Quand on prend un livre d’Alberto Manguel, on sait à l’avance que l’on va côtoyer un écrivain brillant, à l’esprit curieux et d’une culture encyclopédique.
Dans ce récit, il nous présente une sorte de journal tenu pendant un an autour d’une dizaine de livres qu’il s’est proposé de relire. Ne vous découragez pas si certains auteurs ne vous disent rien de rien (Sei Shonagôn, Kenneth Grahame ???), vous connaissez certainement les autres (Châteaubriand, Kipling, Wells, Buzzati,…). De toutes façons ce n’est pas une explication de texte mais une promenade de Manguel chez quelques auteurs auxquels il associe les événements de sa vie quotidienne.
C’est l’époque (2002-2003) où il a acheté un ancien presbytère (et oui, il faut bien caser les 30.000 ouvrages de sa bibliothèque…) près de Poitiers et cette nouvelle maison est étroitement imbriquée dans ses lectures. De même, ses voyages à l’étranger ou les événements internationaux lui fournissent des passerelles entre hier et aujourd’hui.
Si la lecture est une "conversation avec les meilleurs auteurs du passé" (et du présent), Manguel est vraiment un de mes interlocuteurs préférés !
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Chaud-Froid. - Yumiko Seki ( Lattès, 2005)
Ayant eu la chance de lire les auteurs français pendant son adolescence, Yuka a toujours aimé la culture française et souhaité venir en France. En effet, dans le Japon des années soixante-dix, les filles sont encore soumises au modèle traditionnel, les relations avec les garçons sont rares et même les sorties pendant l’adolescence sont difficiles à faire admettre par les parents. Yuko étouffe dans ce carcan et c’est bien maladroitement qu’elle essaie d’en sortir. La fréquentation des bars et des boîtes, les relations sexuelles occasionnelles et, pour finir, une sévère anorexie, la mettront au ban de ses amis. La proposition d’une Bourse d’études pour Paris sera l’occasion rêvée de sortir de ce cercle infernal.
La découverte de la capitale par Yuka est décrite d’une très jolie manière, sans caricature. Elle découvre avec délice la ville et l’université, mais les relations avec les hommes restent difficiles ; non pas qu’elle ait du mal à faire des rencontres, mais les hommes auxquels elle plaît ont d’elle l’image traditionnelle de la Japonaise, et elle se sent loin de ce cliché.
A la fin de son année d’études, Yuka aura le choix entre retourner dans son pays et se couler dans le moule de la parfaite épouse japonaise, ou rester à Paris et y être toujours la "jeune fille japonaise"...
J’ai trouvé ce roman, sans doute très autobiographique, extrêmement juste dans son ton. Il décrit bien les contradictions de la société japonaise au début de son essor économique, et l’image qu’elle donnait alors à l’étranger.
L’auteur vit en France depuis 1982, elle est journaliste, et ce livre est son premier roman.