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  • Un homme bien sous tous rapports. - Chi Li (Actes Sud, 2006)

    medium_9782742762880.gifDe nos jours dans une grande ville de Chine. Bian a quarante ans, il vient d'être licencié et n'ose pas le dire à sa famille. Il ne comprend pas ce qui lui arrive. Il a pourtant suivi l'itinéraire de tout bon Chinois traditionnel depuis sa naissance, mais depuis quelques anées les choses vont trop vite, il y a trop de changements dans ce pays. Enfant de paysan, il a réussi à monter dans la hiérarchie sociale mais maintenant on n'a plus besoin de lui. Marié de façon arrangée, il a quand même été un bon époux mais sa femme a tout misé sur la réussite professionnelle. Que doit-il faire pour surmonter son sentiment d'angoisse perpétuelle ?

    J'aime beaucoup Chi Li. Je trouve qu'elle réussit bien à prendre le pouls d'une société chinoise qui a évolué de façon vertigineuse en quelques années, au détriment souvent de l'équilibre de ses habitants. Chacun de ses livres met en parrallèle le collectif et l'indiciduel.
    Ceux que j'ai lus :  Préméditation, c'est une vengeance familiale sur fond de guerre sino-japonaise.
    Pour qui te prends-tu, c'est une tranche de vie de la Chine actuelle qui montre les malaises et les contradictions de la société.

  • Retour au pays bien-aimé. - Karel Schoeman (Phébus, 2006)

    medium_2752902077.01._AA240_SCLZZZZZZZ_V59428426_.jpegGeorge, la trentaine, retourne en Afrique du Sud où il est né. Ses parents sont morts en exil en Europe et il souhaite voir la ferme où ils habitaient et où il est né. Chez lui on parlait de ce pays comme d'un paradis mais, quand il arrive, rien n'est plus comme avant, la ferme a été détruite et les propriétés alentour survivent comme elles peuvent. Il est accueilli par une famille voisine qui est à la fois heureuse de revoir le fils de leurs anciens amis, et envieuse envers ceux qui ont choisi d'émigrer pour une vie meilleure.

    Probablement très autobiographique, ce roman est un hymne à un pays adoré et à jamais perdu, la nostalgie en est vraiment le thème principal. Comment aimer encore ce pays qui a tellement changé, comment accepter d'y vivre alors que plus rien n'est comme avant ?

    J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui exprime avec sensibilité des sentiments parfois contradistoires. Les personnages sont décrits avec justesse et on a l'impression de les avoir rencontrés. Une seule chose m'a gênée, c'est l'imprécision de la période à laquelle se passent ces événements. Rien dans le texte ne donne la moindre indication. J'ai cru au début que c'était la période post-abolition de l'apartheid, mais en fait il semble que ce soit beaucoup plus ancien. L'auteur étant né en 1939, l'histoire se passerait environ en 1970 et ferait référence à des événements des années quarante (l'émigration massive des Afrikaners). J'ai cherché mais n'ai pas trouvé trace d'événements particuliers à cette période (si ce n'est la guerre !). Cette imprécision me gêne quand même car je pense que l'auteur a voulu donner un témoignage vécu et ça en enlève un peu la force.