Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Arlington Park . - Rachel Cusk (L'Olivier, 2007)

    7c9ac6277246f6ba1b48c98ca0ab89c6.jpgDans une banlieue résidentielle anglaise, quatre femmes nous font partager une de leurs journées. Des journées bien monotones sous une apparence de sérénité et de bonheur. Malgré les belles maisons, la voiture familiale et les enfants, chacune est mal dans sa vie. Vie professionnelle ratée, rêves de jeunesse brisés, jalousies et déceptions sont leur quotidien, un quotidien qu'elles cachent chacune à leur manière. Mais on entre dans la pensée de chacune et la différence entre ce qu'elles disent et ce qu'elles pensent est souvent dévastateur. Pas de politiquement correct ici, les valeurs les plus traditionnelles sur les femmes au foyer, le couple, l'amour ou les enfants volent en éclat.

    Bien loin de la série  "Desperate housewives" auxquelles on pourrait identifier ce livre de prime abord, il est plus proche de Virginia Woolf et de son "flux de conscience". L'auteur réussit à donner une image mélancolique de ses personnages sans jamais tomber dans le cliché et ce n'était pas gagné au départ.

    Rien à redire à ce livre sinon que je n'ai quand même pas réussi à m'intéresser à la vie de ces femmes riches et oisives.....Allez savoir pourquoi.... Question de moment sans doute ... (suis pas franchement riche et oisive en ce moment ;-))))   )

    L'avis de Clarabel beaucoup plus développé que le mien et beaucoup plus positif et celui de Cathulu

  • Ceux qui restent ( de Anne Le Ny, avec Emmanuelle Devos et Vincent Lindon)

    04fca09bb5ab70e69fead75a030b1faa.jpgUn hôpital en région parisienne. Un homme qui vient voir sa femme atteinte d'un grave cancer au sein. Une femme qui vient voir son ami qui a un cancer du colon. Deux rencontres de hasard chez deux êtres complètement happés par l'accompagnement de leur conjoint et l'inquiétude face à la maladie. Et pourtant la vie existe au dehors et il peut même se produire des événements imprévus, drôles, voire carrément loufoques (la boite de nougats !). Presque malgré eux, un attachement se construit peu à peu...

    Si je précise que l'on ne voit jamais les malades, même jamais l'intérieur des chambres. Si je rajoute qu'Emmanuelle Devos joue le rôle de "la grande gueule qui parle avant de réfléchir", et que parfois c'est bien de parler avant de réfléchir....  Vous saurez que c'est un film comme on en voit peu, bousculant les clichés (non on ne pleure pas sur les malades, non parfois on n'est ni généreux, ni patient ni aimant face à un malade), traitant du quotidien mais en faisant ressortir ce qu'il y a de plus vrai et de plus sincère dans l'individu. Les deux acteurs sont excellents, chacun dans son rôle. La réalisatrice met vraiment le minimum de pathos dans son scénario (juste un peu à la fin, mais comment faire autrement), ce qui donne un film qui vous remue complètement mais sans être larmoyant, un film superbe que l'on a plaisir à voir pour l'histoire et aussi pour tout ce qu'il évoque !

    L'avis tout aussi enthousiaste de BMR-MAM

  • Cochon d'allemand . - Knut Romer (Les Allusifs, 2007)

    0294076af2518b6942dc7ec4424e49d8.gifVoilà, je crois un des petits bijoux de la rentrée. L'auteur, danois né en 1960, retrace ici l'enfance qu'il a passée dans une petite ville du Danemark marquée par le souvenir de la guerre et la haine des Allemands.


    Lui, fils d'un Danois et d'une Allemande, est traité de "cochon d'allemand" à l'école et subit brimades et humiliations. Sa mère, traitée de nazie alors qu'elle était résistante, est malmenée par les voisins et ne réussira jamais à être autre chose que "l'allemande". Autour de cet univers marquée par un père amoureux de sa femme mais désemparé, l'auteur nous fait découvrir une extraordinaire galerie de portraits de sa famille, et c'est ce qui fait, en plus d'une écriture vive et pleine d'humour, la réussite de ce livre. Le grand-père paternel, craint par tous, tentera mille entreprises et échouera mille fois. La grand-mère maternelle se fera toute petite aux côtés de ce personnage. Le grand-père maternel, beau-père en fait de la mère, mettra du temps à accepter cette belle-fille. Et la grand-mère maternelle, brûlée pendant une explosion, restera défigurée et passera le reste de sa vie derrière un voile. Et, autour de ce cercle, nous trouvons les oncles, tantes, tout aussi bien campés.


    Bref ce petit roman (c'est une spécialité des Allusifs, les petits récits) est vraiment très réussi : les portraits pathétiques des membres de la famille, l'attitude de la mère qui garde son âme allemande, l'enfance terrible du narrateur qui se reproche de s'être laissé faire sans rien dire. La seule faiblesse du livre est, à mon avis, une certaine confusion entre les époques et les nombreux personnages car les paragraphes se succèdent et c'est au lecteur à chaque fois de resituer de qui on parle, dans quelle lignée et à quelle époque. Ce bémol mis à part, c'est une belle découverte !


    L'avis de Anne-Sophie et de Fashion victim