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  • Un homme . - Philip Roth (Gallimard, 2007)

    11f183f2343eb7ac662af0dba2f66129.gifCe roman de Philip Roth a des accents très autobiographiques. Le héros a comme son auteur plus de soixante-dix ans et il se trouve confronté à l'angoisse de la mort et à la décrépitude physique.


    Il s'est mis à peindre pendant sa retraite mais l'inspiration ne vient plus, il lui semble qu'il n'a plus rien à dire. Ne lui reste que le retour sur une vie certes pleine mais chaotique. Trois mariages, trois divorces. Deux fils qui ne lui parlent plus. Une fille, heureusement, qui est tout pour lui. Et son frère, à l'inaltérable santé, qu'il a toujours admiré et qu'il en vient maintenant à jalouser. Car lui-même est malade, affaibli par les nombreuses opérations cardio-vasculaires qu'il a dû subir. C'est l'inéluctable déchéance de l'âge et ses conséquences qui occupent son esprit. Fuite du temps, perte de la séduction (lui qui a été un grand séducteur), approche de la mort."Ce n'est pas une bataille, la vieillesse, c'est un massacre" écrit-il. 


    On retrouve là les profondes angoisses de Philip Roth face à la mémoire, la vieillesse et la mort. Ce petit livre (presque trop court...) nous fait plonger dans les angoisses d'un artiste en fin de vie, à un moment où le corps prend le pas sur l'esprit, où les douleurs font oublier le bonheur de vivre encore. Un livre certes très pessimiste mais extrêmement lucide !

  • Chroniques birmanes . - Guy Delisle (Shampooing, 2007)

    2c5eb95bd151ff73dc48356faa5eab66.gifAprès Pyongyang et Shenzhen qui racontaient ses séjours de quelques mois en Corée du Nord et en Chine, Guy Delisle a fait cet album sur son séjour d'un an en Birmanie.

    La femme du dessinateur doit partir travailler pour Médecins Sans Frontières à Rangoun, son mari l'accompagne avec leur fils de quelques mois. L'installation est diffficile pour Guy Delisle, il faut habiter chez des membres de MSF, supporter la chaleur, jouer les hommes au foyer. Il n'y a pas grand-chose à acheter dans les magasins d'alimentation, les liaisons Internet sont aléatoires, les coupures d'électricté fréquentes (ah... la clim...), les missions MSF difficiles à mettre en place, et le régime ne laisse passer aucun journal ou magazine sans en censurer la moitié !

    Mais Guy Delisle ne perd pas son humour, et c'est sous la forme de petites histoires de quelques pages que son dessin malicieux en noir et blanc va nous présenter la Birmanie sous un jour souvent sombre mais quand même avec de bons côtés ! Les moines n'ont pas encore subi la répression que l'on a connue cette année, les expatriés et les autochtones sont sympathiques et on en sait un peu plus sur ce pays à la fin du volume ! On peut peut-être lui reprocher sa façon de voir un peu "exotique" sur les pays qu'il présente par rapport à quelqu'un comme Emmanuel Guibert par exemple qui va plus en profondeur  dans la connaissance d'un pays dans un contexte similaire (mission MSF en Afghanistan dans "Le photographe"). Mais ne boudons pas notre plaisir, les récits de Guy Delisle font partie des "romans graphiques" à lire, notamment par ceux qui ne lisent pas de BD ;-)


    L'avis de Tamara