Quand on pense aux vins français, on imagine toujours des hectares de vigne au soleil sur des coteaux, et des viticulteurs surveillant amoureusement leur production dans des belles caves voutées. Aujourd'hui le vin c'est avant tout de l'argent et il faut tout faire pour accroître la productivité. Pour cela des spécialistes font tout pour le rendre plus conforme au goût du public et au goût des spéculateurs (eh oui, maintenant on spécule aussi sur le vin !) et bien sûr les Américains essaient de faire en Californie la même chose qu'ici en Bourgogne ou dans le Bordelais ! Bref vous ressortez de ce film écoeurés par cette mondialisation qui s'approprie même les "produits du terroir" pour en faire des enjeux financiers et vous n'avez qu'une envie, aller chez un petit exploitant goûter un petit vin de pays non trafiqué et non modifié pour plaire au guide Parker !
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Fils unique . - Stéphane Audéguy (Gallimard, 2006)
Coup de coeur de cette rentrée, ce roman sort vraiment du lot. Ce n'est pas forcément le meilleur, mais c'est celui dont le style est le plus original ! Imaginez vous lire un roman du 18è siècle, avec des expressions d'époque, écrit à la première personne, le narrateur étant un esprit libre et libertin qui découvre, dans l'ordre, la vie, Paris puis la Révolution !Et notre homme n'est pas n'importe qui puisque c'est le frère de Jean-Jacques Rousseau. Celui-ci a réellement eu un frère, il le cite trois ou quatre fois dans ses Confessions, mais on n'en sait pas plus. Ici on bénéficie de l'imagination et de la culture de l'auteur pour découvrir le siècle des Lumières à travers ses yeux. Initié dès son plus jeune âge aux plaisirs de la chair (comme on dit...) il va rencontrer mille personnes dans mille lieux différents, faire mille métiers (toujours un peu reliés au métier d'horloger qu'il a appris), et vivre de l'intérieur le période pré-révolutionnaire, puis révolutionnaire avant de mourir très âgé, bien après son célèbre frère.
Grâce à ses rencontres amoureuses avec toutes ces femmes et aussi tous ces hommes, il s'imprègne de l'air du temps, exprime toutes les passions du siècle et vit tous les événements importants. Construit comme un roman picaresque, il nous entraîne tout de suite dans le tourbillon des émotions du narrateur et termine de façon beaucoup plus philosophique par sa rencontre avec Sade, à la Bastille, où la vanité des choses de ce monde lui apparaît comme une évidence !
A lire si on a envie de se laisser emporter par une belle histoire, par l'Histoire elle-même et par un style impeccable et réjouissant !
L'avis de mon mari qui est en train de le lire : comme moi il se régale avec ce style ciselé façon 18è. En bon connaisseur de ce siècle (pas comme moi :-( ), il apprécie d'être plongé dans la vie quotidienne et de traverser le siècle main dans la main avec le narrateur. Il retrouve l'esprit des Lumières et aussi des similitudes avec Les Confessions. Et il trouve très agréable cette atmosphère un peu leste, d'ailleurs il me fait la lecture des passages les plus libertins littéraires ;-)
L'avis de Anne-Sophie