Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Le boulevard périphérique . - Henry Bauchau (Actes Sud, 2008)

    6055f30ff965cc22700352c01b4d511c.gifEntre deux romans de la rentrée, j'ai lu ce livre que je gardais précieusement car, pour avoir beaucoup aimé L'enfant bleu,  je me doutais que celui-là allait beaucoup me plaire.


    En effet, j'ai tout de suite été prise par le style de l'auteur qui nous entraîne dans une double histoire. La première se déroule à Paris dans les années 80. Le narrateur va chaque jour rendre visite à sa belle-fille qui est traitée pour un grave cancer dans un hôpital au nord de Paris. Le périphérique qu'il va prendre quotidiennement va devenir le symbole de ces journées. De plus en plus proche de cette belle-fille avec laquelle il avait d'abord eu du mal à communiquer, cette proximité avec la mort lui rappelle un de ses amis de jeunesse. C'était au début de la guerre et Stéphane, après lui avoir tout appris de l'escalade et du dépassement de la peur qu'elle implique, s'engage dans la Résistance. Il est découvert mort quelque temps plus tard. C'est à la fin de la guerre que son "meurtrier", un SS en fin de vie, souhaitera appeler le narrateur pour lui parler de Stéphane et de ses derniers jours.


    C'est avec un sens extraordinaire de l'introspection que Bauchau fait revivre les émotions de ces événements (probablement en grande partie autobiographiques). L'approche de la mort est le thème central du livre et Bauchau fouille au plus profondément de lui pour l'exprimer par des mots. Mais c'est aussi une réflexion sur le sens de la vie, sur le temps qui passe, le bilan d'une vie, et aussi sur les relations entre un père et son fils quand celui-ci est adulte. C'est vraiment l'universalité de la pensée qui donne au livre sa profondeur. L'expérience de l'auteur devient celle de l'homme en général et on ne peut qu'y être sensible et surtout admirer le style magnifique de l'auteur. Vraiment Bauchau est un auteur majeur dont je n'ai heureusement pas encore lu tous les récits, et ce livre est sans doute le meilleur ou en tout cas un des meilleurs romans de l'année.

     

    L'avis tout aussi enthousiaste de Sylire, de Bellesahi, de Dda sur Biblioblog et d'Adeline (Hécate sur Zazieweb)

     

  • Murakami, Haruki . - Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil (10/18, 2003)

    874e0a48c23d62b69817a700d8149b5a.gifLu dans le cadre du Blogoclub


    J'ai lu ce livre il y a quelques années. Je choisis pourtant de le présenter aujourd'hui car j'en garde un très bon souvenir (et puis je suis en plein dans la rentrée littéraire....)


    Quand Hajime rencontre Shimamoto-san, il a douze ans, elle aussi, ils sont enfants uniques tous les deux, solitaires, sensibles, et ils aiment tous deux les livres, la musique et les chats. La vie les sépare, Hajime grandit, a des petites amies, fait des études, trouve un bon travail. Il épouse même une femme qu'il aime. Mais quelque chose en lui reste insatisfait, comme un manque qu'il ne réussit pas à combler, une complicité perdue et jamais retrouvée. Aussi, quand Shimamoto-san réapparaît dans sa vie…

    Ecrit avec subtilité et poésie, ce roman se lit avec beaucoup de plaisir. Murakami excelle dans la narration des sentiments les plus délicats et dans les problèmes de communication entre les êtres. Les retrouvailles sont peut-être un peu trop "cinématographiques" (un soir de pluie, dans un bar de jazz…) pour qu'on y croie complètement, mais on se laisse prendre à ce "Un homme, une femme" japonais....