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  • Jours de colère . - Jorge Volpi (Mille et une nuits, 2001)

    1389894.jpgLe Mexique au Salon du Livre 2009

    Changement de ton après les romans mexicains très noirs que je viens de lire. Ici il s'agit d'un récit d'une centaine de pages écrit à trois voix. Un chirurgien devient fou de désir pour une de ses patientes, une chanteuse de jazz. Elle devient le centre de sa vie et à cause d'elle il perd tous ses repères. Mais un troisième personnage apparaît, un écrivain. Est-il l'amant de la chanteuse ? On ne le saura jamais. Mais il introduit entre eux un roman qui s'appelle Jours de colère et qui raconte... leur histoire. Cette histoire tour à tour racontée par un de ses trois personnages nous emporte dans les méandres du désir et de l'écriture, l'un et l'autre s'alimentant mutuellement. Que va-t-il se passer, qui le sait, et qui peut influer sur ce livre qui s'écrit au fur et à mesure ?

    Volpi fait partie d'un mouvement littéraire, baptisé «le crack», aussi révolutionnaire qu'a pu l'être le nouveau roman en France et qui produit un style minimaliste, fait de phrases courtes et incisives. Dans ce roman, Volpi nous emmène dans une relation passionnelle, vertigineuse et originale. Sa construction complexe m'a parfois laissée perplexe mais m'a quand même donné envie de lire un autre de ses romans, La fin de la folie ou Le temps des cendres.

  • La Peur des bêtes . - Enrique Serna (Phébus, 2006)

    9782757806050.gifLe Mexique au Salon du Livre 2009

    Décidément ces Mexicains sont forts pour nous proposer de superbes romans noirs ! Ici c'est un polar noir, un vrai, mais avec comme toile fond le monde littéraire mexicain et, même si l'on n'en possède pas toutes les clés, on entre dans ce monde avec délectation.

    Evaristo Reyes, écrivain raté et ex-journaliste, travaille dans la police sous les ordres du corrompu Maytorena. Celui-ci, pour se faire bien voir du procureur, veut éliminer Lima, un écrivain qui a écrit quelques lignes injurieuses pour le gouvernement dans un obscur journal. Mais Lima est tué le soir-même dans des circonstances mystérieuses et Reyes est chargé de l'enquête. Pour cela il va rencontrer toute l'intelligentsia mexicaine et découvrir les bassesses, renvois d'ascenseur et autres conflits d'intérêt qui mènet ce petit monde. Pourquoi l'ex-petite amie de Lima l'a-t-elle quitté pour le célèbre mais vaniteux Vilchis ? Et celui-ci aurait-il pu tuer Lima ? Mais les policiers vont trop vite en besogne et une bavure supprime Vichis. Et cette poétesse aussi directrice de collection et qui fait la pluie et le beau temps, elle aussi en veut à Lima pour une histoire ancienne...
    Mais ces petits arrangements ne seraient rien sans les ramifications avec la police et le pouvoir. Les trafiques de drogue sont connus mais les policiers suffisamment arrosés pour se taire, et chacun a intérêt à se taire et à protéger l'autre. Reyes se retrouve dans un monde corrompu jusqu'à la moelle et lui-même perd complètement pied..

    Le personnage de Reyes et le monde dans lequel il évolue sont décrits avec précision et sans concession, et, si l'on ôte le contexte très violent et quand même très très corrompu, on retrouverait un petit monde germano-pratin bien connu. Tu me fais ma préface et je te mets dans mon anthologie, tu me fais cette conférence et je te mets dans la liste des écrivains qui partent en voyage en Europe, je couche avec toi mais tu essaies de faire éditer mon recueil, etc... Les clés nous échappent forcément mais j'ai quand même noté deux noms. A deux reprises Octavio Paz est cité et, si lui est visiblement unanimement admiré, son entourage est la cible de quelques piques : "des soirées pour gens délicats où les intellectuels courtisans buvaient l'haleine d'Octavio Paz". Et le Vilchis dont on a parlé est visiblement quelqu'un de très connu sur le plan international : "Vilchis leur a fait croire qu'il était un intellectuel de prestige parce qu'il prenait par le bras les célébrités internationales qui venaient au Mexique. Sans l'éclat des autres il ne serait tout simplement rien". Sont cités les écrivains en photos avec lui, Harold Pinter, Garcia Marquez, Vaclav Havel,...Quand on cherche Fuentes et ces noms... on trouve des photos où il est bras-dessus, bras-dessous aves eux....Coïncidence ??

    Jeanjean a aussi bien apprécié, d'ailleurs on attend avec impatience son prochain livre qui sort en février.