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  • Un jour avant Pâques . - Zoya Pirzad (Zulma, août 2008)

    c4586b82dc1ee8c8be4b8fd4c9391f23.gifCe récit se déroule sur trois périodes de la vie du narrateur. Son enfance d'abord, dans un petit village au bord de la mer Caspienne. Une amie d'école, des petits plaisirs, des gros chagrins. Mais lui est arménien et doit respecter tous les rites de la tradition arménienne. Et elle, Tahereh, est musulmane et fille du concierge de l'école. Nous retrouvons le narrateur à l'âge adulte à Téhéran, marié avec Marta qui s'est tellement bien intégrée à sa famille. Mais quand leur fille Alenouche leur annonce qu'elle va se marier avec Bahzad, le garçon le plus intelligent de l'université mais de religion musulmane, tout le poids de la tradition réapparait et c'est un drame pour Marta. Troisième partie, Marta est morte, le narrateur est seul, plus ou moins fâchée avec sa fille. Sa seule amie est Danik, sa collègue. mais elle aussi cache un drame lié à l'amour et à la religion.


    Ce récit est écrit avec beaucoup de sensibilité et avec le style élégant de l'auteur que j'avais déjà remarqué dans Comme tous les après-midi. Davantage que les souvenirs eux-mêmes, c'est vraiment l'évocation de la vie de la communauté arménienne en Iran qui est originale. Soucieuse de garder ses traditions, elle cultive les liens familieux et le respect des rites (de très beaux passages sur les rites liés aux fêtes de Pâques) mais rejette toute alliance avec une autre communauté. Les personnages de femmes sont magnifiques mais je dois dire que j'ai quand même ressenti un sentiment de "trop peu"  avec ce petit récit de 127 pages  et tout ce que l'on aurait envie de connaître de la vie de ces femmes.


    Les avis de Clarabel, Naina, Laure, Cuné

  • Où on va, papa ? - Jean-Louis Fournier (Stock, août 2008)

    39c80125bb8963b722b8fe0a118b503c.gifJean-Louis Fournier a l'habitude de nous proposer des romans grinçants, à l'humour souvent noir, ou des récits de vie où il se moque de lui-même avant de se moquer de son prochain. Il ne déroge pas à la règle ici, sauf qu'il s'agit de ses garçons qui sont handicapés tous les deux. Oui, deux enfants handicapés, c'est "pas d'chance " en effet. Mais cela présente aussi des avantages. La vignette gratuite qui lui a permis de rouler dans des grosses voitures américaines. Pas de souci à l'adolescence, pas de problème d'orientation littéraire ou scientifique. Ils vont à l'institut médico-éducatif tout le temps. Et à Noël les cadeaux ce sont des cubes et des peluches. Mais le parent de deux enfants handicapés a aussi des devoirs. Il ne doit pas plaisanter avec le handicap. Il ne doit pas rire des bêtises de ses enfants. Il ne doit pas faire d'humour sur ce sujet.....

     

    Il y a bien sûr du Pierre Desproges dans ce récit, d'ailleurs Desproges avait accompagné Fournier à l'I.M.E. de ses enfants. "On peut rire de tout mais pas avec tout le monde" disait-il. Fournier choisit pour la première fois de parler à tout le monde de ses enfants mais il fait tout pour ne pas que l'on ait la larme à l'oeil. Il prend de la distance. Il se moque. Malgré tout on sent bien sûr l'immense douleur d'un père qui se reproche de ne pas toujours avoir été patient, de ne pas avoir été assez présent. Mais que Fournier ne m'en veuille pas, j'ai été très émue par son livre, certainement plus qu'un récit mélo sur le sujet !


    L'avis tout aussi entousiaste d'Ys