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  • Valse avec Bachir (réalisé par Ari Folman, avec Ari Folman, Ori Sivan...) 2008

    478d4518cd918a1d47fdbe53bdc4778a.jpgCe film d'animation, une coproduction France, Allemagne et Israel, a été présenté au Festival de Cannes. Autobiographique, il revient sur les souvenirs de l'auteur, israélien, pendant ses années de guerre au Liban, alors qu'il était jeune soldat de Tsahal. Ou plutôt sur son absence de souvenirs puisque c'est à la suite de sa rencontre avec un de ses amis de l'époque, en proie à des cauchemars récurrents, qu'il se rend compte que lui-même a complètement occulté cette période de sa vie. La nuit suivante il fait un rêve lui rappelant cette période et là il n'aura de cesse d'interroger ses anciens amis et d'essayer de retracer exactement ce qui est arrivé. Et bien sûr on se rend compte que chacun a sa vérité et sa mémoire des événements. Des anecdotes sans importance, des moments héroïques ou tragiques, et surtout une incohérence avec les versions officielles des événements. Notamment dans la narration du massacre des réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila par les phalanges chrétiennes qui a lieu sous les yeux décontenancés des jeunes soldats de Tsahal.

    Ce film, pour adultes bien sûr, retrace magnifiquement les méandres de la mémoire et la 2c382974bc334de31658599f9a7dbcf0.jpgdifficulté de reconstituer le passé. L'animation est vraiment exceptionnelle et permet de magnifiques effets de couleurs et de relief. Le propos est difficile et l'auteur ne minimise pas le tragique des situations, mais il ne donne pas de leçon non plus. Il ne s'agit pas de refaire l'Histoire mais de montrer la vision des simples soldats et leur rôle dans les événements historiques, comme Fabrice Del Dongo à la bataille de Waterloo dans La Chartreuse de Parme !


    L'avis tout aussi entousisaste de BMR-MAM

  • Un lieu incertain . - Fred Vargas (Viviane Hamy)

    06a6933e69d5b8909306ee830f06c544.jpgJe n'ai pas pu attendre qu'il arrive à la bibliothèque et je suis allée l'acheter dès sa parution (et oui, même quand on est bibliothécaire, on achète des livres..).


    Cette fois c'est un meurtre particulièrement horrible qui échoit à la brigade du commissaire Adamsberg : un homme âgé a été assassiné et coupé en une multitude de morceaux dans sa villa de Garches. Le jardinier, déjà condamné plusieurs fois, est rapidement soupçonné du meurtre, trop rapidement au goût d'Adamsberg qui va faire appel à sa légendaire perspicacité pour découvrir la vérité. Mais la vérité n'est jamais évidente chez Vargas, et ici des pieds coupés et déposés devant un cimetière de Londres, puis un oncle serbe croyant aux vampires vont embrouiller le tout pour faire un polar hors du commun, comme d'habitude chez Vargas !


    Je ne suis absolument pas objective puisque je suis une inconditionnelle de Vargas et surtout du commissaire Adamsberg, donc dès les premières lignes je soupire d'aise à l'idée de retrouver la fantaisie, la poésie et l'originalité de Vargas. Chez qui d'autre peut-on lire un polar sans retrouver les ficelles habituelles ? Où les personnages sont-ils à ce point dans la réalité crue et dans une bulle  comme ce "pelleteur de nuages" d'Adamsberg ? Et où peut-on voir évoquer à la fois des réalités sociales actuelles et des peurs ancestrales qui donnent naissance à des boucs émissaires sans âge ?


    Amateur de polars réalistes, passez votre chemin, n'est-ce pas Michel ? Mais amoureux de belle langue et de fantaisie, précipitez-vous sur ce Vargas qui est l'un de ses meilleurs !

    Les avis enthousiastes de Sylvie, Cathulu et Jean-Marc Laharrère