Je vois que le résumé de la Fnac est parfait, pour une fois c'est eux qui vont vous raconter l'histoire :
"Les célèbres brasseries Kluutch viennent d'organiser un grand concours promotionnel en direction de leurs plus fidèles consommateurs. L'opération récompense les heureux gagnants du plus merveilleux des cadeaux : un grand voyage en car en Belgique, à la source même de la fameuse bière Kluutch ! Las, lorsque le voyage se met en mouvement comme prévu, avec à bord une pleine cargaison de gagnants, tout dérape : sans explications, un détraqué prend en otage le véhicule et ses occupants, ceinturé d'explosifs. Or il se trouve que l'un des passagers est un ancien policier à la retraite, et qu'il a le réflexe d'appeler au secours sur son téléphone mobile. Bref, une mission toute trouvée pour l'inévitable Canardo !"
C'est pas vraiment pour les enfants, ces BD-là, même s'il y a de belles couleurs ! L'humour au second degré, l'inspecteur Canardo en héros complètement décalé et la critique très acerbe de nos concitoyens conviennent beaucoup mieux aux adultes sortis des rêves de l'enfance ! C'est bien noir, comme d'habitude, mais on adore !
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Les Sirènes de Bagdad. - Yasmina Khadra (Julliard, 2006)
Comme L'attentat (et, je crois, comme Les hirondelles de Kaboul que je n'ai pas encore lu), Les sirènes de Bagdad est un roman qui vous donne un coup de poing à l'estomac. L'auteur réussit à chaque fois à faire une démonstration sans jamais tomber dans la caricature. Son écriture y est pour beaucoup. Si l'on excepte quelques images toutes faites (les vieillards y sont toujours cacochymes ou valétudinaires, la populace y croupit toujours,...), la plus grande partie du livre explore intelligemment l'âme humaine, décrit avec précision la vie quotidienne et évoque avec talent l'atrocité de la guerre. Et surtout on voit bien les contradictions de l'âme humaine.
Le héros est un jeune homme pacifique qui habite dans un village irakien retiré en respectant les traditions religieuses et familiales. La guerre lui parait bien lointaine. Pourtant deux faits vont transformer sa vie. Deux bavures d'abord, dues aux Américains, qui lui font voir la mort de près et surtout le déshonneur. Et la télé installée dans le café du village qui permet aux jeunes de se retrouver et de chauffer les esprits à la vue des atrocités commises par les occupants. Une seule solution dans ce cas pour agir : entrer dans la lutte armée. C'est à Bagdad qu'il partira, persuadé que seule la vengeance peut lui rendre la paix de son âme. Mais dans la capitale, c'est encore pire que ce qu'il avait imaginé...
Comme dans L'attentat, on entre dans la peau des terroristes et on ne peut que comprendre (je ne dis pas approuver) leurs motivations. Les humiliations que les Américains ont fait subir aux Irakiens ont forcément fait naître un profond désir de vengeance, donc le fanatisme et la flambée de violence que l'on connaît, et l'on se dit que c'est, hélas, loin d'être terminé !