère instable, son père mort subitement dans la grange, sa tante célibataire autoritaire et revêche, son autre tante (trop ? )soumise, son oncle silencieux et travailleur. Mais quelle était cette sensation de malaise omniprésent, pourquoi les pleurs de l'une, les cris de l'autre, les coups d'oeil à la dérobée ?

    Dévoilées par petites touches, chapitre après chapitre, par les voix de chacun des acteurs, les relations familiales étaient en fait construites autour de non-dits, de manigances, de secrets de famille qui n'en étaient pas pour tout le monde, de situations reproduites à l'insu ou non des protagonistes.

    D'une écriture minimaliste pour les sentiments mais lyrique pour la nature environnante, Gisèle Fournier nous livre peu à peu les clés de cette "tragédie antique" où chacun reconnaitra les secrets qu'abrite chaque famille. A lire d'une traite (c'est ce que j'ai fait hier soir !) pour s'immerger dans l'histoire !

     Je vous laisse découvrir le très bon texte de Moustafette qui m'a donné l'envie urgente de le lire ! Et celui d'Amandine.