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  • Un coeur simple (réalisé par Marion Laine, avec Sandrine Bonnaire, Marina Foïs, Pascal Elbé,..., 2008)

    069fbbdaafe6c62413e4da5de1b6bc42.jpgDans la Normandie du 19è siècle, une jeune paysanne, Félicité, a un coeur "simple" et entièrement tourné vers les autres. Déçu par son premier amour, Théodore, elle va travailler chez Mathide, une bourgeoise veuve et austère, qui élève ses enfants avec dureté. Félicité va reporter tout l'amour qu'elle a en elle sur ces enfants, sur Clémence surtout, puis sur son jeune neveu Victor. La vie n'est vraiment pas facile pour une domestique à cette époque, et encore moins dans cette famille où le silence de la mère pèse comme une chape de plomb. Félicité passera son existence à essayer d'exprimer maladroitement ses sentiments à ses proches, et, pour finir, à son perroquet !

     

    Tiré du conte de Flaubert, ce film est une belle évocation de la vie telle qu'elle devait être à cette époque. Après avoir lu le récit de Flaubert (ce que l'on a fait aussitôt rentré du cinéma !), on s'est rendu compte que la réalisatrice avait rajouté un certain nombre de faits importants qui permettent de rendre moins linéaire le récit de cette vie. Les sentiments, même cachés, y apparaissent plus violents. Les passions inavouées transparaissent. Quelques actions rythment davantage ce film qui demeure toutefois encore très linéaire.

     

    Mais le gros atout de ce film et la raison pour laquelle je ne m'y suis pas du tout ennuyée, c'est la présence de Sandrine Bonnaire ! Quelle actrice ! Elle était déjà excellente quand elle était très jeune, comment peut-elle encore se bonifier ? Et pourtant dans ce rôle où elle ne parle pas beaucoup, elle exprime tant de sentiments et de manière tellement subtile que l'on ne peut être qu'admiratif ! Décidément cette actrice ne me déçoit jamais !

     

  • J'ai épousé un Casque bleu . - David di Nota (Gallimard, 2007)

    783d2f5f51a2319db4d32da2f46f2e43.jpgLe roman commence comme un récit léger, brillant, d'un narrateur versaillais de bonne famille, entouré d'amis et s'ennuyant dans les soirées. Proche de sa mère, il est sévère avec son père, un militaire peu présent ni à la maison ni même en France. "J'ai épousé un Casque bleu" dit de lui sa femme ! Son séjour à l'hôpital est perturbant pour le narrateur qui tente de se rapprocher de lui en s'informant sur les événements de Bosnie, puis en partant là-bas avec lui. La réflexion sur le rôle exacte des Casques bleus, "le maintien de la paix", alors que le pays est en guerre, est incisive, parfois drôle, souvent cruelle. Qui sait quoi ? Qui fait quoi ? Est-ce une mascarade ?


    La distance constante apportée au récit par le narrateur en fait presqu'une fable sur la guerre et sur l'humanitaire. Les relations avec le père cimente le tout et lui donne son unité. Voilà un livre sérieux, certes, mais dont le style irréprochable crée des images fortes.

     


    Merci à Olivia de m'avoir fait découvrir ce roman qui lui tient à coeur pour des raisons très personnelles.

     

    L'avis du Magazine littéraire , de Benoit Duteurtre et d'Eric Neuhoff