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  • Le gone du Chaâba ; Beni ou le paradis privé ; Le marteau-pique-coeur . - Azouz Begag (Seuil)

    medium_images.28.jpeg"Le gone du Chaâba", voilà un livre que j'avais prévu de lire depuis longtemps. Je connaissais l'histoire, je connaissais l'auteur (notre actuel "ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances") mais j'ai quand même été bluffée ! Récemment je lisais Annie Ernaux qui disait qu'entre l'enfance de son père et celle de François Mauriac (qui étaient contemporains) , il semblait y avoir trois siècles de distance. Entre l'enfance de Begag et la mienne, à peine plus récente, il y a aussi des siècles. Son jeu préféré, avec ses copains, était d'aller fouiller dans les ordures quand la benne venait les déverser au bout de leur bidonville par exemple, et je parle de la ville de Lyon dans les années soixante, pas de Calcutta ou du Caire ! Bien sûr pas d'eau courante, de la terre sur le sol des baraquements, aucun moyen de faire les devoirs correctement. Malgré cela, il est le seul dans la famille qui ne se débrouille pas trop mal à l'école. Mais le livre s'arrête alors qu'il est en sixième.. Vite il me faut la suite.....

    Dans "Béni  ou le paradis privé" c'est son adolescence qu'il raconte. Cette fois lui et sa famille ont été relogés dans un HLM à Lyon avec le confort moderne. Moins de misérabilisme donc mais le dur apprentissage pour Azouz du racisme latent dans la cité et dans la vie quotidienne. Un passage émouvant, celui où il va pour la première fois en boîte avec des copains, pas plus riches que lui mais à la peau plus claire. Tout le monde entre dans la boîte.. sauf lui à qui on medium_images.29.jpegdemande sa carte de membre !!

    Le tout est écrit sans haine ni esprit de revanche. C'était comme ça, c'est tout. Et il avait la chance de bien "apprendre à l'école" comme disait ses parents; Même si je trouve qu'il est allé se fourvoyer dans ce gouvernement, je reconnais qu'il doit beaucoup à l'école de la république et que c'est sans doute dans cette continuité qu'il essaie de faire quelque chose maintenant au niveau de l'Etat.

    Le troisième livre, "Le marteau-pique-coeur", est très émouvant car il traite de la mort de son père. Les souvenirs qui affluent, l'enfance qui revient, et surtout le côté arabe qui revient très fort car l'enterrement doit bien sûr se faire en Algérie avec toutes les traditions. Un très beau livre à lire et à offrir.

  • De la difficulté de choisir des livres pour les vacances. Ou comment partir avec 5 livres et revenir avec 12 !

    medium_images.27.jpegJe ne sais pas vous, mais moi je ne sais jamais à l'avance ce que j'aurai envie de lire ! Pour les vacances c'est dramatique ! Je regardais toutes les belles listes de bouquins que les bloggueuses emportaient dans leurs bagages, et la veille du départ je ne savais toujours pas lesquels prendre dans la mienne de (grande) pile !

    D'abord la FNAC s'était trompée dans ma commande, elle m'avait mis "Le sourire du chat" de François Maspero en grand format au lieu de poche, donc ma première idée était à l'eau. Bon j'opte pour "Le gone du Chaaba" d'Azouz Begag, pour le dernier Jim Harrison, pour "L'éclipse" de Rezvani, pour le dernier Dalembert (envoyé directement par l'auteur ! il faudrait quand même que je le lise !), et pour le dernier Jacqueline Harpman. Un bon choix, éclectique !

    Oui mais voilà, une fois lu, très vite, "Le gone du Chaaba" (incroyable enfance dans les bidonvilles d'un futur chercheur au CNRS et même ministre !), je n'avais aucune, mais aucune envie d'aller dans l'Ouest américain avec Harrison, ni à Haïti avec Dalembert, ni d'entendre parler d'Alhzeimer avec Rezvani ! Je voulais savoir comment il avait fait, Begag, pour sortir de son bidonville et être chercheur au CNRS, je voulais rester avec lui, point final !!!! Il a fallu attendre 2-3 jours qu'on aille dans la grande ville-avec FNAC pour acheter la suite et même la suite de la suite.

    Voilà quelques jours d'occupés. Mais une fois Begag fini, c'était presque pareil ! J'avais envie soit de livres autobiographiques intimes pour rester dans le même univers, soit carrément d'un bon polar qui me changerait, or j'avais oublié à la maison "Cul de sac" de Douglas Kennedy que j'avais précieusement gardé pour les vacances. Re-grande ville-avec FNAC et j'optai pour les récits autobiographiques d'Annie Ernaux, que j'avais lus il y a longtemps et medium_images.25.jpegque j'avais envie de relire. Et pour un petit Claudel. Et pour un petit Benameur.

    Il a fallu que je rentre à la maison pour avoir envie de me plonger dans le très dur "Eclipse" de Rezvani. Et ensuite, ouf, dans "Cul de sac" !

    Conclusion : c'est compliqué d'expliquer comment on choisit ses lectures, en tout cas pour moi !!! (et je vais me mettre aux commentaires de tous ces livres, promis...)