Un roman français. - Frederic Beigbeder (Grasset, 2009) (04 septembre 2009)

beigbeder.gifJe n'avais pas prévu de lire le livre de Beigbeder, et puis les circonstances.... : comme tous les ans on prépare une présentation de la rentrée littéraire pour les bibliothécaires du département, donc on essaie de balayer au maximum tout ce qui parait, notamment les ouvrages qui font "polémique". Je n'avais pas de préjugés contre ou pour Beigbeder. De lui, je sais qu'il fait partie des "people" et qu'il a une réputation de pitre mondain médiatique. Et je lis sa chronique dans Lire chaque mois.

Bien qu'intitulé roman, ce récit est très largement autobiographique. Il commence par la garde à vue dont a été victime l'auteur, pris en flagrant délit de prise de cocaïne. Sa garde à vue se prolonge 48 h dans des conditions particulièrement difficiles et ce sera l'occasion pour lui de revenir sur sa vie et d'avoir l'idée de ce livre. De cette enfance aisée il ne lui reste que quelques bribes de souvenir. Pourtant ceux-ci reviennent peu à peu au fur et à mesure qu'il évoque ses grands-parents de la haute bourgeoisie basque de droite mais qui ont quand même hébergé des Juifs pendant la guerre. Son père épouse une jeune fille issue de la noblesse (basque aussi), et Frederic et son frère naissent à Neuilly avant de déménager dans différents appartements du XVIè. Mais le divorce de leurs parents, caché pendant plusieurs années, scindent leur vie en deux entre la vie mondaine et exubérante de leur père et celle, calme, de leur mère.

On peut avoir une lecture cynique de ce livre, et je crois que certains critiques l'ont eu, où quelqu'un de (très) riche et (très) connu revient sur ses (petits) malheurs comme dans le sketch des Inconnus Auteuil Neuilly Passy, ou le Blues des fils de famille. D'autres critiques en font un incontournable de la rentrée. Je ne l'ai pas abordé comme cela, j'ai pris comme postulat que l'auteur faisait preuve de sincérité dans sa recherche d'un fil conducteur qui aurait mené sa vie. Après tout on peut être riche et célèbre et s'interroger sur soi, n'est-ce pas ....La garde à vue n'est clairement qu'un prétexte, c'est là où le terme "roman" se justifie. C'est probablement une réflexion que Beigbeder menait depuis longtemps et qui est devenu une urgence après cette épisode. Comme toute recherche de ses origines, celle-là est intéressante, parfois émouvante, et suit l'évolution de la société française au XXè sicècle. Je mettrai un bémol pour le style. S'il est agréable dans les chapitres intimistes, il abuse des comparaisons hasardeuses  et des excès de références littéraires (par exemple quand il se compare à Oscar Wilde dans La geôle de Reading) dans de nombreux paragraphes.

En résumé ce n'est pas une mauvaise surprise que ce livre qui ne mérite, au final, "ni cet excès d'honneur, ni cette indignité"!

Pour Mango c'est un coup de coeur

 

06:04 Écrit par Cathe | Lien permanent | Commentaires (25) | Tags : beigbeder frederic |  Imprimer |  del.icio.us |  Facebook |