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  • Requins et coquins. - Hervé Claude (Série noire, Gallimard, 2003)

    coquins.jpgNotre héros Ashe rejoint l'Australie pour revoir son ami David qui l'appelle au secours, en effet celui-ci a été agressé par deux hommes. Quelques parties de golf plus tard, et alors qu'il vient de rencontrer celui qui restera proche de lui pendant toute la série, Ange l'inspecteur de police, Ashe découvre le cadavre d'une célébrité locale, propriétaire de la radio locale et de quelques autres richesses. La disparition de Jack Granville, riche industriel, est-elle liée à ce meurtre et à cette agression ? Et quel est le rôle de son ami David dans tout cela, car il semble lié à ces deux hommes ?

    C'est le deuxième opus de la série et, comme je les lis dans le désordre, je replace la pièce de puzzle manquante  à propos d'Ange, le policier, et de l'amour du golf de Ashe... Et toujours une photographie de l'Australie avec ses habitants qui viennent du monde entier faire fortune de manière plus ou moins légale...

    Il me manque juste Mort d'une drag-queen pour avoir lu toute cette série, mais il n'est pas dans mon réseau de médiathèques... donc ce sera pour plus tard. En tout cas cette série a été une excellente surprise, il y a longtemps que je n'avais lu d'une traite les aventures d'un héros récurrent avec une excellente ambiance moite, lourde, et sombre.

    Pour en savoir davantage sur Hervé Claude, un article de Libération en 2009 où il se dévoile beaucoup.

  • Ormuz. - Jean Rolin (P.O.L., 2013)

    ormuz.jpgLe narrateur est chargé d'écrire les exploits de Wax, un personnage énigmatique, plus très jeune, qui a le projet de traverser le détroit d'Ormuz à la nage. Ce détroit, c'est le point le plus "chaud" du globe, en effet c'est par lui que transite trente pour cent du pétrole mondial et c'est lui qui assure l'accès du golfe persique à la mer d'Arabie puis à l'océan indien à l'Irak, aux Emirats arabes unis, au Koweit, Qatar, Bahrein, Oman et à une partie de l'Iran. Autant dire que sa surveillance est toujours au maximum car son blocage aurait des conséquences dramatiques sur le plan mondial. Donc notre Wax va et vient dans ces contrées inhospitalières, nouant des contacts discrets, s'intéressant aux oiseaux, peaufinant son projet. Le narrateur, lui, part sur ses traces après sa disparition (c'est la première phrase du livre...) et explore ces lieux qui lui inspirent d'incessantes réflexions...

    Je dois d'abord dire que j'étais sûre d'avoir déjà lu des livres de Jean Rolin (avant mon blog), Port-Soudan, L'invention du monde, tous tournant autour du récit de voyage sans vraiment en être. Mais le style d'Ormuz m'a mis la puce à l'oreille, je ne me souvenais pas de ce style très particulier... Renseignements pris, en fait ce sont les livres d'Olivier Rolin que j'avais lus. Et re-renseignement re-pris, ils sont frères ! Avouez que j'avais des excuses pour les associer !

    Donc je reprends mes commentaires sur le style particulier de Jean Rolin, fait de descriptions méticuleuses, de digressions innombrables, d'apostrophes au lecteur et surtout d'un humour subtil qui allège le tout. Un peu interloquée au début, j'ai été aimantée par ces phrases à la longueur toute proustiennes et par ces divagations poétiques mais néanmoins très précises sur les lieux, les gens, les pétroliers,... Tout est prétexte au déploiement d'une écriture riche et originale et je pense que je poursuivrai la lecture de cet auteur et de son style jubilatoire où l'on prend plaisir à se perdre !