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  • Au revoir là-haut . - Pierre Lemaitre (Albin Michel, 2013)

    au revoir la haut.jpgLes derniers jours de la première guerre sur le front de l'Est. Alors que les rumeurs sur la fin de la guerre s'amplifient, un lieutenant qui souhaite gagner des galons envoie ses hommes essayer de récupérer cette dangereuse côte 113. Une fois que les deux soldats envoyés en éclaireurs sont tués, tous les hommes le suivent, pourtant deux d'entre eux se posent des questions. Albert quand il voit que les deux hommes ont reçu des balles dans le dos. Edouard quand il s'étonne que le lieutenant d'Aulnay-Pradelle reste calme et regarde lentement ce qui se passe par terre au lieu de mener l'assaut. Albert manque d'y perdre sa vie et Edouard la sienne pour sauver Albert. Les deux hommes seront inséparables, pendant la démobilisation puis à leur retour à Paris. Comment vont-ils s'en sortir dans ce pays qui n'a pas les moyens d'indemniser ses poilus, qui a un lobby très fort d'anciens combattants, et qui a aussi un certain nombre d'arrivistes qui vont essayer de s'enrichir dans cette période agitée !

    Tous les billets sur ce livre sont très positifs et je vais continuer sur cette lancée. Les cent premières pages de combat sur le front sont époustouflantes, et pourtant il y a eu beaucoup de littérature sur les tranchées. La suite avec les passages sur l'hôpital, les gueules cassées et la démobilisation est aussi excellente. La partie du retour à Paris a un peu de mal à trouver son rythme mais ensuite tout s'enchaîne avec brio : la description de cette société où cohabitent les vieux politicards influents, les jeunes aux dents longues qui veulent se faire une place, et les poilus de retour à qui on ne propose rien et qu'on a de toute façon licenciés de leur travail. Chacun va essayer de s'en sortir avec plus ou moins d'honnêteté. Les magouilles sur l'identification des morts (sujet traité aussi dans La vie et rien d'autre de Tavernier), sur la grande opération de création de cimetières militaires, et sur l'édification de monuments aux morts montrent l'état de la France au sortir de la guerre. Bravo à l'auteur pour cette fresque riche, édifiante, cynique mais émouvante et très humaine !

     

    Les avis très positifs de Papillon, Sandrine, Clara, Cuné, DominiqueStephie, Ys, Keisha, Praline

  • Yeruldelgger. - Ian Manook (Albin Michel, 2013)

    mongolieA Oulan-Bator, Mongolie, de nos jours. Yeruldelgger, policier abîmé par la vie, cynique, arrogant et épris de justice, est appelé sur deux scènes de crime. L'une concerne une petite fille découverte enterrée avec son tricycle dans la steppe mongole. L'autre, trois Chinois et deux prostituées assassinés dans une usine. La première affaire le ramène au meurtre de sa propre fille il y a quelques années, et il se fait un devoir de découvrir la vérité sur ce crime. La seconde semble impliquer les intérêts chinois, nombreux et haut placés en Mongolie. Mais il perd son sang-froid quand il se rend compte que sa fille adolescente a passé la nuit des meurtres avec un suspect pro-nazi et on lui retire les deux affaires. Aidé de plusieurs collègues, il veut coûte que coûte aller au bout de ces deux enquêtes, bien que ce soit au péril de sa vie et de celle de ses collègues.

    L'année se termine bien avec cet excellent polar. On dirait que le polar ethnologique revient en force  après Arthur Upfield dans les années 50 et 60 puis Tony Hillerman dans les années 70 et 80. Le point commun : un meurtre dont le coupable ne peut être identifié selon les techniques classiques, mais par un flic indigène capable de démêler ce qu'il y a de particulier, voir de rituel dans cette affaire. C'est toujours un moyen d'explorer une culture, et ici c'est la Mongolie, ses traditions (ah, les yourtes !), sa capitale et son mystérieux désert de Gobi qui en est le cadre. L'intrigue est riche, le rythme haletant, les personnages ont de l'épaisseur, bref c'est un plaisir de se plonger dans ce roman. Attention toutefois, âmes sensibles s'abstenir, les viols, tortures et autres meurtres sont particulièrement explicites... Et une constatation : que ce soit ici en Mongolie ou en Laponie comme dans Le dernier lapon d'Olivier Truc, c'est bien l'appât de l'argent et la manne financière que constituent les riches sous-sols de ces terres qui entraînent toute cette violence et toute cette corruption, donc ce n'est pas que de la fiction !

    Les avis tout aussi enthousiastes de Aifelle, Yv (avec un commentaire de l'auteur) , Keisha, Hélène, Dasola (avec aussi un commentaire de l'auteur)

    mongolie

    Je profite de ce dernier jour de l'année pour souhaiter une très bonne année aux (nombreux) lecteurs de ce blog, que 2014 soit pleine de bonheur pour vous et aussi pleine de belles lectures !

     

    la recette du polar ethnologique: un meurtre surprenant dont le coupable ne peut être identifié selon les techniques classiques, mais par un flic indigène capable de démêler ce qu'il y a de rituel - voire de religieux - dans un crime.
    En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/les-polars-de-l-ete_818042.html#hc58DEbd2BbGIAdF.99
    la recette du polar ethnologique: un meurtre surprenant dont le coupable ne peut être identifié selon les techniques classiques, mais par un flic indigène capable de démêler ce qu'il y a de rituel - voire de religieux - dans un crime.
    En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/les-polars-de-l-ete_818042.html#hc58DEbd2BbGIAdF.99