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  • L'Autre Dumas (Réalisé par Safy Nebbou, avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Mélanie Thierry) 2010

    dumas.jpgAlors qu'Alexandre Dumas et son fidèle nègre / collaborateur Auguste Maquet s'arrêtent à Trouville, une ravissante jeune femme, suite à un quiproquo, prend Maquet pour Dumas et lui demande de l'aide pour sauver son père, prisonnier politique. Maquet, tombé sous son charme, ne dément pas l'erreur, et, en revenant à Paris, fait des démarches pour libérer le prisonnier. La police du roi les espionne et pense que le cerveau de l'affaire est Dumas... Entre Maquet et Dumas rien ne va plus...

    Même si je ne suis pas une grande lectrice des romans de Dumas, je m'intéresse à l'auteur. En effet, tout comme Stéphanie, j'habite à quelques centaines de mètres du château de Monte-Cristo et ici il y a un square Monte-Cristo, une rue et une résidence Alexandre Dumas, la maison de Dumas fils, et régulièrement des conférences et expositions sur Dumas. Et je dois avouer que Depardieu est excellent dans ce rôle ! Imaginez un bon vivant aimant les femmes, la cuisine, les fêtes et l'écriture à haute dose, vous avez un Depardieu / Dumas très réussi. Poelvoorde est parfait dans ce rôle de faire-valoir qui se rebiffe. L'histoire est bien menée sans effets excessifs. Bref un bon moment de cinéma sur un rythme très soutenu avec aussi d'excellents seconds rôles (les femmes) qui donnerait presque envie de se replonger dans les romans de Dumas ;-)


    A noter que L'Autre Dumas est avant tout une adaptation de la pièce de théâtre Signé Dumas, écrite par Cyril Gely et Eric Rouquette et jouée en 2003, mise en scène par Jean-Luc Tardieu.

    Et j'aime beaucoup la manière dont Safy Nebbou évoque sa perception des deux personnages du film : "L'un, Maquet, a tout du gratte-papier laborieux et besogneux, il se consume de l'intérieur. L'autre, Dumas, a le génie de mettre en place ses textes et ses idées, il crée avec facilité et dans le plaisir, comme le montre la scène où ses feuillets s'envolent dans les dunes. Comment vit-on dans l'ombre d'un grand homme ?..."

  • Les derniers jours de Stefan Zweig. - Laurent Seksik (Flammarion, 2010)

    zweig.jpgQuand on apprécie les oeuvres de Zweig, on s'intéresse tôt ou tard à sa vie, et forcément on sait qu'il s'est suicidé avec sa femme en 1942 alors qu'il était en exil au Brésil. Cet ouvrage, intitulé "roman", se propose de nous rapprocher de cet auteur pendant les derniers mois de sa vie.

    Après avoir beaucoup voyagé, il décide de quitter définitivement l'Autriche en 1934 et il part s'installer en Angleterre. En 1941 il s'éloigne encore plus de l'Allemagne nazie et part aux Etats-Unis puis au Brésil avec sa deuxième femme. Déjà très déprimé par ses années d'exil londonien, il est de plus en plus affecté par les mauvaises nouvelles qui lui arrivent d'Europe. Ses amis écrivains soit s'exilent, soit se suicident. Les succès allemands sont autant de coups portés à ses idées pacifistes et il ne supporte pas d'être le témoin impuissant de cette barbarie. Très proche de sa deuxième femme, il se suicide avec elle le 22 février 1942.

    Laurent Seksik a fait des recherches documentaires sérieuses pour écrire ce livre, sa longue bibliographie en témoigne : les oeuvres autobiographiques de Zweig et aussi celles de Bernanos (que Zweig rencontre au Brésil), Schnitzler, Klaus Mann, Hanna Arendt. Je trouve en effet que l'aspect documentaire est bien traité. Les dates, les rencontres, l'état d'esprit général de l'époque sont bien reconstitués.

    C'est sur le terme "Roman" que je bute, je trouve que le côté romanesque est un peu plus faible. Quelques descriptions, promenades, réflexions de sa femme donnent en effet un côté un peu romanesque à l'ensemble mais n'éclaire pas trop non plus l'indicible. Le tout est un peu descriptif et n'ajoute pas grand-chose aux faits eux-mêmes. J'attendais peut-être davantage de lyrisme d'une biographie "romancée" (car en fait c'est bien de cela qu'il s'agit...)

    En tout cas ce livre m'a donné très envie de lire la partie d'Un monde d'hier qui se rapporte à la fin de sa vie...

    L'avis de Caroline, très enthousiaste. Il faut dire qu'elle est plongée dans Zweig en ce moment et qu'elle a même organisé un challenge Ich liebe Zweig !