Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Nue propriété (réalisé par Joachim Lafosse, avec Isabelle Huppert, Jérémie Renier, Yannick Renier)

    medium_18716368.jpgDans une belle propriété au coeur de la Belgique, une femme vit seule avec ses deux grands fils jumeaux. Désireuse de changer de vie et influencée par le séduisant voisin, elle envisage de vendre la maison. Les réactions des garçons sont très différentes. Alors que l'un comprend sa mère, l'autre ne peut envisager de quitter cette maison et il a des réactions extrêmement violentes. De fait, arrivés à l'âge adulte, ils doivent tous deux penser à quitter la cellule familiale, mais leurs sentiments sont si différents qu'elle entraîne une véritable guerre entre les deux frères.

    Filmé de manière très artisanale avec une seule caméra, sans musique et sans effets spéciaux, ce film tient tout entier grâce au jeu des acteurs. Isabelle Huppert en mère passionnée est extraordinaire, et les frères Rénier (frères dans la vie et dans le film) sont excellents. Certes le film est parfois un peu maladroit, le procédé technique parait parfois trop systématique, mais l'impression général qui en ressort est celle d'une extrême violence dans la famille et d'un trop plein d'émotions difficiles à exprimer et encore moins à canaliser. A conseiller aux amateurs de névroses familiales (j'aime bien, moi ;-)  ), quant aux autres...

    L'avis d'Amandine

     

  • La maison du retour. - Jean-Paul Kauffmann (Nil, 2007)

    medium_9782841113088.jpgJe fais partie de la génération qui a vu pendant trois longues années l'annonce à la TV du nombre de jours de détention de ceux qu'on appelait "les otages du Liban". Et c'est toujours avec beaucoup d'émotion que je revois l'image de leur arrivée à Paris le 5 mai 1988. Jean-Paul Kauffmann est hagard, amaigri, sans ses lunettes, et surtout sans Michel Seurat mort en captivité. Vous me direz qu'être otage ne fait pas forcément de vous un bon écrivain, mais Kauffmann est quelqu'un qui a un vrai style. On l'a vu dans les très beaux "La chambre noire de Longwood" (le récit de la captivité de Napoléon à Sainte-Hélène) et "L'Arche des Kerguelen". Dans "La maison du retour" il raconte l'origine de cette vocation d'écrivain (au départ il était journaliste).

    Au retour de sa captivité, il ne se sent pas capable de reprendre le cours normal de sa vie à Paris, il a besoin d'une sorte de sas pour réapprendre à vivre. Il décide d'acheter une maison, plutôt dans la région de Bordeaux en bon amateur de vin qu'il est. Mais c'est pour une maison perdue dans les Landes qu'il aura le coup de foudre. Et là, pendant de longs mois il va cohabiter avec les deux ouvriers qui restaurent la batisse, découvrant cette nature landaise un peu sauvage, comme lui. Cette parenthèse lui sera nécessaire pour retrouver la notion de temps, les saisons, la nature qui se met en sommeil puis revit. Pour toute lecture "les Georgiques" de Virgile et pour toute musique, un disque de Haydn. La radio des maçons lui donne quelques nouvelles de l'extérieur.

    J'ai lu ce livre d'une traite, complètement immergée dans cette solitude au milieu des pins, avec quelqu'un à la redécouverte de la vie. L'humour n'est pas absent  de ce récit, au contraire avec les descriptions des deux maçons énigmatiques, de l'agent immobilier insaisissable, de l'architecte pressé et des voisins qui lui donnent des conseils pour son "airial" (clairière enserrée dans une vaste pinède). Dix-huit ans après, il peut enfin revenir sur sa captivité mais sans insister, en choisissant de ne conserver que l'amour de la vie qu'il a retrouvé sans doute un peu grâce à cette maison.