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  • Deux sans barreur. - Dirk Kurbjuweit (Autrement, 2005)

    medium_9782746706095.gifCe livre est l'histoire d'une amitié inconditionnelle telle qu'on peut en connaître à l'adolescence. "La nuit où la fille tomba du ciel, Ludwig devint mon ami". Le roman commence ainsi. Ludwig et le narrateur se sont trouvés, comme on dit, et ne se sont pas quittés entre douze et dix-huit ans. L'école, les loisirs, le téléphone, c'est l'âge où on se dit tout et où on a beaucoup à se dire ! Et comme sport, ils en choisissent un qui nécessite d'être complètement en communion avec l'autre, l'aviron deux sans barreur, c'est-à-dire que les deux rameurs doivent avancer à la même cadence exactement et effectuer en même temps les manoeuvres. Leur défi pendant toutes ces années : battre des jumeaux qui pratiquent ce sport. Mais Ludwig a une sensibilité exacerbée, il est toujours celui qui propose de nouveaux défis, tente de nouvelles expériences. Rien n'est jamais acquis pour lui, il faut toujours aller plus loin. Le ton du récit annonce que cette histoire n'aura pas de happy end....

    Ce petit livre est vraiment magnifique. Le style sobre nous fait entrer au plus profond de cette histoire et des sentiments du narrateur. C'est le type même du "roman d'apprentissage" qui présente la lente transformation d'un enfant en adulte par le passage de cette période passionnée et douloureuse de l'adolescence. Le personnage de Ludwig qui nous apparaît toujours à travers le récit du narrateur est complexe, ardent, et son amitié pour le narrateur n'est pas sans ambiguité. Le narrateur au contraire parait entrainé par Ludwig, il est fasciné par lui mais lui cache quand même des éléments importants de sa vie (ses relations avec sa soeur notamment). L'absence totale de références géographiques ou temporelles en font, de plus, une histoire vraiment universelle. Vraiment ce récit est un coup de coeur pour moi. Je sais que InColdBlog l'a aussi a-do-ré (je cite). C'est vraiment un petit bijou à découvrir.

  • Ne touchez pas la hache (réalisé par Jacques Rivette, avec Jeanne Balibar, Guillaume Depardieu, Bulle Ogier, Michel Piccoli...)

    medium_18727077.jpgTiré de la nouvelle de Balzac "La Duchesse de Langeais", ce film, très fidèle, au texte, décortique les atermoiements amoureux entre une homme et une femme.

    Armand de Montriveau, général bonapartiste, tombe follement amoureux de la duchesse de Langeais, coquette parisienne. Celle-ci le fait languir, souffle le chaud et le froid, bref ne se donne jamais à lui. Montriveau décide alors de l'ignorer et de se venger. Ce n'est que là, sentant le général lui échapper, que la duchesse va se dévoiler.

    Le film débute cinq ans plus tard, dans le couvent d'une île espagnole...

    Ceux qui ont lu la nouvelle de Balzac connaissent à la fois l'histoire et le talent de l'écrivain pour exprimer précisément les tourments des âmes amoureuses. Rivette rend magnifiquement cette atmosphère en prenant son temps, en proposant bien sûr des décors magnifiques et bien éclairés, et surtout en dirigeant magistralement l'excellent Guillaume Depardieu (parfait dans ce rôle) et l'étonnante Jeanne Balibar. Certes le rythme est lent mais il s'accorde avec le temps du désir qui n'est pas le même selon qu'il s'agit de celui du fougueux général ou celui de la coquette duchesse. Vraiment j'ai trouvé ce film magnifique, il dure plus de deux heures mais je serai volontiers restée encore avec ces personnages balzaciens que, c'est vrai, j'aime particulièrement !